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Droit Immobilier

📅 Décision du 15 mai 2018⚖️ Cour de cassation📖 2 min de lecture

Il résulte des articles 44 et 45 du code de procédure civile, 3, alinéa 2, du code civil que lorsqu'une succession comporte des immeubles situés dans l'un et l'autre des deux pays dont le défunt a la nationalité, le renvoi opéré par la loi du lieu de situation de l'immeuble impose que le critère de rattachement de la loi nationale du défunt soit apprécié selon les règles de conflit de lois prévues par la loi du pays renvoyant. Viole ces textes une cour d'appel qui fait prévaloir la loi française à l'égard d'un binational franco-espagnol, alors que la loi nationale de rattachement, au sens du code civil espagnol, devait être déterminée selon les dispositions de la loi espagnole telles qu'interprétées par son droit positif

Décision de référence : cc • N° 17-11.571 • 2018-05-15 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Il résulte des articles 44 et 45 du code de procédure civile, 3, alinéa 2, du code civil que lorsqu'une succession comporte des immeubles situés dans l'un et l'autre des deux pays dont le défunt a la nationalité, le renvoi opéré par la loi du lieu de situation de l'immeuble impose que le critère de rattachement de la loi nationale du défunt soit apprécié selon les règles de conflit de lois prévues par la loi du pays renvoyant. Viole ces textes une cour d'appel qui fait prévaloir la loi française à l'égard d'un binational franco-espagnol, alors que la loi nationale de rattachement, au sens du code civil espagnol, devait être déterminée selon les dispositions de la loi espagnole telles qu'interprétées par son droit positif

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
  • Anticipez : un conseil préventif coûte toujours moins cher qu'un litige

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Informations juridiques

  • Numéro: 17-11.571
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 15 mai 2018

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Succession d'un binational franco-espagnol

Un enfant de nationalité française et espagnole hérite de son père, décédé en 2023, qui possédait une maison à Bordeaux (Gironde) et un appartement à Madrid. Le notaire français applique automatiquement la loi française à l'ensemble de la succession, car le défunt avait la nationalité française.

Application pratique:

Cet arrêt rappelle que le renvoi doit être respecté : pour les immeubles situés en Espagne, la loi espagnole détermine la loi applicable selon ses propres règles de conflit. Pour les biens en France, la loi française s'applique sous réserve des règles de renvoi espagnoles. Il faut demander au notaire de vérifier ce que disent les règles espagnoles : si elles désignent la loi nationale du défunt, il faut alors appliquer la loi espagnole pour la maison en France, si l’interprétation espagnole le prévoit. En pratique, il est indispensable de consulter un avocat spécialisé en droit international privé et un notaire informé pour déterminer la loi successorale applicable à chaque immeuble.

2

Notaire face à une succession franco-espagnole

Maître Dupont, notaire à Perpignan (Pyrénées-Orientales), doit traiter la succession d'une défunte de double nationalité franco-espagnole, propriétaire d'un vignoble à Banyuls-sur-Mer et d'une résidence à Barcelone. Les héritiers sont partagés, certains invoquent la loi française, d'autres la loi espagnole.

Application pratique:

Cette décision impose au notaire de ne pas se contenter de la nationalité française du défunt, mais d'examiner la loi de situation de chaque immeuble. Pour le bien situé en Espagne, il doit appliquer la loi espagnole, qui peut renvoyer à la loi française ou non selon ses règles. Pour le bien en France, il doit également vérifier si la loi française renvoie à la loi espagnole. Le notaire doit donc établir une note de renvoi et, en cas de doute, interroger les autorités espagnoles via le réseau des notaires ou solliciter une consultation juridique. L'objectif est d'éviter une nullité de l'acte ou un litige ultérieur.

3

Préparer sa succession en binational

Un couple franco-espagnol, résidant à Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes), possède un bien immobilier locatif à Valence (Espagne) et un appartement en France. Ils souhaitent organiser leur succession pour que leurs deux enfants, de nationalité française, bénéficient d'un traitement équitable, mais ils ignorent quelle loi s'appliquera.

Application pratique:

Cet arrêt incite à anticiper en se renseignant sur les règles de conflit de lois dans les deux pays. Pour éviter les mauvaises surprises, il est conseillé de rédiger un testament notarié précisant la loi applicable à l'ensemble de la succession, en respectant le règlement européen (règlement n° 650/2012) qui permet de choisir la loi de la nationalité. Toutefois, ce choix ne doit pas contourner les règles impératives de l'État de situation de l'immeuble (ex. réserve héréditaire). En pratique, consultez un avocat en droit successoral international pour rédiger un testament en double exemplaire (français et espagnol) et faire enregistrer une déclaration de choix de loi auprès des autorités compétentes.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

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