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Pénalités de retard dans un marché de construction : le CCAG impose leur mention dans le décompte général
Droit-immobilier

Pénalités de retard dans un marché de construction : le CCAG impose leur mention dans le décompte général

📅 Decisione del 18 novembre 2009🔄 Updated on 14 October 2026⚖️ Cour de cassation👁️ 30 visualizzazioni📖 4 min di lettura

La Cour de cassation rappelle que les pénalités de retard dues par un entrepreneur doivent impérativement figurer dans le décompte général notifié par le maître d'œuvre, faute de quoi le maître d'ouvrage ne peut plus les réclamer. Une décision qui clarifie les règles applicables aux marchés privés soumis au CCAG.

Décision de référence : cc • N° 08-13.676 • 2009-11-18 • Consulter la décision →

Vous venez de faire construire une maison à Plougastel-Daoulas, et le chantier a pris six mois de retard. Votre entrepreneur vous doit des pénalités de retard, vous le savez. Mais comment les réclamer ? Faut-il les inscrire dans un document précis, ou un simple courrier suffit ?

C'est la question qui s'est posée dans une affaire jugée par la Cour de cassation le 18 novembre 2009. Un maître d'ouvrage (le propriétaire qui fait construire) avait obtenu gain de cause en appel, mais la Haute juridiction a cassé l'arrêt : les pénalités de retard doivent figurer dans le décompte général, faute de quoi elles sont perdues.

Cette décision est essentielle pour tous ceux qui signent un contrat de construction, qu'il s'agisse d'une maison individuelle, d'un immeuble de rapport ou d'un lotissement. Elle rappelle une règle simple mais souvent méconnue : le décompte général est la pièce maîtresse qui fixe définitivement les droits et obligations des parties.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. X, propriétaire à Plougastel-Daoulas, confie la construction de sa maison à un entrepreneur. Le contrat prévoit l'application du cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicable aux marchés publics, mais les parties conviennent de s'y référer pour ce marché privé. Le chantier prend du retard : livraison prévue en 18 mois, effectuée en 24 mois.

Le maître d'œuvre (l'architecte ou bureau d'études) établit un décompte général, signé par le maître d'ouvrage et notifié à l'entrepreneur. Ce document récapitule tous les montants dus : travaux réalisés, avenants, révisions de prix… Mais il ne mentionne aucune pénalité de retard. L'entrepreneur accepte le décompte, partiellement, et paie le solde.

Quelques mois plus tard, M. X se retourne contre l'entrepreneur pour réclamer des pénalités de retard, estimant que le CCAG ne les obligeait pas à figurer dans le décompte. La cour d'appel lui donne raison : selon elle, l'article 13.41 du CCAG n'impose pas, à peine de déchéance (perte du droit), de mentionner les pénalités dans le décompte. L'entrepreneur se pourvoit en cassation.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation casse l'arrêt d'appel. Son raisonnement est implacable : le CCAG prévoit que l'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution du marché est compris dans un décompte général. Ce décompte, établi par le maître d'œuvre, signé par la personne responsable du marché (le maître d'ouvrage) et notifié à l'entrepreneur, est un tout indivisible : « aucun élément ne peut être isolé », précise la Cour.

En d'autres termes, les pénalités de retard font partie intégrante du décompte. Si elles n'y figurent pas, elles sont réputées avoir été abandonnées. Et si l'entrepreneur accepte le décompte, même partiellement, il est lié pour la partie acceptée. Ici, l'entrepreneur avait accepté le solde du décompte, ce qui valait acceptation de l'absence de pénalités.

La Cour s'appuie sur l'article 13.41 du CCAG, qui dispose que le décompte général « fait l'objet d'un document unique » et que « son solde arrêté lors de l'établissement du décompte définitif détermine les droits et obligations des parties ». C'est une règle de cristallisation (fixation définitive) : une fois le décompte accepté, on ne peut plus revenir dessus.

Cette décision n'est pas un revirement, mais une confirmation. La jurisprudence était déjà bien établie : le décompte général est un acte fondamental dans la vie du marché. L'arrêt de 2009 en rappelle la portée avec une netteté particulière.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Si vous êtes maître d'ouvrage (propriétaire qui fait construire), cette décision vous impose une vigilance absolue. Lorsque le maître d'œuvre vous soumet le décompte général, vérifiez que toutes les pénalités de retard y sont bien inscrites. Si ce n'est pas le cas, exigez leur ajout avant de signer. Un exemple chiffré : pour un marché de 200 000 € avec un retard de 6 mois et une pénalité de 1/1000e par jour (soit 200 €/jour), cela représente 36 000 €. Les perdre serait dramatique.

Pour les entrepreneurs, c'est au contraire une sécurité. Si le décompte général ne mentionne pas de pénalités, vous pouvez considérer que le maître d'ouvrage y a renoncé. Mais attention : si vous acceptez le décompte, vous êtes lié par son contenu. Si des pénalités y figurent, vous ne pourrez pas les contester ultérieurement.

Pour les copropriétaires ou les syndics, la règle s'applique aussi aux marchés de rénovation. Imaginons un ravalement de façade à Guipavas : si le décompte général ne mentionne pas de pénalités pour retard dû à l'entreprise, le syndicat ne pourra pas les réclamer après. Le conseil syndical doit donc être particulièrement attentif lors de la réception des travaux.

Dans tous les cas, le délai pour contester le décompte est généralement de 6 mois à compter de sa notification. Passé ce délai, le décompte devient définitif et les parties sont irrévocablement liées.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Exigez un décompte général détaillé : lors de la réception des travaux, demandez au maître d'œuvre un décompte qui liste tous les postes : travaux, avenants, révisions, et surtout pénalités de retard. Vérifiez chaque ligne avant de signer.
  • Ne signez jamais un décompte sans l'avoir fait vérifier : faites relire le document par un professionnel (avocat, expert-comptable) si le montant est important. Une signature hâtive peut vous faire perdre des sommes considérables.
  • En cas d'absence de pénalités, notifiez vos réserves par écrit : s

Informazioni legali

  • Numero: 08-13.676
  • Tribunale: Cour de cassation
  • Decisione del: 18 novembre 2009

Parole chiave

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Maître Cécile Zakine

Informazioni sull'autrice

Maître Cécile Zakine — Avvocata del Foro delle Alpi Marittime, Dottore in Giurisprudenza. Ogni articolo di questa rivista nasce dall'analisi di una decisione giurisprudenziale reale, commentata e contestualizzata dal team di Maître Zakine.

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