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Notaire : quand son devoir de conseil est en cause
Droit Immobilier

Notaire : quand son devoir de conseil est en cause

📅 Décision du 21 mai 1990⚖️ Cour de cassation👁️ 6 vues📖 2 min de lecture

Il appartient au notaire qui reçoit l'acte authentique de vente d'un immeuble d'informer l'acheteur de cet immeuble que, selon la loi fiscale, le paiement de la TVA incombe au vendeur, sauf accord exprès des parties quant à la charge définitive de la taxe. Il s'ensuit qu'encourt la cassation l'arrêt qui, pour débouter l'acheteur d'un immeuble de son action en responsabilité dirigée contre un notaire sur le fondement d'un manquement de celui-ci à un tel devoir de conseil, retient que la promesse de vente de cet immeuble contenait une clause pouvant s'interpréter comme signifiant, ainsi qu'il est d'usage en matière de vente d'immeubles, que le vendeur entendait obtenir un prix net de toutes charges, l'existence d'un tel usage étant corroboré par les dispositions de l'article 1593 du Code civil selon lequel " les frais d'acte et autres accessoires à la vente sont à la charge de l'acheteur ", alors que l'accord exprès des parties quant à la charge définitive de la taxe ne résultait pas des termes de la promesse de vente et que l'article 1593 du Code civil ne pouvait recevoir application, la TVA étant un élément qui grève le prix convenu avec le client et non un accessoire du prix.

Décision de référence : cc • N° 87-11.806 • 1990-05-21 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Il appartient au notaire qui reçoit l'acte authentique de vente d'un immeuble d'informer l'acheteur de cet immeuble que, selon la loi fiscale, le paiement de la TVA incombe au vendeur, sauf accord exprès des parties quant à la charge définitive de la taxe. Il s'ensuit qu'encourt la cassation l'arrêt qui, pour débouter l'acheteur d'un immeuble de son action en responsabilité dirigée contre un notaire sur le fondement d'un manquement de celui-ci à un tel devoir de conseil, retient que la promesse de vente de cet immeuble contenait une clause pouvant s'interpréter comme signifiant, ainsi qu'il est d'usage en matière de vente d'immeubles, que le vendeur entendait obtenir un prix net de toutes charges, l'existence d'un tel usage étant corroboré par les dispositions de l'article 1593 du Code civil selon lequel " les frais d'acte et autres accessoires à la vente sont à la charge de l'acheteur ", alors que l'accord exprès des parties quant à la charge définitive de la taxe ne résultait pas des termes de la promesse de vente et que l'article 1593 du Code civil ne pouvait recevoir application, la TVA étant un élément qui grève le prix convenu avec le client et non un accessoire du prix.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 87-11.806
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 21 mai 1990

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Achat d'un appartement neuf : la TVA surprise

Marie, jeune cadre à Lyon, achète un appartement neuf en VEFA à 300 000 €. Le contrat prévoit que le prix s'entend 'net de toutes charges'. La notaire ne l'informe pas que, légalement, la TVA (20%) est due par le promoteur. Après la vente, le promoteur lui réclame 60 000 € de TVA.

Application pratique:

Selon la jurisprudence, le notaire a manqué à son devoir de conseil en n'informant pas Marie que la TVA incombe au vendeur sauf accord exprès. Marie doit contester cette demande en rappelant que la clause 'net de toutes charges' ne constitue pas un accord exprès pour mettre la TVA à sa charge. Elle peut engager la responsabilité du notaire pour obtenir réparation du préjudice subi.

2

Acquisition d'un local commercial : qui paie la TVA ?

La SCI Durand, basée à Marseille, achète un entrepôt pour 500 000 € auprès d'un marchand de biens assujetti à la TVA. L'acte notarié mentionne un prix 'hors droits et taxes'. Après la vente, l'administration fiscale réclame 100 000 € de TVA à la SCI, le vendeur étant défaillant.

Application pratique:

Le notaire aurait dû conseiller la SCI sur le risque de devoir acquitter la TVA en l'absence d'accord exprès. La SCI peut opposer à l'administration que la TVA est due par le vendeur, et si elle a dû payer, elle peut se retourner contre le notaire pour manquement au devoir de conseil si le préjudice est établi. Il est impératif de négocier une clause expresse sur la charge définitive de la TVA avant la signature.

3

Vente d'un immeuble de rapport : litige sur la TVA

M. Martin, propriétaire à Bordeaux, vend un appartement meublé à usage de location saisonnière pour 250 000 €. Le bien est soumis à la TVA car il exerce une activité para-commerciale. La promesse de vente stipule que le prix est 'net vendeur'. Après la vente, l'acheteur reçoit un redressement de TVA de 50 000 €.

Application pratique:

Le notaire doit informer l'acheteur que la TVA est en principe à la charge du vendeur. Si l'acheteur doit payer, il peut se retourner contre le vendeur pour répétition de l'indu si aucun accord exprès n'a été conclu. Il peut également engager la responsabilité du notaire pour défaut de conseil. Pour éviter ce litige, les parties doivent rédiger une clause claire attribuant la charge fiscale.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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