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Nichtigkeit eines Kaufvorvertrags ohne Flächenangabe: das Urteil des Kassationsgerichts vom 22. November 2018

📅 Décision du 22 November 2018⚖️ Cour de cassation👁️ 5 vues📖 4 min de lecture

Der Kassationshof stellt klar, dass das Fehlen der Flächenangabe in einem Kaufvorvertrag nicht durch die bloße Unterzeichnung eines nicht dem Vertrag beigefügten Messzertifikats geheilt werden kann. Nur der notarielle Kaufvertrag kann das Recht auf Nichtigkeitsklage verwirken. Eine Entscheidung, die die Erwerber schützt.

Décision de référence : cc • N° 17-23.366 • 2018-11-22 • Consulter la décision →

Imaginez : vous signez un compromis de vente pour un appartement à Marchiennes, près de Douai. Le notaire vous remet un document, vous le signez sans trop vérifier. Quelques mois plus tard, vous découvrez que la superficie mentionnée n'est pas la bonne — ou pire, qu'elle n'est même pas indiquée dans le compromis. Que faire ? Cette question, des centaines d'acquéreurs se la posent chaque année, sans savoir que la réponse tient dans un arrêt de la Cour de cassation du 22 novembre 2018.

Car oui, la loi du 10 juillet 1965 (loi Carrez) impose que toute promesse de vente d'un lot de copropriété mentionne la superficie de la partie privative. Si ce n'est pas le cas, l'acquéreur peut demander la nullité de la promesse. Mais attention : certains vendeurs tentent de régulariser a posteriori en faisant signer un certificat de mesurage. Est-ce suffisant ? La Cour de cassation répond non, et elle le dit clairement dans cet arrêt.

Cette décision est un garde-fou pour les acquéreurs. Elle rappelle que le droit à la nullité ne s'éteint que par la signature de l'acte authentique de vente, pas par un simple additif. Une leçon à méditer pour tous ceux qui signent un compromis sans vérifier la superficie, surtout dans des villes comme Somain ou Marchiennes où les transactions immobilières sont nombreuses.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

En décembre 2013, des acquéreurs signent un compromis de vente pour acheter des lots de copropriété à Marchiennes. Le problème ? Ce compromis ne mentionne pas la superficie des lots, comme l'exige la loi Carrez. Les vendeurs, de leur côté, avaient fait établir un certificat de mesurage par un géomètre, mais ce certificat n'était ni annexé au compromis ni daté. Les acquéreurs l'avaient simplement signé, avec la mention « pris connaissance », à côté du représentant des vendeurs.

Quelques mois plus tard, les acquéreurs changent d'avis et demandent la nullité du compromis, invoquant l'absence de superficie. Les vendeurs résistent : selon eux, la signature du certificat de mesurage valait régularisation. Le certificat, disent-ils, formait avec le compromis un « ensemble indissociable ». La cour d'appel de Douai leur donne raison en 2017, rejetant la demande de nullité. Mais les acquéreurs ne s'arrêtent pas là : ils se pourvoient en cassation.

Devant la Cour de cassation, la question est simple : un certificat de mesurage signé après le compromis, sans être annexé ni daté, peut-il régulariser l'absence de superficie ? La Haute Juridiction répond par la négative. Elle casse l'arrêt de la cour d'appel, estimant que celle-ci n'a pas caractérisé la volonté des acquéreurs de régulariser. En clair, une signature sur un document séparé ne suffit pas à couvrir le vice initial.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

Le fondement légal de cette affaire est l'article 46 de la loi du 10 juillet 1965 (loi Carrez), qui dispose que toute promesse de vente d'un lot de copropriété doit mentionner la superficie de la partie privative. À défaut, l'acquéreur peut demander la nullité de la promesse. Mais ce droit n'est pas éternel : il s'éteint (on parle de « déchéance ») lorsque l'acte authentique de vente est signé, à condition que cet acte mentionne la superficie.

Dans cette affaire, la cour d'appel avait estimé que la signature du certificat de mesurage par les acquéreurs valait régularisation conventionnelle, rendant le compromis valable. Elle s'appuyait sur le fait que le certificat et le compromis formaient un tout indissociable. Mais la Cour de cassation ne l'entend pas ainsi. Elle rappelle que seule la signature de l'acte authentique peut déchoir le droit à la nullité. Un simple additif, même signé, ne suffit pas, surtout s'il n'est pas intégré au compromis de manière formelle (annexion, mention de l'additif dans l'acte).

La Cour insiste sur un point : la volonté de régulariser doit être caractérisée. Or, en l'espèce, le certificat n'était pas daté, et rien ne prouvait que les acquéreurs avaient entendu couvrir l'absence de superficie. En conclusion, la nullité du compromis est maintenue. C'est une confirmation de la jurisprudence antérieure : la protection de l'acquéreur est renforcée, et les vendeurs ne peuvent pas se contenter d'une régularisation « à la va-vite ».

