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Droit Immobilier

L'existence d'un chemin d'exploitation

📅 Décision du 03 octobre 2007⚖️ Cour de cassation📖 1 min de lecture

L'existence d'un chemin d'exploitation n'est pas liée au fait que le chemin soit praticable en voiture

Décision de référence : cc • N° 06-18.107 • 2007-10-03 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

L'existence d'un chemin d'exploitation n'est pas liée au fait que le chemin soit praticable en voiture

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 06-18.107
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 03 octobre 2007

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Acheteur découvrant un chemin de terre non carrossable

À son acquisition d'une maison à Annecy (Haute-Savoie) en 2023, un primo-accédant constate qu'un sentier de terre large de 1,5 mètre traverse son terrain. Les voisins l'empruntent à pied pour rejoindre leurs vergers, mais le nouveau propriétaire pense que ce n'est pas un chemin d'exploitation car inaccessible en voiture.

Application pratique:

La décision de la Cour de cassation du 3 octobre 2007 confirme que l'existence d'un chemin d'exploitation ne dépend pas de sa praticabilité en voiture. Même étroit et non carrossable, ce sentier peut constituer un chemin d'exploitation si son usage est lié à l'exploitation des fonds riverains. Le nouveau propriétaire doit donc vérifier l'usage réel du chemin, consulter les titres de propriété et éventuellement saisir un notaire pour établir la nature juridique du passage. Il ne doit pas entraver ce passage sans certitude juridique, sous peine de procès.

2

Bailleur agricole contestant un accès piéton

Propriétaire de 2 hectares de terres agricoles à Beaune (Côte-d'Or), un bailleur souhaite louer ses parcelles à un maraîcher. Un chemin de terre traversant son terrain est utilisé depuis des décennies par les agriculteurs voisins pour accéder à leurs champs, uniquement à pied ou avec des engins légers, car trop étroit pour un tracteur. Le bailleur estime qu'il ne s'agit pas d'un chemin d'exploitation faute de circulation automobile.

Application pratique:

Selon la jurisprudence (Cass. 3e civ., 3 oct. 2007, n° 06-18.107), la qualité de chemin d'exploitation n'exige pas que le passage soit carrossable. Ce chemin de terre, même impraticable en voiture, est un chemin d'exploitation dès lors qu'il sert à la communication entre fonds ruraux ou à leur exploitation. Le bailleur doit intégrer cette servitude dans le bail rural, préciser l'usage autorisé aux voisins, et ne pas tenter de supprimer le passage, au risque d'une action en justice. Il est conseillé de formaliser les accords de passage avec les voisins.

3

Indivisaire bloquant un sentier rural non carrossable

Deux sœurs héritent en indivision d'une ferme à Uzès (Gard) comprenant un petit chemin de 2 mètres de large qui mène à un puits et à un champ voisin. L'une veut clôturer ce chemin car il n'est utilisé qu'à pied et jamais par des véhicules, arguant qu'il ne s'agit pas d'un chemin d'exploitation. L'autre sœur s'y oppose, affirmant que ce chemin est indispensable à l'exploitation agricole des terres voisines.

Application pratique:

La Cour de cassation a jugé que l'existence d'un chemin d'exploitation n'est pas liée au fait que le chemin soit praticable en voiture. Ici, le chemin sert à l'exploitation (accès au puits, passage vers un champ) et constitue donc un chemin d'exploitation, même non carrossable. L'indivisaire qui souhaite le fermer doit s'abstenir : tout obstacle pourrait entraîner une action en référé pour rétablir le passage. En cas de désaccord persistant, le recours à un médiateur ou à un avocat spécialisé est recommandé pour éviter un litige coûteux.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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