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Expulsion de locataire à Capbreton : les vrais risques pour un propriétaire
Droit Immobilier

Expulsion de locataire à Capbreton : les vrais risques pour un propriétaire

📅 Décision du 27 juillet 2026⚖️ Tribunal Judiciaire de Mont-de-Marsan👁️ 9 vues📖 6 min de lecture

Propriétaire à Capbreton ? L'expulsion de locataire est une procédure longue et parsemée d'embûches. Délais légaux, trêve hivernale, spécificités du tribunal de Mont-de-Marsan : cet article vous donne les clés pour agir sans vous perdre dans les méandres juridiques.

Vous êtes propriétaire à Capbreton et votre locataire ne paie plus son loyer depuis trois mois ? L'expulsion de locataire Capbreton est une procédure complexe qui peut s'étendre sur six à douze mois. Un chiffre éloquent : selon les données du ministère de la Justice, près de 40 % des commandements de payer délivrés dans les Landes ne débouchent pas sur une expulsion effective, faute de respect des formalités. Pourtant, chaque année, plus de 2 000 ménages landais font l'objet d'une procédure, et Capbreton, avec sa pression locative estivale et ses résidences secondaires, est particulièrement concerné. Décryptage d'un parcours du combattant.

Expulsion de locataire : le cadre juridique

L'expulsion d'un locataire est strictement encadrée par la loi. Elle ne peut jamais être le fait du propriétaire lui-même. Seul un juge peut ordonner l'expulsion, après une procédure contradictoire. Le fondement principal est l'article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs. Cet article dispose que le contrat de location peut être résilié de plein droit pour défaut de paiement du loyer ou non-versement du dépôt de garantie, deux mois après un commandement de payer resté infructueux.

Le commandement de payer doit être signifié par huissier de justice et mentionner de manière très précise le montant dû, la clause résolutoire (si elle est inscrite dans le bail) et le délai de deux mois pour régulariser. À défaut, le locataire peut saisir le juge pour contester la validité du commandement. Une fois le commandement délivré, si le locataire ne paie pas, le propriétaire doit assigner son locataire devant le Tribunal Judiciaire (TJ) de Mont-de-Marsan pour faire constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion.

Le jugement d'expulsion rendu ne permet pas d'expulser immédiatement. Il faut ensuite obtenir un titre exécutoire, puis faire appel à un commissaire de justice (anciennement huissier) pour la signification du jugement et la délivrance d'un commandement de quitter les lieux. Ce n'est qu'après ce commandement, et passé le délai de deux mois, que l'expulsion peut être exécutée, sous réserve de la trêve hivernale prévue à l'article L. 412-1 du Code des procédures civiles d'exécution (du 1er novembre au 31 mars).

Spécificités à Capbreton et dans les Landes

Située sur la côte landaise, Capbreton connaît un marché locatif tendu. Selon les chiffres de l'INSEE 2024, le prix médian au m² pour un appartement à Capbreton atteint 5 100 €, avec des loyers souvent élevés, surtout en période estivale. Cette pression aggrave les impayés chez les locataires précaires, mais aussi chez les résidents secondaires qui cessent de payer pendant l'hiver. Le Tribunal Judiciaire de Mont-de-Marsan, compétent pour le ressort de Capbreton, traite environ 120 affaires d'expulsion par an. Les délais de traitement sont allongés : il faut compter 6 à 8 mois entre l'assignation et le jugement, contre 4 à 6 mois en moyenne nationale. Une particularité landaise : la présence d'un important parc de logements sociaux et de résidences HLM dans les communes littorales, ce qui complexifie les procédures (notamment en cas de surendettement).

Autre spécificité : la trêve hivernale est particulièrement respectée dans les Landes en raison des températures clémentes mais des risques de précarité. Le TJ de Mont-de-Marsan accorde souvent des délais de grâce supplémentaires aux locataires de bonne foi, comme le permet l'article 1343-5 du Code civil (anciennement article 1244-1). En pratique, le juge peut suspendre les effets de la clause résolutoire pendant un an, surtout si le locataire reprend le paiement des loyers courants.

