Droit Immobilier

Doit être cassé l'arrêt qui déclare

📅 Décision du 27 septembre 2000⚖️ Cour de cassation👁️ 1 vues📖 2 min de lecture

Doit être cassé l'arrêt qui déclare prescrite l'action d'un copropriétaire relative à la répartition des charges spéciales d'ascenseur, alors que la cour d'appel avait relevé que la décision de l'assemblée générale répartissant les charges était contraire aux critères posés par l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965 et alors que le délai prévu par l'article 42, alinéa 2, de cette loi ne s'applique pas aux actions relatives aux clauses réputées non écrites.

Décision de référence : cc • N° 98-22.792 • 2000-09-27 • Consulter la décision →

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La situation

Doit être cassé l'arrêt qui déclare prescrite l'action d'un copropriétaire relative à la répartition des charges spéciales d'ascenseur, alors que la cour d'appel avait relevé que la décision de l'assemblée générale répartissant les charges était contraire aux critères posés par l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965 et alors que le délai prévu par l'article 42, alinéa 2, de cette loi ne s'applique pas aux actions relatives aux clauses réputées non écrites.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 98-22.792
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 27 septembre 2000

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Commerçant au rez-de-chaussée facturé pour l'ascenseur

M. Durant, propriétaire d'une boutique au rez-de-chaussée à Lyon, reçoit depuis 3 ans des appels de charges incluant 280 € par trimestre pour l'entretien de l'ascenseur, alors que son local n'y a pas accès. Le syndic refuse toute contestation, invoquant la prescription de 2 ans après l'assemblée générale qui a fixé cette répartition.

Application pratique:

La décision du 27 septembre 2000 (Cass. civ. 3e, n° 98-22.792) juge que l'action relative à une répartition des charges contraire aux critères de l'article 10 de la loi de 1965 (ici, l'absence d'utilité pour le lot) n'est pas soumise au délai de prescription de 2 ans de l'article 42, car il s'agit d'une clause réputée non écrite. M. Durant doit immédiatement adresser une lettre recommandée au syndic exigeant la régularisation des charges et, en cas d'échec, saisir le tribunal judiciaire pour faire annuler la délibération litigieuse, sans crainte de forclusion.

2

Nouvel acquéreur héritant d'une répartition inéquitable

Les Martin viennent d'acheter un appartement au 4e étage à Marseille. Ils découvrent que les charges d'ascenseur sont réparties de manière uniforme entre tous les copropriétaires, y compris le local à vélos en sous-sol, alors que la clef de répartition légale exige une différenciation selon l'étage. Cette situation date de 4 ans.

Application pratique:

En vertu de la jurisprudence de référence, la répartition contraire à l'article 10 est une clause réputée non écrite ; ainsi, l'action n'est pas prescrite. Les Martin peuvent donc contester cette délibération même plusieurs années après, en réunissant les preuves de l'iniquité (appels de fonds, règlement de copropriété). Ils doivent exiger du syndic une nouvelle répartition et, en cas de refus, saisir le juge pour faire constater le caractère non écrit de la clause et obtenir un remboursement du trop-perçu.

3

Propriétaire bailleur face à une exonération supprimée tardivement

Mme Lefort, propriétaire d'un duplex aux deux derniers étages à Bordeaux, bénéficiait d'une exonération partielle des charges d'ascenseur inscrite dans le règlement de copropriété. Lors d'une assemblée générale il y a 5 ans, cette exonération a été supprimée sans fondement légal. Elle ne songe à contester qu'aujourd'hui, pensant avoir perdu son droit d'agir.

Application pratique:

La Cour de cassation rappelle que toute disposition contraire aux règles impératives de répartition de l'article 10 est réputée non écrite et échappe au délai de prescription de l'article 42. Mme Lefort peut donc agir même 5 ans après, en démontrant que la suppression de l'exonération ne respecte pas le critère d'utilité. Elle doit envoyer une mise en demeure au syndic, puis assigner le syndicat des copropriétaires en nullité de la délibération et en répétition de l'indu.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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Avocat Maître Zakine, Docteur En Droit

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