Aller au contenu principal
Prescription extinctive : peut-on être poursuivi après 20 ans ?
Droit-immobilier

Prescription extinctive : peut-on être poursuivi après 20 ans ?

📅 Décision du 01 octobre 2020⚖️ Cour de cassation👁️ 15 vues📖 3 min de lecture

L'article 2232, alinéa 1, du code civil, issu de la loi du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile, dispose que le report du point de départ, la suspension ou l'interruption de la prescription ne peut avoir pour effet de porter le délai de la prescription extinctive au-delà de vingt ans à compter du jour de la naissance du droit ; il résulte de son rapprochement avec l'article 2224 du même code, selon lequel les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer, que le législateur a, dans un souci de sécurité juridique, en contrepartie d'un point de départ "glissant" pour l'exercice de l'action, enserré l'exercice du droit dans un délai fixé à vingt ans. Ayant relevé que le point de départ de l'action en garantie des vices cachés exercée par le dernier acquéreur d'un immeuble contre le vendeur d'origine avait été reporté au jour où celui-ci avait eu connaissance du vice dans toute son ampleur, une cour d'appel a exactement retenu que le jour de la naissance du droit, au sens de l'article 2232 du code civil, devait être fixé au jour du contrat, qui consacrait l'obligation à la garantie des vices cachés du vendeur

Décision de référence : cc • N° 19-16.986 • 2020-10-01 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

L'article 2232, alinéa 1, du code civil, issu de la loi du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile, dispose que le report du point de départ, la suspension ou l'interruption de la prescription ne peut avoir pour effet de porter le délai de la prescription extinctive au-delà de vingt ans à compter du jour de la naissance du droit ; il résulte de son rapprochement avec l'article 2224 du même code, selon lequel les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer, que le législateur a, dans un souci de sécurité juridique, en contrepartie d'un point de départ "glissant" pour l'exercice de l'action, enserré l'exercice du droit dans un délai fixé à vingt ans. Ayant relevé que le point de départ de l'action en garantie des vices cachés exercée par le dernier acquéreur d'un immeuble contre le vendeur d'origine avait été reporté au jour où celui-ci avait eu connaissance du vice dans toute son ampleur, une cour d'appel a exactement retenu que le jour de la naissance du droit, au sens de l'article 2232 du code civil, devait être fixé au jour du contrat, qui consacrait l'obligation à la garantie des vices cachés du vendeur

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

Besoin d'un conseil personnalisé ? Contactez Maître Zakine — première consultation 30 min à 45€.

Pour une analyse de votre situation : consultation 30 min à 45€ avec Maître Zakine.

Informations juridiques

  • Numéro: 19-16.986
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 01 octobre 2020

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Acheteur découvre un vice caché après 10 ans

En 2014, Paul achète une maison à Bordeaux. En 2024, il découvre une grave infiltration d'eau due à un défaut de construction dissimulé par le vendeur initial. Il veut agir contre le vendeur d'origine.

Application pratique:

L'action en garantie des vices cachés se prescrit par 5 ans à compter de la découverte du vice. Mais le délai butoir de 20 ans court à partir du contrat de vente initial (2014). Ici, 10 ans se sont écoulés, donc l'action est encore possible (20 ans - 10 ans = 10 ans restants). Paul doit agir rapidement et consulter un avocat pour engager une action avant 2034.

2

Locataire victime d'un trouble de jouissance ancien

Sophie loue un appartement à Lyon depuis 2015. En 2023, elle constate que le voisin du dessus provoque des nuisances sonores répétitives depuis 2016, mais elle n'a jamais agi. Elle veut demander des dommages-intérêts au propriétaire.

Application pratique:

L'action en responsabilité contractuelle du bailleur se prescrit par 5 ans à compter de la connaissance des faits. Mais le délai butoir de 20 ans court à partir de la naissance du droit (début du trouble en 2016). Comme Sophie a connu le trouble en 2016, son délai de 5 ans est expiré en 2021. Cependant, le délai butoir de 20 ans n'est pas atteint, mais le délai de 5 ans est déjà dépassé. Sophie ne peut plus agir. Elle doit donc être vigilante à agir dès les premiers signes.

3

Copropriétaire conteste une décision d'assemblée générale

Jean, copropriétaire à Paris, conteste une décision d'assemblée générale de 2018 autorisant des travaux dans les parties communes. En 2023, il découvre que ces travaux ont endommagé sa cave. Il veut annuler la décision.

Application pratique:

L'action en nullité d'une décision d'assemblée générale se prescrit par 10 ans (délai de droit commun). Mais le délai butoir de 20 ans s'applique-t-il ? La décision datant de 2018, le délai de 10 ans court jusqu'en 2028. Le délai butoir de 20 ans court à partir de la naissance du droit (2018) jusqu'en 2038. Jean est donc dans les temps. Il doit agir avant 2028 en saisissant le tribunal judiciaire.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

Prendre rendez-vous →

Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

Articles similaires en Droit-immobilier

Voir tout →

Servitude de passage et tierce opposition : protéger son droit d'accès en copropriété

Un copropriétaire peut-il s'opposer à la suppression d'une servitude de passage qui profite à son lot, même si le syndicat accepte la fin de l'enclave ? La Cour de cassation répond oui, reconnaissant un intérêt distinct pour agir en tierce opposition.

23 juil. 2026Lire →

Enclave et servitude : quand le droit du travail ne crée pas de passage forcé

La Cour de cassation rappelle que l'état d'enclave d'un fonds ne peut résulter des obligations réglementaires imposées aux entreprises en matière d'issues et dégagements. Ainsi, un propriétaire ne peut exiger un passage sur le fonds voisin au seul motif que son bâtiment doit respecter des normes de sécurité incendie.

23 juil. 2026Lire →

Lorsque, faute de convention écrite ou dans le silence, le préavis s'impose

Lorsque, faute de convention écrite ou dans le silence de cette convention, les parties à un contrat de transport public routier de marchandises n'ont pas stipulé une durée de préavis de rupture, cette durée est fixée par un contrat-type approuvé par décret pris en application de l'article L. 1432-4 du code des transports. Les dispositions de l'article L. 442-6, I, 5°, devenu L. 442-1, II, du code de commerce ne trouvent alors pas à s'appliquer. Il en va de même lorsque la convention écrite renvoie expressément à la clause du contrat-type fixant une telle durée. Lorsque les parties ont conclu un contrat écrit stipulant la durée du préavis de rupture, les dispositions de l'article L. 442-1, II, du code de commerce sont applicables. Dans cette hypothèse, l'auteur de la rupture qui a consenti à son partenaire un délai de préavis au moins égal à celui prévu au contrat-type dans sa version en vigueur à la date de la notification de la rupture, ne saurait voir sa responsabilité engagée sur le fondement de ce texte

23 juil. 2026Lire →

Explorez plus d'analyses juridiques en droit droit-immobilier

Tous les articles Droit-immobilier
★★★★★4.9/5 — Avis Google

Un litige ? Une question juridique ?

Consultation vidéo avec Maître Zakine, Docteur en Droit — réponse sous 24h

Faites une visio : 1ère consultation 30 min = 45€
Consultation 30 min en visio 45€

🔒 Confidentiel • Sans engagement • Réponse rapide