Droit Immobilier

Un maître de l'ouvrage ne saurait,

📅 Décision du 08 novembre 2018⚖️ Cour de cassation📖 2 min de lecture

Un maître de l'ouvrage ne saurait, sous couvert de l'irrégularité du contrat de construction de maison individuelle avec fourniture de plan, faire supporter au constructeur la responsabilité d'une malfaçon dans l'exécution de travaux, qu'il lui incombait certes de réaliser, mais qui ont été exécutés par une entreprise tierce, à la demande du maître de l'ouvrage

Décision de référence : cc • N° 17-19.823 • 2018-11-08 • Consulter la décision →

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La situation

Un maître de l'ouvrage ne saurait, sous couvert de l'irrégularité du contrat de construction de maison individuelle avec fourniture de plan, faire supporter au constructeur la responsabilité d'une malfaçon dans l'exécution de travaux, qu'il lui incombait certes de réaliser, mais qui ont été exécutés par une entreprise tierce, à la demande du maître de l'ouvrage

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
  • Anticipez : un conseil préventif coûte toujours moins cher qu'un litige

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Informations juridiques

  • Numéro: 17-19.823
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 08 novembre 2018

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire-bailleur : travaux confiés à un ami tournent mal

En mars 2023, un bailleur parisien (15e) signe un contrat de rénovation globale de son immeuble de 8 logements avec l’entreprise Rénov’Plus pour 150 000 €. Souhaitant réduire les coûts, il fait réaliser les installations électriques par un ami électricien pour 5 000 €. En octobre 2023, un court-circuit provoque un incendie endommageant deux appartements.

Application pratique:

Cette jurisprudence empêche le bailleur de se retourner contre Rénov’Plus pour ce sinistre, car il a lui-même choisi et payé un tiers. Il doit donc engager une action directe contre son ami électricien, en s’appuyant sur la facture et les échanges écrits. Pour prévenir ce risque, tout intervenant extérieur doit être validé par écrit par le contractant principal et disposer de ses propres garanties décennales.

2

Primo-accédant : modification de plomberie par un artisan tiers

En septembre 2022, un couple achète une maison neuve à Lyon (3e) pour 280 000 € avec un contrat de construction irrégulier (clauses manquantes). Avant l’emménagement, ils demandent à un ami architecte de modifier le circuit de plomberie, pour 3 200 €. En janvier 2024, une fuite inonde leur cuisine.

Application pratique:

Les acquéreurs ne peuvent pas invoquer l’irrégularité du contrat pour imputer la fuite au constructeur, car ils ont confié les travaux à un tiers. Ils doivent rechercher la responsabilité de l’architecte, en conservant la preuve du paiement et des instructions. À l’avenir, toute modification doit être confiée au constructeur via un avenant, ou le tiers doit être assuré et accepté par le constructeur.

3

Copropriété : un copropriétaire impose son couvreur, fuites à la clé

En janvier 2023, une copropriété marseillaise (7e) vote la réfection de la toiture par ToitBleu SARL pour 45 000 €. Un copropriétaire retraité impose son propre couvreur pour le conduit de cheminée, qu’il règle directement 2 000 €. En novembre 2023, des infiltrations apparaissent autour de la cheminée.

Application pratique:

Le syndic ne peut pas engager la responsabilité de ToitBleu pour ces fuites, car l’intervention litigieuse résulte du choix personnel du copropriétaire. Le syndic doit mettre en demeure ce copropriétaire de faire réparer les dommages par son couvreur, en se fondant sur le PV d’assemblée et la preuve du paiement direct. La copropriété doit rappeler que toute intervention individuelle sur parties communes est interdite et engage la responsabilité personnelle de son auteur.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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