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Si le dépositaire n'est tenu que d'une
Droit Immobilier

Si le dépositaire n'est tenu que d'une

📅 Décision du 14 octobre 2010⚖️ Cour de cassation👁️ 16 vues📖 2 min de lecture

Si le dépositaire n'est tenu que d'une obligation de moyens, il lui incombe, en cas de perte ou détérioration de la chose déposée, de prouver qu'il y est étranger, en établissant qu'il a donné à cette chose les mêmes soins que ceux qu'il aurait apportés à la garde de celles qui lui appartiennent ou en démontrant que la détérioration est due à la force majeure. Par principe, le fait du débiteur ou de son préposé ou substitué ne peut constituer la force majeure

Décision de référence : cc • N° 09-16.967 • 2010-10-14 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Si le dépositaire n'est tenu que d'une obligation de moyens, il lui incombe, en cas de perte ou détérioration de la chose déposée, de prouver qu'il y est étranger, en établissant qu'il a donné à cette chose les mêmes soins que ceux qu'il aurait apportés à la garde de celles qui lui appartiennent ou en démontrant que la détérioration est due à la force majeure. Par principe, le fait du débiteur ou de son préposé ou substitué ne peut constituer la force majeure

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
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Informations juridiques

  • Numéro: 09-16.967
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 14 octobre 2010

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Locataire parti sans ses meubles : le bailleur doit prouver ses soins

Après le départ précipité d'un locataire à Lyon, le bailleur stocke les meubles restants dans un garde-meuble. Six mois plus tard, une partie est endommagée par l'humidité. Le locataire réclame 3 000 € de dommages.

Application pratique:

En tant que dépositaire, le bailleur a une obligation de moyens. Pour éviter sa responsabilité, il doit prouver qu'il a traité ces meubles comme les siens (par exemple, en les plaçant dans un endroit sec, en les couvrant) ou que le dommage résulte d'un cas de force majeure. Il doit conserver toutes preuves : photos, factures de garde-meuble, éventuels constats d'huissier. Si le dommage est dû à sa négligence (ex. local inadapté), il sera tenu d'indemniser.

2

Après l'achat, l'ancien propriétaire garde des objets : qui est responsable ?

Une primo-accédante à Bordeaux laisse temporairement une table de valeur (2 500 €) dans le garage de la maison achetée, car l'ancien propriétaire accepte de la garder une semaine. À la récupération, la table est rayée.

Application pratique:

L'ancien propriétaire est dépositaire. En cas de détérioration, c'est à lui de prouver qu'il a apporté les mêmes soins qu'à ses propres biens ou que la détérioration est due à la force majeure. La primo-accédante doit formaliser le dépôt par écrit (SMS, email) avec description et valeur, et prendre des photos avant/après. Si l'ancien propriétaire ne peut pas prouver sa diligence, il devra réparer le préjudice.

3

Conflit de copropriété : le voisin gardien d'un tableau endommagé

Dans une copropriété à Marseille, un copropriétaire confie un tableau de famille (valeur 5 000 €) à un autre copropriétaire pendant des travaux. Le tableau est abîmé par une fuite d'eau. Le dépositaire invoque la force majeure.

Application pratique:

Le dépositaire (voisin) doit prouver qu'il a traité le tableau avec les mêmes soins que ses biens ou que la fuite était imprévisible et irrésistible (force majeure). Or, la jurisprudence précise que le fait du dépositaire ou de son préposé ne peut être une force majeure. Si la fuite provenait d'un défaut d'entretien connu, ce n'est pas exonératoire. Le copropriétaire lésé doit réunir des preuves (expertise, témoignages) et mettre en demeure le dépositaire de l'indemniser.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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Selon les dispositions des articles

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