Aller au contenu principal
Droit Immobilier

Encadrement des loyers 2026 : villes concernées et règles

📅 Décision du 07 novembre 2026⚖️ 📖 5 min de lecture

Encadrement des loyers en 2026 : villes concernées, plafonds, complément de loyer, sanctions et bons réflexes pour propriétaires, acheteurs et locataires.

Ce qui change en 2026 : l'encadrement des loyers à l'heure du bilan

L'encadrement des loyers est une expérimentation créée par la loi ELAN de 2018, puis prolongée par la loi 3DS de 2022. Dans les communes qui l'ont demandé, elle doit en principe s'achever fin novembre 2026, sauf décision du législateur de la prolonger ou de la rendre permanente. 2026 est donc l'année du bilan. Propriétaires, investisseurs et locataires ont tout intérêt à suivre ce dossier de près.

Les territoires concernés

À notre connaissance, le dispositif s'applique à Paris, à Lille (avec Hellemmes et Lomme), à Plaine Commune et Est Ensemble en Seine-Saint-Denis, à Lyon et Villeurbanne, à Montpellier, à Bordeaux et à plusieurs communes du Pays basque, dont Bayonne et Biarritz. Cette liste peut évoluer, notamment en fonction de la suite donnée à l'expérimentation. Vérifiez toujours la situation de votre commune sur le site de la préfecture ou de l'observatoire local des loyers.

Le mécanisme : loyer de référence, majoré et minoré

Chaque année, le préfet fixe par arrêté un loyer de référence au mètre carré. Il varie selon le quartier, le nombre de pièces, l'époque de construction et le caractère meublé ou non du logement. Deux seuils en découlent :

le loyer de référence majoré, égal au loyer de référence augmenté de 20 %, qui constitue le plafond ;

le loyer de référence minoré, égal au loyer de référence diminué de 30 %, qui sert de repère.

Le loyer de base du bail ne peut pas dépasser le loyer majoré. Une exception existe : le complément de loyer, admis pour des caractéristiques de localisation ou de confort exceptionnelles (terrasse remarquable, vue dégagée, prestations haut de gamme), à condition qu'elles ne soient pas déjà prises en compte dans le loyer de référence.

Le lien avec la performance énergétique

L'encadrement se cumule avec les règles du diagnostic de performance énergétique (DPE). Les logements classés F et G ne peuvent plus voir leur loyer augmenté en cours de bail ou à la relocation. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, et l'interdiction doit s'étendre aux logements classés F en 2028. Un mauvais DPE pèse donc à la fois sur le loyer et sur la possibilité même de louer.

Les conséquences pratiques

Pour les propriétaires bailleurs

Le bail doit mentionner le loyer de référence, le loyer de référence majoré et, le cas échéant, le montant et la justification du complément de loyer. En cas d'oubli ou d'erreur, le locataire peut contester. Le bailleur doit aussi vérifier le montant applicable à la date de signature du bail, car l'arrêté préfectoral est mis à jour chaque année. Lors d'un renouvellement, une révision à la baisse peut être demandée si le loyer dépasse le loyer majoré.

Pour les acheteurs et investisseurs

Avant d'acheter un bien destiné à la location, calculez la rentabilité à partir du loyer plafonné, et non du loyer pratiqué par l'ancien propriétaire ou affiché dans les annonces. Un appartement loué au-dessus du plafond peut voir son loyer ramené à la baisse. Intégrez aussi le coût de travaux énergétiques si le DPE est médiocre : ils conditionnent la location future et peuvent être décisifs dans la négociation du prix.

Pour les locataires

Le locataire peut vérifier que son loyer respecte le plafond en consultant les loyers de référence de sa commune. En cas de dépassement, il peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge, pour obtenir une diminution du loyer et, selon les cas, le remboursement du trop-perçu. Les délais de prescription et les conditions varient selon la situation, d'où l'intérêt de ne pas attendre.

Les pièges à éviter

Le premier piège est le complément de loyer injustifié. Il est souvent utilisé comme un contournement du plafond. Il doit reposer sur des éléments objectifs, décrits précisément dans le bail, et le locataire peut le contester dans un délai limité après la signature.

Deuxième piège : se fier à une surface approximative. Le loyer étant calculé au mètre carré, une surface habitable erronée fausse tout le calcul. La mesure doit être rigoureuse, d'autant plus qu'une surface surévaluée peut se retourner contre le bailleur.

Troisième piège : la mauvaise qualification du logement. Meublé ou non, nombre de pièces, époque de construction : une erreur de catégorie conduit à un mauvais loyer de référence, donc à un loyer potentiellement irrégulier.

Quatrième piège : sous-estimer les sanctions. En cas de non-respect, le préfet peut mettre en demeure le bailleur et prononcer une amende pouvant atteindre 5 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale. Le litige peut aussi se conclure par une baisse de loyer rétroactive.

Enfin, ne supposez pas que votre ville est concernée ou non : un territoire voisin peut être soumis à l'encadrement, et ailleurs d'autres règles de zone tendue (loyer à la relocation, révision annuelle) s'appliquent. Vérifiez commune par commune.

Quand consulter un professionnel

Faites-vous accompagner avant de signer ou de renouveler un bail dans une commune concernée, si vous recevez une contestation de loyer ou une mise en demeure, ou si vous êtes locataire et pensez payer un loyer trop élevé. Un avocat en droit immobilier vérifie la conformité du bail, calcule le loyer applicable et engage ou défend la procédure. Un expert bâtiment indépendant mesure la surface, évalue l'état du logement, ses désordres et les travaux nécessaires pour améliorer son DPE : des éléments utiles pour justifier un complément de loyer, préparer une acquisition ou appuyer un dossier.

Pour toute question sur votre situation, Me Cécile Zakine (volet juridique) et Cassini Expertise (volet technique) vous répondent à Antibes et partout en France.

Informations juridiques

  • Juridiction:
Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

Prendre rendez-vous →

Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

★★★★★4.9/5 — Avis Google

Une réponse plus précise sur votre situation ?

Consultez Maître Zakine — avocate, Docteur en Droit. Réponse rapide et claire sur votre situation.

Prendre rendez-vous →☎ 06 21 69 91 77

🔒 Confidentiel · Sans engagement

📬 Recevez les nouvelles jurisprudences

Une analyse juridique par semaine, directement dans votre boîte mail. Gratuit, sans spam.

🔒 Désinscription en 1 clic · Vos données restent en France

★★★★★4.9/5 — Avis Google

Un litige ? Une question juridique ?

Consultation vidéo avec Maître Zakine, Docteur en Droit — réponse sous 24h

Faites une visio : 1ère consultation 30 min = 45 €
Consultation 30 min en visio 45 €

🔒 Confidentiel • Sans engagement • Réponse rapide