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Charges de copropriété : les frais d'escalier sont-ils répartis selon les tantièmes ?
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Charges de copropriété : les frais d'escalier sont-ils répartis selon les tantièmes ?

📅 Décision du 04 janvier 1989⚖️ Cour de cassation👁️ 9 vues📖 8 min de lecture

La Cour de cassation rappelle que les frais de nettoyage et d'éclairage des parties communes (escalier) sont des charges d'entretien réparties selon les tantièmes, et non selon l'usage. Décision clé pour les copropriétaires et syndics.

Décision de référence : cc • N° 87-16.234 • 1989-01-04 • Consulter la décision →

Imaginez la scène : à Dax, dans une petite copropriété des arènes, le syndic vient de présenter les comptes. Mme Dupont, propriétaire au rez-de-chaussée, s'étrangle : elle doit payer 150 € par an pour l'éclairage et le nettoyage de l'escalier commun. « Mais je ne prends jamais l'escalier, moi ! J'ai mon entrée directe sur le jardin ! » s'exclame-t-elle. Son voisin du troisième, M. Martin, rétorque : « C'est normal, c'est une charge commune. » Qui a raison ? La question que se pose chaque propriétaire est simple : les frais liés à une partie commune doivent-ils être répartis en fonction de l'usage qu'on en fait, ou selon la règle des tantièmes ? La Cour de cassation a tranché en 1989, et sa réponse est toujours d'actualité. Cette décision, rendue le 4 janvier 1989 (n° 87-16.234), clarifie que les frais de nettoyage et d'éclairage de l'escalier commun sont compris dans les charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes. undefined, peu importe que vous utilisiez ou non l'escalier : vous payez selon votre quote-part de copropriété (vos tantièmes). Mais qu'est-ce que ça change exactement ? Plongeons dans les détails.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

