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Remembrement : un pourvoi en cassation sans avocat est irrecevable (1965)
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Remembrement : un pourvoi en cassation sans avocat est irrecevable (1965)

📅 Décision du 12 janvier 1965⚖️ Cour de cassation👁️ 8 vues📖 8 min de lecture

La Cour de cassation a jugé en 1965 que tout pourvoi contre une décision de commission spéciale de remembrement doit être formé par un avocat à la Cour de cassation, à peine d'irrecevabilité. Une simple procuration spéciale ne suffit pas. Cette règle technique peut piéger les propriétaires fonciers qui souhaitent contester un remembrement.

Décision de référence : cc • N° 64-10.321 • 1965-01-12 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'une parcelle agricole à Tournefeuille, près de Toulouse. La commission spéciale de remembrement décide de modifier l'attribution de vos terres, et vous estimez cette décision injuste. Vous voulez vous pourvoir en cassation. Vous pensez que donner une procuration spéciale à un mandataire suffit ? Erreur. La Cour de cassation l'a rappelé dès 1965 : aucun texte ne dispense du ministère d'un avocat pour ces pourvois. Sans avocat à la Cour de cassation, votre recours est irrecevable. Mais qu'est-ce que ça change exactement pour vous, propriétaire ou professionnel de l'immobilier ? Cette décision, bien que vieille de près de 60 ans, reste une référence absolue. Elle illustre la rigueur procédurale qui entoure le remembrement, une procédure complexe qui bouleverse la répartition des terres. undefined si vous voulez contester une décision de remembrement, vous devez impérativement passer par un avocat spécialisé. Dans cet article, nous allons décortiquer cette décision, comprendre son raisonnement et voir comment l'appliquer concrètement, que vous soyez propriétaire à Castelnaudary ou à Nantes.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

Tout commence dans le département de la Loire-Atlantique, à Saint-Nazaire plus précisément. Une association syndicale de remembrement (groupement de propriétaires chargé de réorganiser les parcelles) prend une décision qui modifie l'attribution des terres d'un propriétaire, que nous appellerons M. X. Insatisfait, M. X décide de contester cette décision devant la commission spéciale de remembrement, une instance administrative qui statue sur les litiges de remembrement. Le 9 octobre 1963, la commission spéciale rend sa décision : elle rejette la réclamation de M. X. M. X ne se décourage pas. Il veut aller jusqu'en cassation. Mais plutôt que de prendre un avocat à la Cour de cassation, il choisit une voie plus simple : il donne une procuration spéciale à un mandataire, qui se présente au greffe du tribunal de grande instance de Nantes et y déclare former un pourvoi. Cette déclaration est faite sans l'intervention d'un avocat à la Cour de cassation. Le pourvoi est alors enregistré. Mais l'association syndicale de remembrement, défenderesse, soulève une exception de procédure : le pourvoi est irrecevable car il n'a pas été formé par un avocat à la Cour de cassation. La question est posée à la Cour suprême : la déclaration au greffe avec une simple procuration spéciale suffit-elle ?

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation, dans un arrêt très bref et technique, va trancher la question. Elle se fonde sur un principe général de procédure : le ministère d'avocat (l'obligation d'être représenté par un avocat) est obligatoire pour les pourvois en cassation, sauf texte contraire. Or, pour les décisions des commissions spéciales de remembrement, aucun texte ne dispense de cette obligation. La Cour rappelle que le pourvoi doit être formé par une requête en forme de vu d'arrêt (un document très formaliste), signée par un avocat à la Cour de cassation. Une simple déclaration au greffe, même accompagnée d'une procuration spéciale, ne répond pas à cette exigence. undefined, le mandataire de M. X n'était pas habilité à représenter son client devant la Cour de cassation. La décision est donc irrévocable : le pourvoi est irrecevable. La Cour ne se prononce même pas sur le fond du litige. C'est une fin de non-recevoir pure et simple. undefined, c'est que cette règle n'est pas une surprise. La Cour de cassation a toujours été très stricte sur le respect des formes procédurales. L'arrêt de 1965 confirme une jurisprudence constante : le ministère d'avocat est la règle, l'exception doit être prévue par un texte. undefined si vous voulez contester une décision de remembrement, vous devez obligatoirement prendre un avocat aux Conseils (avocat à la Cour de cassation). À défaut, votre pourvoi sera rejeté sans examen, comme celui de M. X.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Cette décision a des implications très pratiques pour les propriétaires fonciers, les agriculteurs et les professionnels de l'immobilier. Voici ce qu'il faut retenir selon votre profil :

