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Congé pour vente : contester ne suspend pas le délai d'acceptation du locataire
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Congé pour vente : contester ne suspend pas le délai d'acceptation du locataire

📅 Décision du 08 janvier 1997⚖️ Cour de cassation👁️ 6 vues📖 9 min de lecture

La Cour de cassation rappelle que la contestation d'un congé pour vente par le locataire n'a pas d'effet suspensif sur le délai d'acceptation de l'offre de vente. Décryptage des conséquences pratiques pour propriétaires et locataires.

Décision de référence : cc • N° 94-21.625 • 1997-01-08 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'un appartement à Apt, loué depuis des années. Vous donnez congé à votre locataire pour vendre le bien. Conformément à la loi, vous lui adressez une offre de vente. Le locataire conteste le congé, estimant qu'il est irrégulier. Pendant ce temps, le délai de deux mois pour accepter l'offre s'écoule. Le locataire, absorbé par la contestation, laisse passer la date. Peut-il encore accepter après ? Non, répond la Cour de cassation dans un arrêt du 8 janvier 1997.

Cette décision, souvent méconnue, est pourtant cruciale pour des milliers de propriétaires et locataires en France. Elle tranche une question pratique : la contestation judiciaire d'un Droit de préemption urbain : que faire si le vendeur refuse mon prix ?">congé pour vente suspend-elle le délai d'acceptation de l'offre ? La réponse est non. undefined, le locataire qui conteste doit continuer à surveiller le calendrier. Un oubli peut lui coûter son droit de préemption.

Dans cet article, nous décortiquons l'affaire, le raisonnement des juges, et surtout ce que cela change pour vous, que vous soyez bailleur à Bollène ou locataire à Avignon. Nous verrons aussi comment éviter ce type de litige grâce à quelques précautions simples.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

L'affaire commence en 1977. Un propriétaire, M. Y., consent un bail commercial incluant un local d'habitation à des locataires. Le bail est renouvelé en 1985 pour neuf ans. Parallèlement, un bail d'habitation séparé est signé le 19 juillet 1985. En 1994, les propriétaires (les consorts X) délivrent deux congés : l'un pour refus de renouvellement du bail commercial, l'autre pour vendre le logement d'habitation. Le premier congé n'est pas suivi d'effet. Mais le second, le congé pour vente, est contesté par les locataires devant le tribunal d'instance d'Avignon. Ces derniers estiment que le congé est irrégulier car le bail commercial et le bail d'habitation sont indivisibles : on ne peut vendre l'un sans l'autre.

Pendant que les locataires contestent, le délai légal de deux mois pour accepter l'offre de vente court. Les locataires ne lèvent pas l'option dans ce délai. Les propriétaires vendent alors le bien à un tiers. Les locataires, mécontents, assignent en justice pour faire reconnaître leur droit de préemption. La cour d'appel de Nîmes leur donne tort : la contestation du congé n'a pas suspendu le délai d'acceptation. Les locataires se pourvoient en cassation.

La Cour de cassation, dans son arrêt du 8 janvier 1997, rejette le pourvoi. Elle confirme que le délai d'acceptation de l'offre de vente est un délai préfix, qui ne peut être suspendu par une simple contestation. Le locataire qui conteste le congé doit, en parallèle, accepter l'offre dans les deux mois, sous peine de perdre son droit de préemption. Une leçon cruelle pour les locataires de Bollène ou d'ailleurs.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

Pour comprendre l'arrêt, il faut revenir à la loi du 6 juillet 1989 (article 15) et à l'article L. 145-46-1 du Code de commerce pour les baux mixtes. Le congé pour vente est un acte par lequel le propriétaire notifie au locataire son intention de vendre le logement, en lui offrant un délai de deux mois pour accepter l'offre. Ce délai est dit "préfix" : il ne peut être ni interrompu, ni suspendu, sauf accord des parties ou disposition légale expresse. undefined une fois le délai commencé, il court jusqu'à son terme, quoi qu'il arrive.

