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Droit Immobilier

Le preneur, sauf condition expresse

📅 Décision du 13 Juli 1994⚖️ Cour de cassation📖 2 min de lecture

Le preneur, sauf condition expresse figurant au bail, n'est pas tenu, lorsque le renouvellement du bail commercial lui a été refusé, de rester dans les lieux jusqu'au paiement de l'indemnité d'éviction.

Décision de référence : cc • N° 92-10.536 • 1994-07-13 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Le preneur, sauf condition expresse figurant au bail, n'est pas tenu, lorsque le renouvellement du bail commercial lui a été refusé, de rester dans les lieux jusqu'au paiement de l'indemnité d'éviction.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 92-10.536
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 13 juillet 1994

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Boulanger à Lyon confronté au non-renouvellement du bail

M. Martin, boulanger à Lyon, voit le bail commercial de son local de 80 m² arriver à expiration après 9 ans. Le propriétaire refuse le renouvellement sans proposer d'indemnité d'éviction. M. Martin souhaite déménager rapidement vers un local plus grand, mais craint de perdre son droit à indemnité s'il quitte les lieux avant d'être payé.

Application pratique:

La décision de 1994 confirme que le locataire n'est pas obligé de rester dans les lieux jusqu'au paiement de l'indemnité d'éviction, sauf clause expresse contraire dans le bail. M. Martin peut donc quitter le local dès maintenant sans renoncer à son indemnité. Il doit vérifier son bail pour s'assurer qu'aucune clause n'impose de rester, puis notifier son départ au propriétaire par lettre recommandée avec accusé de réception. Il conservera tous les justificatifs (état des lieux, courriers) pour appuyer sa demande d'indemnité auprès du propriétaire ou du tribunal.

2

SCI bordelaise face au départ anticipé du locataire

La SCI des Chartrons, propriétaire d'un local commercial à Bordeaux loué à un restaurant depuis 12 ans, refuse le renouvellement du bail. Le locataire annonce son départ immédiat pour un autre emplacement, sans attendre le versement de l'indemnité d'éviction. La SCI pense ne pas devoir payer l'indemnité car le local est libéré plus tôt que prévu.

Application pratique:

La jurisprudence rappelle que le locataire a le droit de quitter les lieux dès le refus de renouvellement, sans que cela supprime l'obligation du bailleur de payer l'indemnité d'éviction. La SCI ne peut donc pas conditionner le paiement à l'occupation continue du local par le locataire. Elle doit provisionner le montant de l'indemnité (souvent équivalente à la valeur du fonds de commerce) et engager des discussions avec le locataire pour en fixer le montant. Si un accord n'est pas trouvé, le juge de l'expropriation pourra être saisi pour déterminer l'indemnité.

3

Acquéreur d'un fonds de commerce à Paris

Mme Dubois envisage d'acheter un café situé rue de la Roquette à Paris. Le bail commercial du local arrive à échéance dans 6 mois et le propriétaire a déjà notifié son refus de renouvellement. Le vendeur affirme qu'il doit rester dans les lieux jusqu'au paiement de l'indemnité d'éviction, ce qui retarderait la prise de possession par Mme Dubois.

Application pratique:

Cette décision écarte l'obligation pour le preneur de rester dans les lieux en attendant l'indemnité, sauf clause expresse du bail. Mme Dubois peut donc acquérir le fonds de commerce et prendre possession des locaux dès la signature, sans attendre le règlement de l'indemnité au vendeur. Elle doit toutefois vérifier le bail original pour identifier toute clause contraire, puis intégrer cette information dans la négociation du prix de cession. Il est recommandé de faire rédiger l'acte par un notaire ou avocat pour sécuriser le transfert du droit au bail et de l'indemnité.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

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