  • Propriétaire bailleur ou exploitant agricole : Si vous êtes à Castelnaudary et que la commission spéciale de remembrement modifie vos parcelles, ne tentez pas de former un pourvoi vous-même par simple déclaration au greffe. Vous perdriez votre temps et votre argent. Engagez un avocat à la Cour de cassation. Les frais d'avocat peuvent varier entre 2 000 € et 5 000 € pour un pourvoi, mais c'est le seul moyen d'être recevable.
  • Copropriétaire de terres : Si vous êtes en indivision, sachez que chaque indivisaire doit être représenté par un avocat, sauf si un mandataire commun est également avocat à la Cour de cassation. Attention aux procurations : elles ne suffisent pas.
  • Professionnel de l'immobilier (agent, notaire) : Vous conseillez un client sur un remembrement ? Prévenez-le immédiatement de cette obligation. Une erreur de procédure peut lui coûter plusieurs mois de délais et des frais irrécupérables.

Si vous êtes dans cette situation, vous devez agir vite : le délai pour se pourvoir en cassation est de deux mois à compter de la notification de la décision de la commission spéciale. Passé ce délai, plus aucun recours n'est possible. undefined, j'ai rencontré des dossiers où des propriétaires avaient tenté de contester un remembrement par eux-mêmes, pensant que la procédure était simple. Résultat : irrecevabilité, et ils ont dû tout recommencer avec un avocat, en perdant le bénéfice du délai. Ne faites pas la même erreur.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Consultez un avocat spécialisé en droit foncier dès la notification de la décision de la commission spéciale. Un avocat saura vous dire si le pourvoi est envisageable et, surtout, comment le former dans les règles.
  • Ne confiez pas votre pourvoi à un mandataire non avocat. Même avec une procuration notariée, le mandataire ne peut pas vous représenter devant la Cour de cassation. Seul un avocat aux Conseils le peut.
  • Respectez les délais stricts. Le pourvoi doit être formé dans les deux mois. Anticipez : préparez votre dossier en amont, rassemblez les pièces et contactez un avocat dès la réception de la décision.
  • Vérifiez la compétence de votre avocat. Tous les avocats ne peuvent pas plaider devant la Cour de cassation. Seuls les avocats inscrits au barreau de la Cour de cassation (avocats aux Conseils) sont habilités. Assurez-vous que votre avocat dispose de cette qualification.

Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cette décision de 1965 s'inscrit dans un courant jurisprudentiel constant. La Cour de cassation a toujours exigé le ministère d'un avocat pour les pourvois, sauf exceptions légales. Par exemple, dans un arrêt du 20 mai 1970, elle a rappelé la même règle pour les décisions des commissions départementales de remembrement. Depuis, la loi a évolué : le Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique (articles L322-1 et suivants) prévoit désormais que les décisions des commissions de remembrement peuvent être contestées devant le tribunal administratif, puis en cassation devant le Conseil d'État. Mais le principe reste le même : le pourvoi en cassation doit être formé par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. undefined, cette décision de 1965 est toujours d'actualité. Elle illustre la technicité du droit foncier et l'importance de se faire assister. La tendance des tribunaux est à la rigueur procédurale : une simple erreur de forme et votre recours est caduc. Ce que cela signifie pour l'avenir : le remembrement est un domaine où le droit est très formaliste. Les juges ne font pas de cadeaux. Si vous voulez contester, mieux vaut être bien conseillé dès le départ.

