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Condition de caractère : quand s'applique-t-elle ?
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Condition de caractère : quand s'applique-t-elle ?

📅 Décision du 05 décembre 2018⚖️ Cour de cassation👁️ 6 vues📖 2 min de lecture

La condition tenant au caractère confiscable, selon le droit français, du bien concerné par la demande d'entraide, posée par l'article 713-37, 2°, du code de procédure pénale, qui vise à écarter l'exécution d'une décision étrangère de confiscation contraire aux règles en vigueur sur le territoire national, s'apprécie au regard des règles applicables à la date où la juridiction française saisie de la demande statue. N'encourt pas la censure l'arrêt qui, se fondant sur les dispositions de l'article 131-21 du code de procédure pénale en vigueur à la date où la cour d'appel a statué, a autorisé, après avoir vérifié que les conditions étaient réunies, l'exécution en France d'une confiscation en valeur ordonnée par une juridiction étrangère sur un immeuble dont le condamné n'était pas propriétaire, mais avait la libre disposition

Décision de référence : cc • N° 17-86.695 • 2018-12-05 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

La condition tenant au caractère confiscable, selon le droit français, du bien concerné par la demande d'entraide, posée par l'article 713-37, 2°, du code de procédure pénale, qui vise à écarter l'exécution d'une décision étrangère de confiscation contraire aux règles en vigueur sur le territoire national, s'apprécie au regard des règles applicables à la date où la juridiction française saisie de la demande statue. N'encourt pas la censure l'arrêt qui, se fondant sur les dispositions de l'article 131-21 du code de procédure pénale en vigueur à la date où la cour d'appel a statué, a autorisé, après avoir vérifié que les conditions étaient réunies, l'exécution en France d'une confiscation en valeur ordonnée par une juridiction étrangère sur un immeuble dont le condamné n'était pas propriétaire, mais avait la libre disposition

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
  • Anticipez : un conseil préventif coûte toujours moins cher qu'un litige

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Informations juridiques

  • Numéro: 17-86.695
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 05 décembre 2018

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire d'un bien saisi à Lyon

Un propriétaire lyonnais, Jean, a acheté un appartement à Lyon (3e arrondissement) en 2015 pour 200 000 €. En 2023, il apprend que l'ancien occupant, condamné pour trafic de stupéfiants, fait l'objet d'une confiscation en valeur ordonnée par un tribunal belge. Le bien est visé car l'occupant en avait la libre disposition.

Application pratique:

Cette décision de la Cour de cassation précise que la confiscation en valeur d'un bien dont le condamné n'est pas propriétaire mais a la libre disposition peut être exécutée en France si les conditions légales sont réunies. Jean doit immédiatement consulter un avocat pour vérifier s'il peut contester la décision étrangère. Il doit rassembler tous les documents prouvant sa propriété (acte de vente, titre de propriété) et démontrer qu'il n'a pas facilité la libre disposition du bien par le condamné. Il est conseillé de saisir la juridiction française compétente dans les délais pour faire valoir ses droits.

2

Acquéreur d'un immeuble à Bordeaux

Sophie, première acheteuse, a signé un compromis de vente pour un immeuble à Bordeaux (quartier Saint-Michel) pour 350 000 €. Le vendeur est un particulier, mais l'immeuble a été utilisé par un tiers condamné pour blanchiment d'argent en Italie. Une demande d'entraide judiciaire vise à confisquer la valeur de l'immeuble.

Application pratique:

La décision rappelle que le caractère confiscable du bien s'apprécie à la date où le juge français statue. Sophie doit vérifier que le vendeur est bien le propriétaire légitime et que le tiers condamné n'avait pas la libre disposition du bien. Elle peut demander une garantie d'éviction dans l'acte de vente. Avant de signer l'acte authentique, elle doit consulter un avocat pour analyser les risques et, si nécessaire, suspendre la vente jusqu'à ce que la situation soit clarifiée par la justice française.

3

Copropriétaire en litige à Paris

Mme Dupont, copropriétaire dans un immeuble parisien (16e arrondissement), est en conflit avec un autre copropriétaire, M. Durand. Ce dernier a été condamné en Espagne pour fraude fiscale et une décision espagnole ordonne la confiscation en valeur de son lot, qu'il loue. Mme Dupont craint que la copropriété ne soit impactée.

Application pratique:

La jurisprudence de la Cour de cassation confirme que la confiscation en valeur peut porter sur un bien dont le condamné a la libre disposition, même s'il n'en est pas propriétaire. Mme Dupont doit informer le syndic de la situation. Le syndic devra vérifier les droits de M. Durand sur le lot et, si nécessaire, bloquer les loyers versés à M. Durand. La copropriété peut se constituer partie civile pour protéger ses intérêts. Il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit immobilier pour évaluer les risques et les recours possibles.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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