Droit Immobilier

Ne donne pas de base légale à sa

📅 Décision du 01 mars 1983⚖️ Cour de cassation👁️ 3 vues📖 2 min de lecture

Ne donne pas de base légale à sa décision la cour d'appel qui, pour rejeter l'action par laquelle les maîtres d'ouvrage d'un logement individuel demandent réparation du préjudice résultant de ce que le contrat de construction que leur a fait souscrire un groupement d'intérêt économique et qui a été exécuté, comportait des clauses contraires à la loi du 16 juillet 1971, retient qu'ils ont contracté en connaissance de cause et qu'il leur appartenait de ne pas accepter les clauses qui n'étaient pas en harmonie avec la législation en vigueur, sans rechercher si l'infraction commise par ce groupement d'intérêt économique à des textes d'ordre public tendant à protéger les acquéreurs n'avait pas effectivement causé un préjudice à ces maîtres d'ouvrage.

Décision de référence : cc • N° 81-15.222 • 1983-03-01 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Ne donne pas de base légale à sa décision la cour d'appel qui, pour rejeter l'action par laquelle les maîtres d'ouvrage d'un logement individuel demandent réparation du préjudice résultant de ce que le contrat de construction que leur a fait souscrire un groupement d'intérêt économique et qui a été exécuté, comportait des clauses contraires à la loi du 16 juillet 1971, retient qu'ils ont contracté en connaissance de cause et qu'il leur appartenait de ne pas accepter les clauses qui n'étaient pas en harmonie avec la législation en vigueur, sans rechercher si l'infraction commise par ce groupement d'intérêt économique à des textes d'ordre public tendant à protéger les acquéreurs n'avait pas effectivement causé un préjudice à ces maîtres d'ouvrage.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 81-15.222
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 01 mars 1983

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Acquéreur primo-accédant lésé par une clause de révision de prix illicite

À Bordeaux, un jeune couple a signé un contrat de construction de maison individuelle (CCMI) avec un groupement d'intérêt économique. Le contrat contenait une clause permettant au constructeur d'augmenter le prix de 20 % après le début des travaux, sans plafond légal. Malgré leur connaissance de l'irrégularité, ils ont accepté et ont dû payer 30 000 € supplémentaires à la livraison.

Application pratique:

La décision rappelle que même en ayant contracté en connaissance de cause, les maîtres d'ouvrage peuvent demander réparation si la clause illicite leur a causé un préjudice. Le couple doit rassembler le contrat, la preuve du paiement indu et contacter un avocat pour évaluer le préjudice. Ils peuvent engager une action en restitution de la somme versée en trop, car les clauses contraires à la loi de 1971 sont réputées non écrites et leur acceptation ne couvre pas l'atteinte à l'ordre public protecteur.

2

Propriétaire bailleur confronté à une réduction illégale des garanties légales

À Lyon, un propriétaire a fait construire trois maisons identiques par un promoteur via un CCMI. Le contrat limitait la garantie décennale à 2 ans, en violation de la loi du 16 juillet 1971. Le propriétaire, au courant de cette clause, l'a acceptée pour bénéficier d'un tarif plus bas. Cinq ans plus tard, des fissures structurelles apparaissent, et le promoteur refuse d'intervenir, invoquant la clause.

Application pratique:

La jurisprudence impose aux juges de rechercher si l'infraction à une règle d'ordre public cause un préjudice, sans se contenter du consentement de la victime. Le propriétaire doit faire réaliser une expertise pour chiffrer les réparations (environ 50 000 €), puis assigner le promoteur en justice. Il invoquera la nullité de la clause et le droit à réparation intégrale, car les dispositions protectrices du CCMI sont d'ordre public et ne peuvent être écartées, même par connaissance préalable.

3

Copropriétaire victime d'une clause d'exonération des parties communes illicite

À Marseille, les acheteurs d'appartements dans une petite copropriété ont accepté un contrat de construction incluant une clause exonérant le promoteur de toute responsabilité pour les vices des parties communes après livraison. Le syndic avait identifié la clause comme douteuse, mais tous ont signé. Deux ans plus tard, des problèmes de plomberie collective entraînent 20 000 € de travaux, et le promoteur se retranche derrière la clause.

Application pratique:

Conformément à la décision de 1983, la connaissance de l'illicéité par les copropriétaires ne fait pas obstacle à une action en dommages-intérêts si un préjudice réel est établi. Le syndic doit mandater un avocat pour assigner le promoteur, en plaidant que la clause est contraire à l'ordre public protecteur du CCMI et qu'elle a entraîné un préjudice financier direct. Il conviendra de produire le contrat, les devis de réparation et un rapport d'expertise pour démontrer le lien de causalité entre la clause et le refus de prise en charge.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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