Questions fréquentes

  • Puis-je former un pourvoi en cassation seul, sans avocat ? Non, pour les décisions de remembrement, l'avocat à la Cour de cassation est obligatoire. Toute déclaration au greffe sans avocat est irrecevable.
  • Que faire si mon voisin de parcelle à Castelnaudary a formé un pourvoi sans avocat ? Vous pouvez soulever l'irrecevabilité devant la Cour de cassation. Mais il est préférable de l'informer de l'obligation pour lui éviter un rejet.
  • Quels sont les délais pour se pourvoir ? Deux mois à compter de la notification de la décision de la commission spéciale. Passé ce délai, le pourvoi n'est plus possible.
  • Combien coûte un avocat à la Cour de cassation ? Les honoraires varient, mais comptez entre 2 000 € et 5 000 € pour un pourvoi simple. Certains avocats proposent des forfaits. Renseignez-vous.
  • Le remembrement peut-il être contesté devant le juge administratif ? Oui, la commission spéciale est une juridiction administrative. Ses décisions peuvent être attaquées devant le tribunal administratif, puis en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'État. L'obligation d'avocat demeure pour la cassation.

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Questions fréquentes

Puis-je former un pourvoi en cassation seul, sans avocat ?

Non, pour les décisions de remembrement, l'avocat à la Cour de cassation est obligatoire. Toute déclaration au greffe sans avocat est irrecevable.

Que faire si mon voisin de parcelle à Castelnaudary a formé un pourvoi sans avocat ?

Vous pouvez soulever l'irrecevabilité devant la Cour de cassation. Mais il est préférable de l'informer de l'obligation pour lui éviter un rejet.

Quels sont les délais pour se pourvoir ?

Deux mois à compter de la notification de la décision de la commission spéciale. Passé ce délai, le pourvoi n'est plus possible.

Combien coûte un avocat à la Cour de cassation ?

Les honoraires varient, mais comptez entre 2 000 € et 5 000 € pour un pourvoi simple. Certains avocats proposent des forfaits. Renseignez-vous.

Le remembrement peut-il être contesté devant le juge administratif ?

Oui, la commission spéciale est une juridiction administrative. Ses décisions peuvent être attaquées devant le tribunal administratif, puis en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'État. L'obligation d'avocat demeure pour la cassation.

Informations juridiques

  • Numéro: 64-10.321
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 12 janvier 1965

Mots-clés

remembrementpourvoi en cassationavocat obligatoirecommission spécialedroit foncier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire agricole à Tournefeuille conteste un remembrement

M. Dupont, propriétaire exploitant à Tournefeuille, reçoit une décision de la commission spéciale de remembrement modifiant l'attribution de ses parcelles. Il souhaite se pourvoir en cassation mais pense pouvoir le faire par simple déclaration au greffe du tribunal de grande instance.

Application pratique:

M. Dupont doit impérativement prendre un avocat à la Cour de cassation (avocat aux Conseils) pour former son pourvoi. La déclaration au greffe sans avocat serait irrecevable, comme dans l'arrêt de 1965. Il doit agir dans les deux mois suivant la notification de la décision.

2

Copropriétaire indivisaire à Castelnaudary

Mme Martin est copropriétaire d'une parcelle agricole à Castelnaudary avec ses deux frères. La commission spéciale de remembrement prend une décision qui leur est défavorable. L'un des frères veut se pourvoir en cassation seul, sans avocat.

Application pratique:

Chaque indivisaire doit être représenté par un avocat à la Cour de cassation, sauf s'ils mandatent un avocat commun. Une procuration spéciale ne suffit pas. Ils doivent tous les trois mandater un avocat aux Conseils pour que le pourvoi soit recevable.

3

Professionnel de l'immobilier conseille un client

Un agent immobilier à Toulouse conseille un propriétaire foncier qui souhaite contester une décision de remembrement. L'agent pense que le client peut faire seul le pourvoi en cassation.

Application pratique:

L'agent doit informer son client que le pourvoi en cassation nécessite un avocat à la Cour de cassation. Il peut recommander un avocat spécialisé en droit foncier pour éviter une irrecevabilité. Le client doit agir dans les deux mois et prévoir un budget d'environ 3 000 € pour les frais d'avocat.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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