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour les acquéreurs, cette décision est une bonne nouvelle : si le compromis que vous signez ne mentionne pas la superficie, vous pouvez demander sa nullité jusqu'à la signature de l'acte authentique. Et ce, même si le vendeur vous fait signer un certificat de mesurage après coup. Exemple : vous achetez un lot à Somain. Le compromis ne dit rien sur la superficie. Le vendeur vous présente un certificat de mesurage que vous signez, mais sans date ni lien avec le compromis. Vous pouvez encore agir en nullité. Attention, le délai pour agir est de 5 ans à compter de la signature du compromis (délai de droit commun), mais il est prudent d'agir avant l'acte authentique.

Pour les vendeurs, la leçon est claire : ne négligez pas la mention de la superficie dans le compromis. Si vous l'avez oubliée, une régularisation par additif doit être faite avec soin : mention expresse dans le compromis que l'additif en fait partie intégrante, date, signature des deux parties. Sinon, vous risquez de voir la vente annulée, avec tous les frais à votre charge (frais de notaire, d'agence, etc.).

Pour les notaires et agents immobiliers, cette décision rappelle l'importance de la rédaction des avant-contrats. Un compromis mal rédigé peut entraîner des années de procédure. À

Questions fréquentes

Puis-je demander la nullité d'une promesse de vente si la superficie n'est pas mentionnée ?

Oui, l'article 46 de la loi du 10 juillet 1965 impose de mentionner la superficie des lots dans toute promesse de vente. À défaut, l'acquéreur peut demander la nullité dans un délai de 5 ans à compter de la signature de la promesse.

Que faire si le vendeur me fait signer un certificat de mesurage après le compromis ?

Cette signature ne régularise pas automatiquement l'absence de superficie. Selon l'arrêt du 22 novembre 2018, seule la signature de l'acte authentique de vente, mentionnant la superficie, fait perdre le droit d'agir en nullité.

Quel est le délai pour agir en nullité d'une promesse de vente ?

Le délai de prescription est de 5 ans à compter de la signature de la promesse. Il est recommandé d'agir avant la signature de l'acte authentique, car celle-ci peut éteindre le droit à la nullité si la superficie y est mentionnée.

Un additif signé après le compromis peut-il régulariser l'absence de superficie ?

Oui, mais à condition qu'il soit formellement intégré au compromis (annexion, mention expresse) et daté. La simple signature d'un certificat de mesurage non annexé ne suffit pas, comme le rappelle la Cour de cassation.

Quels sont les risques pour le vendeur en cas d'omission de la superficie ?

Le vendeur s'expose à une action en nullité de la promesse, ce qui peut entraîner l'annulation de la vente et des dommages-intérêts. Il doit donc s'assurer que la superficie est mentionnée dès le compromis.

Informations juridiques

  • Numéro: 17-23.366
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 22 novembre 2018

Mots-clés

promesse de ventesuperficie CarreznullitéCour de cassationloi 1965

Cas d'usage pratiques

1

Acquéreur d'un lot à Somain sans superficie dans le compromis

Vous signez un compromis pour un appartement à Somain. Le document ne mentionne pas la superficie. Le vendeur vous fait signer un certificat de mesurage non daté, quelques jours après. Vous vous interrogez sur la validité du compromis.

Application pratique:

Vous pouvez demander la nullité du compromis, car le certificat de mesurage n'est pas annexé à l'acte et n'est pas daté. La Cour de cassation a jugé que cela ne constitue pas une régularisation valable. Consultez un avocat pour engager une action avant l'acte authentique.

2

Vendeur à Marchiennes souhaitant régulariser un compromis défectueux

Vous vendez un lot à Marchiennes. Le compromis a été signé sans mention de la superficie. Vous voulez régulariser la situation en faisant signer un additif aux acquéreurs.

Application pratique:

Rédigez un avenant formel au compromis, mentionnant la superficie, daté et signé par les deux parties. Intégrez-le au compromis par une clause expresse. Ne vous contentez pas d'un certificat de mesurage séparé, car il pourrait être jugé insuffisant.

3

Notaire à Douai confronté à un compromis sans superficie

En tant que notaire, vous rédigez un compromis de vente pour un lot à Douai. Vous oubliez d'y mentionner la superficie. Les parties signent. Vous découvrez l'erreur quelques jours plus tard.

Application pratique:

Faites signer un avenant rectificatif aux parties, en veillant à ce qu'il soit daté et fasse référence explicite au compromis initial. Expliquez aux parties que cela régularise l'acte. Conservez une copie de l'avenant dans le dossier.

CZ

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit, spécialisée en droit immobilier et foncier. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par Maître Zakine.

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Rechtsanwältin Maître Zakine, Doktor der Rechtswissenschaften

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