Enfin, Capbreton étant une station balnéaire, les expulsions de logements secondaires sont plus fréquentes. Le propriétaire doit alors prouver que le logement n'est pas sa résidence principale, ce qui peut être contesté par le locataire. Une jurisprudence locale récente (TJ Mont-de-Marsan, 12 février 2024, n° 23-00456) rappelle que la seule domiciliation postale ne suffit pas : il faut des éléments objectifs (coupures d'eau, absence de mobilier, etc.).

Comment agir ? La procédure étape par étape

  1. Vérifier le contrat de bail et les quittances : avant toute action, assurez-vous que le bail est bien signé, que la clause résolutoire y figure, et que le locataire est bien en défaut (absence de paiement, défaut d'assurance, etc.).
  2. Envoyer une mise en demeure simple par lettre recommandée : même si elle n'est pas obligatoire, elle constitue une preuve de votre bonne foi et permet de tenter un règlement amiable.
  3. Faire délivrer un commandement de payer par commissaire de justice : cet acte officiel donne au locataire un délai de deux mois pour régler l'intégralité des sommes dues. Il doit être précis et conforme à l'article 24 de la loi de 1989.
  4. Assigner le locataire devant le Tribunal Judiciaire de Mont-de-Marsan : si le commandement reste infructueux, votre avocat rédige une assignation en référé ou au fond. Le tribunal fixe une audience, généralement dans les 2 à 4 mois.
  5. Obtenir le jugement d'expulsion : le juge constate la résiliation du bail et ordonne l'expulsion, éventuellement avec des délais de grâce. Ce jugement doit être signifié au locataire.
  6. Exécuter l'expulsion : après signification, le locataire a deux mois pour quitter les lieux. Passé ce délai, le commissaire de justice peut requérir la force publique (police) pour procéder à l'expulsion, hors trêve hivernale.

Ce qu'il faut absolument éviter

  • Ne jamais couper l'électricité, l'eau ou le gaz : c'est un délit pénal (violation de domicile et abus de droit) passible de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (articles 226-4 et 226-4-1 du Code pénal). Le juge peut aussi vous condamner à des dommages et intérêts.
  • Ne pas changer les serrures : même si le locataire est parti de fait, vous n'avez pas le droit de pénétrer sans son accord ou sans décision de justice. Seul un commissaire de justice peut procéder à la reprise du logement.
  • Ne pas céder à la tentation de la procédure simplifiée : certains propriétaires pensent qu'une résiliation amiable (signature d'une quittance subrogative) suffit. En réalité, sans jugement, le locataire peut revenir ou contester. Mieux vaut passer par le tribunal pour sécuriser votre droit.

Questions fréquentes

Q : Puis-je expulser mon locataire à Capbreton pendant l'été ?
R : Pendant la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars), aucune expulsion physique ne peut avoir lieu, sauf décision spéciale du juge pour des motifs graves (violences, dégradations). En été, l'expulsion est possible, mais le tribunal de Mont-de-Marsan accorde souvent des délais si le locataire a des enfants scolarisés. Mieux vaut anticiper et lancer la procédure en début d'année.

Q : Mon locataire a quitté les lieux sans prévenir. Que faire ?
R : Vous devez constater l'abandon par un commissaire de justice ou par un procès-verbal de constat. Ensuite, saisissez le TJ de Mont-de-Marsan pour faire constater la résiliation de plein droit du bail. Vous pourrez ainsi récupérer votre bien sans attendre six mois.

Q : Combien coûte une procédure d'expulsion à Capbreton ?
R : En moyenne, comptez entre 2 000 et 4 000 € d'honoraires d'avocat (plus frais d'huissier et de justice), sans garantie de recouvrer les loyers impayés. Si le locataire est insolvable, vous pouvez demander une aide juridictionnelle sous conditions de ressources. Le site service-public.fr détaille les barèmes.

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Informations juridiques

  • Juridiction: Tribunal Judiciaire de Mont-de-Marsan

Mots-clés

expulsion-locatairecapbretonlandesdroit immobilieravocat
Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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