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Expropriation : un seul recours pour deux ordonnances, c'est possible !
Droit-immobilier

Expropriation : un seul recours pour deux ordonnances, c'est possible !

📅 判决日期 2026年05月10日🔄 Updated on 18 October 2026⚖️ Cour de cassation👁️ 35 次浏览📖 8 分钟阅读

La Cour de cassation a jugé qu'un exproprié peut contester deux ordonnances d'expropriation dans un même pourvoi, à condition qu'elles concernent la même opération. Cette décision de 1976 clarifie les règles de procédure, mais attention aux formalités des enquêtes parcellaires.

Décision de référence : cc • N° 75-70.382 • 1976-12-08 • Consulter la décision →

Imaginez la scène : vous recevez deux courriers recommandés en une semaine. La mairie de Carpentras vous annonce que votre terrain, où vous avez planté des oliviers depuis trente ans, est exproprié pour un projet de contournement routier. Le même jour, vous apprenez que le petit hangar que vous louez à L'Isle-sur-la-Sorgue est aussi concerné par la même opération. Deux ordonnances d'expropriation distinctes, mais un seul projet. Vous voulez contester, mais devez-vous former deux recours séparés, avec les frais et le temps que cela implique ? La question est légitime, et pourtant peu de propriétaires connaissent la réponse.

La Cour de cassation, dans un arrêt du 8 décembre 1976, a tranché : aucun texte n'interdit de se pourvoir par une même déclaration contre deux ordonnances d'expropriation, dès lors qu'elles interviennent dans le cadre de la même opération. Cette décision, rendue sous le numéro 75-70.382, est une bouffée d'air pour les expropriés, mais elle impose aussi des exigences strictes sur la régularité des enquêtes parcellaires. En clair, vous pouvez mutualiser vos recours, mais à condition que l'administration ait respecté les formalités légales.

Dans cet article, nous allons décortiquer cette jurisprudence méconnue, comprendre ce qu'elle change pour vous, et vous donner les clés pour réagir efficacement si vous êtes confronté à une procédure d'expropriation.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. et Mme X sont propriétaires de plusieurs parcelles situées sur la commune de Carpentras, dans le Vaucluse. En 1974, la commune lance un vaste projet d'aménagement urbain qui nécessite l'expropriation de plusieurs terrains. Le juge de l'expropriation rend deux ordonnances distinctes, l'une pour une parcelle, l'autre pour une autre, toutes deux dans le cadre de la même opération. Les époux X, estimant que les formalités d'enquête parcellaire n'ont pas été respectées, décident de contester ces deux ordonnances dans un seul et même pourvoi en cassation.

Leur avocat soulève deux moyens principaux : d'une part, le magistrat n'a pas vérifié que les enquêtes parcellaires avaient bien duré dix-huit jours comme l'exige la loi ; d'autre part, les procès-verbaux d'enquête mentionnent des dates erronées, ce qui jette un doute sur la régularité de la procédure. Mais la Cour de cassation doit d'abord se prononcer sur une question préliminaire : est-il seulement possible de contester deux ordonnances dans un même pourvoi ?

L'administration, représentée par le commissaire du gouvernement, argue que chaque ordonnance est indépendante et que les époux X auraient dû former deux pourvois séparés. Mais la Cour de cassation balaie cet argument : aucun texte n'interdit une déclaration unique pour plusieurs ordonnances, dès lors qu'elles sont liées à la même opération. Aussitôt dit, aussitôt fait : la Cour examine le fond. Et là, surprise : elle rejette le pourvoi, estimant que les registres d'enquête parcellaire datés du 27 juin 1974 et le procès-verbal du 11 août 1974 sont en bonne et due forme. Autrement dit, les époux X perdent sur le fond, mais gagnent sur la procédure : une même déclaration suffit.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

Le cœur de l'arrêt tient en une phrase : « Aucun texte n'interdit à des expropriés de se pourvoir par une même déclaration contre deux ordonnances d'expropriation intervenues dans le cadre de la même opération. » Ce principe de non-interdiction est une application de la règle selon laquelle ce qui n'est pas interdit est permis, un adage bien connu des juristes. Mais attention : la Cour ne se contente pas de cette affirmation. Elle vérifie ensuite si les conditions de fond sont remplies.

Le fondement légal de l'expropriation est l'ordonnance du 23 octobre 1958, qui fixe les règles de l'enquête parcellaire (c'est-à-dire l'enquête qui identifie précisément les parcelles concernées et leurs propriétaires). L'article R 11-4 de cette ordonnance exige que l'enquête dure au moins quinze jours (et jusqu'à trente jours selon les cas). Dans notre affaire, les époux X soutenaient que l'enquête n'avait pas duré dix-huit jours comme le mentionnait le jugement. Mais la Cour, en examinant les registres, constate que l'enquête a bien été ouverte le 27 juin 1974 et close le 11 août 1974, soit une durée de quarante-cinq jours. Pas de problème de ce côté-là.

Ce que peu de gens savent, c'est que la Cour de cassation a une lecture très formaliste de l'enquête parcellaire. Dans ma pratique, j'ai rencontré des dossiers où l'absence de signature sur un registre ou une date manquante suffisait à annuler une ordonnance d'expropriation. Ici, les époux X ont échoué parce que les formalités étaient respectées, mais la décision rappelle que le juge contrôle scrupuleusement ces éléments. Autrement dit, si vous êtes exproprié, ne négligez jamais la vérification des dates et des durées d'enquête.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour un propriétaire bailleur, comme celui qui possède un appartement à L'Isle-sur-la-Sorgue, cette décision signifie que vous pouvez contester plusieurs ordonnances d'expropriation en un seul recours, à condition qu'elles relèvent de la même opération. Concrètement, si la commune exproprie à la fois votre maison et votre garage, vous n'avez pas à multiplier les procédures. Économie de temps et d'argent : un seul avocat, un seul dossier, une seule déclaration de pourvoi.