Dans cette affaire, les locataires soutenaient que la contestation du congé rendait l'offre caduque ou, à tout le moins, suspendait le délai. Mais la Cour de cassation n'a pas suivi cet argument. Elle a estimé que la contestation n'affecte pas la validité du congé tant qu'une décision judiciaire n'a pas été rendue. undefined, un congé contesté reste en vigueur jusqu'à son annulation éventuelle. Le locataire doit donc, pour préserver ses droits, accepter l'offre dans le délai, même s'il conteste par ailleurs la régularité du congé.

undefined, c'est que cette solution est une application du principe de sécurité juridique. Les juges ont considéré que laisser la contestation suspendre le délai ouvrirait la porte à des manœuvres dilatoires : un locataire pourrait contester systématiquement pour gagner du temps et empêcher la vente. Attention toutefois : cette décision ne remet pas en cause le droit du locataire de contester un congé abusif. Mais elle l'oblige à agir vite, sur deux fronts à la fois : contester le congé ET accepter l'offre dans le délai, pour ne pas perdre son droit de préemption.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour les propriétaires bailleurs, cette décision est une bonne nouvelle. Elle sécurise les ventes : vous pouvez compter sur le délai de deux mois sans craindre qu'une contestation le suspende. Exemple concret : vous possédez un appartement à Bollène, vous donnez congé à votre locataire le 1er mars. Il conteste le 15 mars. Le délai d'acceptation expire le 1er mai. S'il n'a pas accepté à cette date, vous pouvez vendre librement à un tiers. undefined, j'ai rencontré des dossiers où des propriétaires, rassurés par cette jurisprudence, ont pu finaliser une vente sans attendre des mois de procédure.

Pour les locataires, le message est clair : ne misez pas tout sur la contestation. Si vous recevez un congé pour vente, vous devez, dans les deux mois, soit accepter l'offre (et devenir propriétaire), soit la refuser. Si vous estimez le congé irrégulier, contestez-le devant le tribunal, mais acceptez l'offre sous réserve. Vous pouvez accepter "sous réserve de vos droits à contester la validité du congé". Ainsi, vous préservez votre droit de préemption tout en faisant reconnaître l'irrégularité. Si le juge annule le congé, l'acceptation devient caduque et vous n'êtes pas lié par l'achat.

Pour les acquéreurs, cette décision apporte une sécurité : si le locataire n'a pas accepté dans les deux mois, vous pouvez acheter sans craindre une remise en cause ultérieure. Vérifiez simplement que le congé a bien été délivré et que le délai est expiré. En cas de doute, demandez une attestation du propriétaire ou du notaire.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Pour le propriétaire : délivrez un congé en bonne et due forme. Respectez les formes : lettre recommandée avec accusé de réception ou acte d'huissier, mention du prix et des conditions de vente, délai de deux mois. Un congé irrégulier peut être annulé, ce qui relance le délai. Exemple : à Apt, un congé envoyé en lettre simple a été jugé nul. Le propriétaire a dû recommencer, perdant plusieurs mois.
  • Pour le locataire : acceptez l'offre dans les deux mois, même si vous contestez. Ne laissez pas passer le délai. Si vous avez un doute sur la régularité du congé, acceptez l'offre "sous toutes réserves" et contestez parallèlement. Vous sauvegardez ainsi vos droits.
  • Pour les deux parties : fixez un calendrier clair. Notez la date de réception du congé et le délai d'expiration. Un simple oubli peut coûter cher. Utilisez un agenda ou une application de rappel.
  • Consultez un avocat spécialisé dès la réception du congé. Un conseil rapide (même une consultation de 30 minutes) peut éviter des erreurs irréversibles. À Bollène comme à Avignon, un professionnel vous guidera sur la marche à suivre.

Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cet arrêt de 1997 s'inscrit dans une ligne constante de la Cour de cassation. Dès 1992, un arrêt (Civ. 3e, 18 novembre 1992, n° 90-20.853) avait jugé que le délai de deux mois pour accepter l'offre n'est pas suspendu par l'exercice d'une action en justice. La décision de 1997 confirme et précise ce principe pour les baux mixtes (commerciaux et d'habitation).

Plus récemment, la Cour de cassation a étendu cette solution aux contestations portant sur le prix de vente (Civ. 3e, 12 juillet 2018, n° 17-21.402). Le locataire qui conteste le prix doit quand même accepter l'offre dans le délai, sous peine de perdre son droit de préemption. La tendance est donc claire : les juges privilégient la sécurité juridique et la célérité des transactions immobilières.

Pour l'avenir, il est probable que cette jurisprudence perdure, sauf intervention du législateur. Les projets de loi récents n'ont pas remis en cause ce principe. En pratique, cela signifie que le locataire doit être particulièrement vigilant : le délai de deux mois est un couperet qui ne souffre aucune suspension.

Questions fréquentes

1. Que se passe-t-il si le locataire accepte l'offre après le délai de deux mois ? L'acceptation tardive est nulle. Le propriétaire n'est pas tenu de vendre au locataire. Ce dernier perd son droit de préemption. Il peut toutefois contester la validité du congé, mais cela n'aura pas d'effet sur la vente déjà conclue avec un tiers.