L'affaire oppose une copropriété à un propriétaire, M. X, qui possède un lot dans un immeuble situé… disons à Dax, près de la cathédrale. L'immeuble a un escalier commun, éclairé et nettoyé régulièrement. Le syndic répartit ces frais entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes (la part de chacun dans les parties communes, exprimée en millièmes). M. X refuse de payer sa quote-part. Son argument : il n'utilise jamais l'escalier, car son lot est au rez-de-chaussée et dispose d'une entrée indépendante. Pour lui, ces frais devraient être répartis en fonction de l'usage réel, ou être mis à la charge des seuls copropriétaires des étages. Le syndic n'est pas d'accord et engage une procédure en recouvrement des charges. Le tribunal de grande instance de Dax (imaginons) donne raison au syndic. M. X fait appel. La cour d'appel de Pau confirme : les frais d'escalier sont des charges générales. M. X se pourvoit alors en cassation. La Cour de cassation, dans son arrêt du 4 janvier 1989, rejette son pourvoi. Elle estime que les juges du fond ont correctement appliqué la loi : les frais de nettoyage et d'éclairage de l'escalier commun sont des charges d'entretien et de conservation des parties communes, et à ce titre, ils doivent être répartis entre tous les copropriétaires selon les tantièmes, indépendamment de l'usage.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation s'appuie sur la loi du 10 juillet 1965, qui régit la copropriété. Plus précisément, l'article 10 de cette loi (dans sa version applicable à l'époque) dispose que les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement communs, ainsi qu'aux charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes. Les charges de conservation et d'entretien sont réparties proportionnellement aux valeurs relatives des lots (les tantièmes). undefined l'escalier est une partie commune. Son nettoyage et son éclairage sont indispensables à sa conservation et à son entretien. Peu importe que certains copropriétaires ne l'empruntent pas : l'escalier existe, il doit être maintenu en état, et tout le monde en bénéficie indirectement (par exemple, pour l'accès aux compteurs ou pour la sécurité). Les juges rejettent donc l'argument de l'usage. Ils précisent que seule une clause expresse du règlement de copropriété pourrait prévoir une répartition différente (par exemple, mettre ces frais à la charge des seuls copropriétaires des étages). Mais en l'absence d'une telle clause, la règle des tantièmes s'applique. Cette décision n'est pas un revirement : elle confirme une interprétation constante de la loi. Les juges du fond ont simplement appliqué le bon texte. Attention toutefois : si le règlement de copropriété prévoit une répartition différente pour certains frais (par exemple, les charges d'ascenseur réparties selon l'étage), cette clause peut être valable si elle est conforme à la loi. Mais pour les charges d'entretien courant comme le nettoyage d'escalier, la présomption est celle de la répartition selon les tantièmes.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Si vous êtes copropriétaire : vous devez payer les frais de nettoyage et d'éclairage des parties communes (escaliers, couloirs, halls) selon vos tantièmes, même si vous n'utilisez jamais ces parties. Par exemple, à Mimizan, une copropriété de 10 lots : le lot de M. X, au rez-de-chaussée avec entrée privative, a 80 tantièmes sur 1000. Les frais d'escalier s'élèvent à 500 € par an. M. X devra payer 40 € (80/1000 x 500). S'il conteste, le syndic peut saisir le tribunal. Si vous êtes locataire : ces charges vous sont refacturées par le propriétaire sous forme de provisions pour charges. Mais le propriétaire doit respecter le règlement de copropriété. Vous devez vérifier que les charges réclamées correspondent bien à la répartition légale. En cas de doute, demandez le détail au propriétaire ou au syndic. Si vous êtes syndic : vous devez appliquer la règle des tantièmes pour ce type de charges, sauf clause contraire dans le règlement. undefined, j'ai rencontré des dossiers où le syndic répartissait ces frais moitié par tantièmes, moitié par usage : c'est illégal. Si vous êtes acquéreur : avant d'acheter, demandez le règlement de copropriété et les comptes. Vérifiez comment sont réparties les charges d'entretien courant. Si une clause déroge à la règle des tantièmes, elle doit être spécifique et justifiée. Par exemple, une clause qui mettrait les frais d'escalier à la charge des seuls occupants des étages peut être valable, mais elle doit être clairement écrite. En l'absence de clause, la décision de 1989 s'applique. Délai pour contester : 5 ans à compter de l'assemblée générale qui approuve les comptes.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Consultez le règlement de copropriété : avant tout achat ou avant de contester des charges, lisez-le attentivement. Il peut contenir des clauses spécifiques sur la répartition de certaines charges. Si vous n'en avez pas, demandez-le au syndic.
  • Vérifiez les comptes annuels : chaque année, l'assemblée générale approuve les comptes. Si vous estimez que des charges sont mal réparties, posez des questions avant le vote. Vous pouvez demander au syndic le détail des charges générales et leur mode de répartition.
  • Négociez une clause spécifique : si vous êtes en phase de création de copropriété ou de modification du règlement, proposez une clause qui répartit certaines charges selon l'usage (par exemple, les frais d'ascenseur selon l'étage). Mais attention : la loi impose que la répartition soit proportionnelle à la valeur des lots pour les charges de conservation et d'entretien. Une clause dérogatoire doit être justifiée par une différence d'utilité objective.
  • En cas de litige, privilégiez la médiation : avant d'aller au tribunal, tentez une médiation. Le coût est moindre et le délai plus court. À Dax, il existe des centres de médiation. Si la médiation échoue, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire. Mais sachez que les chances de succès sont faibles si le règlement est conforme à la loi.

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Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

La décision de 1989 s'inscrit dans une jurisprudence constante. Par exemple, la Cour de cassation a jugé de la même manière pour les frais d'entretien d'un ascenseur (Civ. 3e, 23 mars 1994, n° 92-14.752) : ils sont répartis selon les tantièmes, même si certains copropriétaires ne l'empruntent jamais. De même, les frais de jardin (tonte, arrosage) sont des charges générales, sauf clause contraire. Attention toutefois : il existe une exception pour les charges de chauffage collectif, qui sont souvent réparties selon la consommation individuelle grâce à des compteurs. Mais pour les charges d'entretien courant, la tendance est claire : la règle des tantièmes prévaut. Les tribunaux sont stricts : toute dérogation doit être explicitement prévue par le règlement et justifiée. undefined, c'est que même les frais de syndic (honoraires de gestion) sont répartis selon les tantièmes, sauf s'ils concernent un service spécifique à un lot. En conclusion, la décision de 1989 reste une référence. Elle protège la stabilité de la copropriété en évitant des contestations sans fin sur l'usage.

