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Tribunaux judiciaires : quelles compétences en immobilier ?
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Tribunaux judiciaires : quelles compétences en immobilier ?

📅 Décision du 25 janvier 2017⚖️ Cour de cassation👁️ 7 vues📖 3 min de lecture

Les tribunaux judiciaires ont compétence pour se prononcer tant sur les dommages-intérêts à allouer aux tiers lésés par le voisinage d'une installation classée pour la protection de l'environnement que sur les mesures propres à faire cesser le préjudice que cette installation pourrait causer dans l'avenir, à condition que ces mesures ne contrarient pas les prescriptions édictées par l'administration en vertu des pouvoirs de police spéciale qu'elle détient. Le principe de la séparation des autorités administratives et judiciaires s'oppose, en effet, à ce que le juge judiciaire substitue sa propre appréciation à celle que l'autorité administrative a portée sur les dangers ou inconvénients que peuvent présenter ces installations, soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. Dès lors, c'est à bon droit qu'une cour d'appel a relevé d'office l'incompétence de la juridiction judiciaire pour connaître d'une demande tendant à obtenir l'enlèvement d'éoliennes, au motif que leur implantation et leur fonctionnement seraient à l'origine d'un préjudice visuel et esthétique et de nuisances sonores

Décision de référence : cc • N° 15-25.526 • 2017-01-25 • Consulter la décision →

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La situation

Les tribunaux judiciaires ont compétence pour se prononcer tant sur les dommages-intérêts à allouer aux tiers lésés par le voisinage d'une installation classée pour la protection de l'environnement que sur les mesures propres à faire cesser le préjudice que cette installation pourrait causer dans l'avenir, à condition que ces mesures ne contrarient pas les prescriptions édictées par l'administration en vertu des pouvoirs de police spéciale qu'elle détient. Le principe de la séparation des autorités administratives et judiciaires s'oppose, en effet, à ce que le juge judiciaire substitue sa propre appréciation à celle que l'autorité administrative a portée sur les dangers ou inconvénients que peuvent présenter ces installations, soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. Dès lors, c'est à bon droit qu'une cour d'appel a relevé d'office l'incompétence de la juridiction judiciaire pour connaître d'une demande tendant à obtenir l'enlèvement d'éoliennes, au motif que leur implantation et leur fonctionnement seraient à l'origine d'un préjudice visuel et esthétique et de nuisances sonores

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 15-25.526
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 25 janvier 2017

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Voisin d'un élevage industriel de porcs

M. Dupont habite à 200 mètres d'un élevage porcin classé ICPE à Plouguenast (Côtes-d'Armor). Depuis l'extension de l'élevage, il subit des odeurs insupportables et des nuisances sonores (ventilateurs) qui l'empêchent d'ouvrir ses fenêtres en été. Il souhaite obtenir la cessation de ces troubles.

Application pratique:

Cette décision rappelle que le juge judiciaire peut allouer des dommages-intérêts mais ne peut pas ordonner la suppression des installations si celles-ci respectent les prescriptions administratives. M. Dupont doit donc : 1) vérifier que l'élevage respecte son arrêté préfectoral (consulter la DREAL), 2) si oui, se concentrer sur une demande de dommages-intérêts pour trouble anormal de voisinage, 3) si non, saisir le tribunal administratif pour faire respecter les prescriptions, et 4) parallèlement, négocier des mesures compensatoires (ex : plantation d'arbres, isolation phonique) que le juge judiciaire ne peut imposer.

2

Propriétaire d'un terrain près d'éoliennes

Mme Martin, propriétaire d'une maison de campagne à Saint-Florent-sur-Cher (Cher), a vu s'implanter un parc éolien à 400 mètres de chez elle. Elle subit des nuisances visuelles (effet stroboscopique) et sonores (bruit des pales). Elle a assigné l'exploitant en justice pour obtenir le démantèlement des éoliennes.

Application pratique:

La Cour de cassation confirme que le juge judiciaire est incompétent pour ordonner l'enlèvement d'éoliennes si leur exploitation respecte les prescriptions administratives (autorisation ICPE). Mme Martin doit donc : 1) consulter l'arrêté préfectoral d'autorisation, 2) si les nuisances dépassent les normes, saisir le tribunal administratif en référé pour faire cesser les infractions, 3) si les normes sont respectées, se tourner vers le juge judiciaire uniquement pour obtenir des dommages-intérêts (trouble anormal de voisinage), et 4) envisager une médiation avec l'exploitant pour des mesures compensatoires (isolation, rachat du bien) que le juge ne peut imposer.

3

Copropriétaire victime d'infiltrations d'une ICPE

La copropriété 'Les Alizés' à Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône) subit des infiltrations d'eau depuis l'installation d'une usine de traitement de minerais classée ICPE voisine. Les murs se fissurent et les sous-sols sont inondés. Le syndic a assigné l'exploitant en justice pour obtenir la réparation des désordres et la mise en place d'un système d'étanchéité.

Application pratique:

Le juge judiciaire peut ordonner des mesures pour faire cesser le préjudice futur, à condition qu'elles ne contredisent pas les prescriptions administratives. Le syndic doit donc : 1) obtenir une expertise judiciaire pour déterminer l'origine exacte des infiltrations, 2) vérifier si l'exploitant respecte son arrêté préfectoral (notamment les prescriptions en matière d'eaux pluviales), 3) si oui, demander au juge judiciaire des travaux de confortement (ex : drain, cuvelage) qui ne modifient pas l'installation ICPE, 4) si non, saisir le tribunal administratif pour faire respecter les prescriptions, et 5) en parallèle, solliciter des dommages-intérêts pour le préjudice subi (frais de réfection, perte de jouissance).

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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