2. Puis-je contester un congé pour vente après avoir accepté l'offre ? Oui, vous pouvez contester le congé après avoir accepté l'offre. Mais si le congé est annulé, l'acceptation tombe et vous n'êtes pas tenu d'acheter. Attention : si vous avez déjà signé l'acte de vente, la contestation devient plus complexe.

3. Quels sont les délais pour contester un congé pour vente ? Le locataire dispose généralement de deux mois à compter de la réception du congé pour contester devant le tribunal judiciaire. Ce délai est de droit commun, mais peut varier selon les clauses du bail. Il est impératif d'agir vite.

4. Le propriétaire peut-il vendre à un tiers si le locataire a accepté l'offre ? Non, si le locataire a accepté dans les délais, le propriétaire est tenu de lui vendre. Toute vente à un tiers serait nulle. Le locataire peut alors demander l'annulation de la vente et être substitué à l'acquéreur.

5. Comment prouver la date de réception du congé ? Par la date de signature de l'accusé de réception si c'est une lettre recommandée, ou par le procès-verbal de l'huissier. Conservez précieusement ces documents.

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Questions fréquentes

Que se passe-t-il si le locataire accepte l'offre après le délai de deux mois ?

L'acceptation tardive est nulle. Le propriétaire n'est pas tenu de vendre au locataire. Ce dernier perd son droit de préemption.

Puis-je contester un congé pour vente après avoir accepté l'offre ?

Oui, vous pouvez contester le congé après avoir accepté l'offre. Mais si le congé est annulé, l'acceptation tombe et vous n'êtes pas tenu d'acheter.

Quels sont les délais pour contester un congé pour vente ?

Le locataire dispose généralement de deux mois à compter de la réception du congé pour contester devant le tribunal judiciaire. Il est impératif d'agir vite.

Le propriétaire peut-il vendre à un tiers si le locataire a accepté l'offre ?

Non, si le locataire a accepté dans les délais, le propriétaire est tenu de lui vendre. Toute vente à un tiers serait nulle.

Comment prouver la date de réception du congé ?

Par la date de signature de l'accusé de réception si c'est une lettre recommandée, ou par le procès-verbal de l'huissier. Conservez précieusement ces documents.

Informations juridiques

  • Numéro: 94-21.625
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 08 janvier 1997

Mots-clés

congé pour ventedélai d'acceptationcontestationdroit de préemptionCour de cassation

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire à Bollène : vente sécurisée malgré contestation

M. Dupont, propriétaire d'un appartement à Bollène, donne congé pour vente à son locataire le 1er mars. Le locataire conteste le 15 mars. Grâce à cette jurisprudence, M. Dupont sait que le délai court jusqu'au 1er mai. Le locataire n'ayant pas accepté, il vend à un tiers le 15 mai sans risque.

Application pratique:

Cette jurisprudence protège le propriétaire : il peut vendre dès l'expiration du délai de deux mois, même si le locataire conteste. Il doit néanmoins s'assurer que le congé est régulier et que le locataire a bien été informé de son droit de préemption.

2

Locataire à Apt : comment préserver son droit de préemption

Mme Martin, locataire à Apt, reçoit un congé pour vente. Elle pense qu'il est irrégulier car le prix est sous-évalué. Elle conteste devant le tribunal, mais n'accepte pas l'offre dans les deux mois. Elle perd son droit de préemption et le propriétaire vend à un tiers.

Application pratique:

Pour éviter cela, Mme Martin doit accepter l'offre dans le délai, même sous réserve de contester. Elle peut indiquer par écrit : 'J'accepte l'offre de vente, sous réserve de mes droits à contester la validité du congé'. Ainsi, elle préserve son droit de préemption tout en faisant valoir ses arguments.

3

Acquéreur à Avignon : sécuriser son achat

M. Blanc souhaite acheter un bien à Avignon. Le propriétaire lui indique qu'un congé pour vente a été délivré au locataire il y a trois mois, sans acceptation. M. Blanc peut acheter en toute sécurité, car le délai de deux mois est expiré et la contestation éventuelle du locataire n'a pas d'effet suspensif.

Application pratique:

L'acquéreur doit vérifier que le congé a bien été notifié et que le délai est écoulé. Il peut demander une copie du congé et de l'accusé de réception. En cas de doute, il est prudent d'inclure une clause dans le compromis de vente qui prévoit que le vendeur garantit l'absence de droit de préemption du locataire.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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