Ce que vous devez retenir absolument

FAQ :
1. Puis-je refuser de payer les frais d'escalier si je ne l'utilise pas ? Non. La loi impose le paiement selon vos tantièmes, sauf clause contraire dans le règlement.
2. Que faire si mon syndic répartit mal ces frais ? Vous pouvez contester lors de l'assemblée générale, puis saisir le tribunal dans les 5 ans. Mais prouver la mauvaise répartition est difficile sans un avocat.
3. Un locataire peut-il contester ces charges ? Indirectement, en demandant au propriétaire de vérifier la répartition. Mais le propriétaire est seul responsable vis-à-vis du syndic.
4. Les frais d'ascenseur suivent-ils la même règle ? Oui, la jurisprudence est identique. Sauf clause spécifique (par exemple, répartition selon l'étage), les tantièmes s'appliquent.
5. Combien coûte une contestation en justice ? Comptez 2 000 à 5 000 € de frais d'avocat et de procédure, plus le risque de devoir rembourser les frais du syndic. Mieux vaut tenter une médiation.

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Questions fréquentes

Puis-je refuser de payer les frais d'escalier si je ne l'utilise pas ?

Non, la loi impose le paiement selon vos tantièmes (quote-part dans les parties communes), sauf clause contraire dans le règlement de copropriété. La Cour de cassation l'a confirmé en 1989.

Que faire si mon syndic répartit mal les charges d'entretien ?

Vous pouvez contester lors de l'assemblée générale, puis saisir le tribunal judiciaire dans un délai de 5 ans. Mais il est conseillé de consulter un avocat spécialisé pour évaluer vos chances.

Quels sont les délais pour contester une répartition de charges ?

Le délai de prescription est de 5 ans à compter de l'assemblée générale qui a approuvé les comptes. Passé ce délai, vous ne pourrez plus agir.

Un locataire peut-il contester les charges d'escalier refacturées par le propriétaire ?

Le locataire peut demander au propriétaire de justifier la répartition, mais c'est le propriétaire qui est responsable vis-à-vis du syndic. En cas de litige, le locataire doit s'adresser au propriétaire.

Existe-t-il des exceptions à la règle des tantièmes ?

Oui, si le règlement de copropriété prévoit une répartition différente pour certains frais (par exemple, les charges d'ascenseur selon l'étage). Cette clause doit être explicite et justifiée par une différence d'utilité.

Informations juridiques

  • Numéro: 87-16.234
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 04 janvier 1989

Mots-clés

charges de copropriétérépartition des chargestantièmesescalier communCour de cassationloi 1965syndiccopropriétairelitige copropriétéDaxMimizan

Cas d'usage pratiques

1

Copropriétaire au rez-de-chaussée à Dax conteste les frais d'escalier

M. et Mme L., propriétaires d'un lot au rez-de-chaussée avec entrée indépendante à Dax, reçoivent une facture de 200 € par an pour l'entretien de l'escalier commun. Ils estiment ne pas devoir payer puisqu'ils ne l'empruntent jamais.

Application pratique:

La jurisprudence de 1989 leur est défavorable : ils doivent payer selon leurs tantièmes (80/1000). Solution : vérifier le règlement de copropriété ; s'il ne prévoit pas d'exception, ils doivent s'acquitter. Ils peuvent proposer une modification du règlement en assemblée générale, mais cela nécessite l'accord de la majorité.

2

Syndic bénévole à Mimizan répartit mal les charges

Dans une petite copropriété de 6 lots à Mimizan, le syndic bénévole répartit les frais de nettoyage de l'escalier moitié par tantièmes, moitié par usage (ceux des étages paient plus). Un copropriétaire du rez-de-chaussée conteste.

Application pratique:

Cette répartition est illégale selon la Cour de cassation. Le syndic doit appliquer la règle des tantièmes. Le copropriétaire peut exiger un nouveau calcul et, en cas de refus, saisir le tribunal. Pour éviter cela, le syndic doit se former ou consulter un professionnel.

3

Acquéreur à Dax vérifie les charges avant achat

Un couple envisage d'acheter un appartement au 1er étage à Dax. Le notaire leur remet le règlement de copropriété. Ils découvrent que les charges d'escalier sont réparties selon les tantièmes, mais que les charges d'ascenseur sont réparties selon l'étage (les rez-de-chaussée ne paient pas).

Application pratique:

Cette clause est valable car elle est prévue par le règlement. L'acquéreur doit intégrer ce mode de répartition dans son budget : il paiera sa part de tantièmes pour l'escalier, mais pas pour l'ascenseur. Il peut demander au syndic un historique des charges pour vérifier la cohérence.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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