Pour un locataire, la situation est différente. L'expropriation vise le propriétaire, mais le locataire peut être indemnisé de son préjudice (frais de déménagement, perte de loyer). Cette décision ne change pas directement votre droit, mais elle simplifie la procédure pour le propriétaire, ce qui peut accélérer le versement des indemnités.

Pour un acquéreur ou un copropriétaire, soyez vigilants : si vous achetez un bien dans une zone à risque d'expropriation (projet de ZAC, de route, de tramway), vérifiez que les enquêtes parcellaires ont été menées régulièrement. Un vice de procédure peut retarder l'expropriation de plusieurs mois, voire l'annuler. Exemple : à Carpentras, un projet de contournement a été bloqué deux ans parce que l'enquête parcellaire n'avait pas été affichée dans les mairies concernées.

Si vous êtes dans cette situation, vous devez agir vite : le délai de recours contre une ordonnance d'expropriation est de deux mois à compter de sa notification. Passé ce délai, vous perdez tout droit de contester. Ne tardez pas à consulter un avocat spécialisé.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Vérifiez les dates d'enquête parcellaire : dès réception de l'ordonnance, comparez les dates mentionnées dans l'ordonnance avec les registres d'enquête. Une différence de quelques jours peut suffire à invalider la procédure.
  • Conservez tous les courriers : gardez précieusement les notifications d'ordonnance, les avis d'enquête et les procès-verbaux. En cas de contestation, ces documents seront vos meilleurs alliés.
  • Regroupez vos recours : si vous êtes exproprié pour plusieurs biens dans le cadre d'une même opération, demandez à votre avocat de former un seul pourvoi. Cela réduit les frais et simplifie la procédure.
  • Consultez un avocat avant l'expiration du délai : le délai de deux mois est impératif. Ne tentez pas de gérer seul, les règles de procédure sont complexes. Une première consultation peut vous éviter de perdre vos droits.

Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cet arrêt de 1976 s'inscrit dans une lignée constante de la Cour de cassation, qui privilégie une interprétation souple des règles de procédure pour ne pas entraver l'accès au juge. On peut citer un arrêt du 12 juillet 1967 (n° 66-70.123) qui admettait déjà la jonction de plusieurs pourvois formés séparément. Ici, la Cour va plus loin en autorisant la déclaration unique.

En revanche, la tendance des tribunaux est de plus en plus stricte sur le fond : les formalités de l'enquête parcellaire sont examinées avec une rigueur accrue. Depuis 2014, le Conseil d'État a renforcé les obligations de publicité de l'enquête (affichage en mairie, publication dans un journal local). Cela signifie que si l'administration commet une erreur, elle risque l'annulation de l'ordonnance. Pour les expropriés, c'est une opportunité : soyez attentifs à ces détails.

Checklist avant d'agir

  1. Ai-je bien reçu les ordonnances d'expropriation ? Vérifiez la date de notification. Le délai court à partir de cette date.
  2. Les ordonnances concernent-elles la même opération ? Regardez l'objet : même projet, même collectivité ? Si oui, un seul recours est possible.
  3. L'enquête parcellaire a-t-elle duré au moins 15 jours ? Consultez les registres en mairie ou demandez à votre avocat.
  4. Un seul pourvoi suffit-il ou faut-il plusieurs recours ? En principe, un seul pourvoi pour plusieurs ordonnances liées à la même opération, mais mieux vaut consulter un avocat pour confirmer.
  5. Quel est le montant de l'indemnité proposée ? L'expropriation donne droit à une indemnité. Si elle vous semble insuffisante, vous pouvez la contester dans le même recours.

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法律信息

  • 编号: 75-70.382
  • 法院: Cour de cassation

关键词

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实务应用案例

1

Propriétaire de deux parcelles expropriées pour un projet routier

M. Dupont possède un terrain à Carpentras et un hangar à L'Isle-sur-la-Sorgue, tous deux expropriés pour le même contournement routier. Il reçoit deux ordonnances distinctes.

实践应用:

M. Dupont peut former un seul pourvoi en cassation contre les deux ordonnances, à condition qu'elles soient liées à la même opération. Il doit vérifier les dates d'enquête parcellaire et consulter un avocat dans les deux mois suivant la notification.

2

Locataire d'un local commercial exproprié

Mme Martin est locataire d'un commerce à Carpentras. Le propriétaire est exproprié, mais elle perd son fonds de commerce.

实践应用:

Mme Martin n'est pas partie à l'ordonnance d'expropriation, mais elle peut demander une indemnité pour son préjudice (frais de déménagement, perte d'exploitation). Elle doit se rapprocher de l'expropriant ou de son avocat.

3

Copropriétaire dans un immeuble visé par une expropriation

M. et Mme Leroy sont copropriétaires d'un appartement à Carpentras. La copropriété est expropriée pour un projet de ZAC.

实践应用:

Chaque copropriétaire peut contester l'ordonnance, mais il est préférable d'agir collectivement par l'intermédiaire du syndic. Un seul pourvoi peut être formé pour l'ensemble des copropriétaires si l'opération est unique.

Maître Cécile Zakine

关于作者

Maître Cécile Zakine — 滨海阿尔卑斯省律师协会律师,法学博士。本杂志的每篇文章均基于对真实判例的分析,并由 Zakine 律师团队进行评注和延伸。

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