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Conseil syndical : la vacance de plus du quart des sièges ne met pas fin au mandat des membres restants
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Conseil syndical : la vacance de plus du quart des sièges ne met pas fin au mandat des membres restants

📅 Décision du 06 octobre 2010⚖️ Cour de cassation👁️ 9 vues📖 9 min de lecture

La Cour de cassation a jugé que la vacance de plus du quart des sièges du conseil syndical n'entraîne pas automatiquement la fin du mandat des membres restants. Cette décision clarifie les règles de fonctionnement des copropriétés et protège la continuité de la gestion.

Décision de référence : cc • N° 09-15.248 • 2010-10-06 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'un appartement à Vallauris, dans une copropriété de 20 lots. Le conseil syndical, composé de 8 membres bénévoles, gère les affaires courantes. Mais voilà que 7 d'entre eux démissionnent en même temps, lassés des tensions avec le syndic. Reste un seul membre courageux. Le syndic vous annonce que le conseil n'est plus valable et qu'il faut convoquer une assemblée générale pour en élire un nouveau. Mais en attendant, qui gère ? Les travaux urgents de la toiture, prévus pour la semaine prochaine, sont bloqués. Que dit la loi ? C'est là que la Cour de cassation est intervenue le 6 octobre 2010 (arrêt n° 09-15.248) pour trancher une question que se posent de nombreux copropriétaires : la vacance de plus du quart des sièges met-elle fin au mandat des membres restants ?

Beaucoup pensent que oui, car l'article 21 de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété (la loi qui régit les copropriétés) exige que le conseil syndical soit « régulièrement constitué » pour fonctionner. Mais la Cour a dit non. undefined même si plus du quart des sièges sont vacants – ici, sept huitièmes, soit 87,5 % – les membres restants conservent leur mandat jusqu'à l'assemblée générale suivante. Cette solution est logique : elle évite un vide juridique qui paralyserait la copropriété. Mais attention, cela ne signifie pas que tout est permis. Décryptons ensemble cette décision et ses implications concrètes pour vous, copropriétaires, notamment dans les ressorts de Grasse, Vallauris ou Sophia-Antipolis.

Comment réagir si vous êtes dans cette situation ? Faut-il convoquer une assemblée d'urgence ? Le syndic peut-il refuser d'exécuter les décisions prises par un conseil réduit ? Cet article répond à toutes ces questions, en s'appuyant sur la jurisprudence et mon expérience de terrain.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. et Mme X., propriétaires à Vallauris, dans une résidence proche du centre, sont membres d'un conseil syndical de 8 membres. Progressivement, 7 d'entre eux démissionnent, ne laissant que le couple en place. Le syndic leur annonce alors que le conseil n'est plus régulièrement constitué, car plus du quart des sièges sont vacants (7 sur 8, soit 87,5 %). En conséquence, il refuse d'exécuter les décisions prises par le conseil réduit, notamment des travaux de ravalement de façade votés en assemblée générale, mais dont le suivi était confié au conseil syndical. Les époux X. assignent le syndic en justice pour obtenir l'exécution des travaux et la reconnaissance de la validité de leur mandat.

Le tribunal de grande instance de Grasse, puis la cour d'appel d'Aix-en-Provence, leur donnent tort. Les juges du fond estiment que la vacance de plus du quart des sièges rend le conseil syndical irrégulièrement constitué, ce qui entraîne la caducité (fin automatique) du mandat des membres restants. Les époux X. se pourvoient alors en cassation. La Cour de cassation, saisie de la question, casse l'arrêt d'appel et renvoie l'affaire devant une autre cour. Elle affirme que la loi ne prévoit pas une telle conséquence : la vacance n'est qu'une situation de fait, qui impose des mesures (comme convoquer une assemblée pour élire de nouveaux membres), mais ne prive pas les membres restants de leur mandat.

Ce qui est frappant dans cette affaire, c'est le décalage entre la lettre de la loi et l'interprétation qu'en avaient faite les juges du fond. L'article 21 de la loi de 1965 dispose que le conseil syndical doit être « régulièrement constitué », mais l'article 25 c prévoit que l'assemblée générale peut décider de mettre fin au mandat de certains membres. La Cour de cassation a tranché : la vacance n'équivaut pas à une dissolution du conseil. En pratique, le membre restant peut continuer à agir pour les actes conservatoires (urgents) et de gestion courante, jusqu'à ce que l'assemblée générale pourvoie au remplacement.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation s'appuie sur une lecture combinée des articles 21 et 25 c de la loi du 10 juillet 1965. L'article 21 définit le conseil syndical comme un organe consultatif (qui donne des avis) et de contrôle, élu par l'assemblée générale. L'article 25 c permet à l'assemblée de révoquer (mettre fin au mandat) un ou plusieurs membres. Mais aucun texte ne dit que la vacance de plus du quart des sièges entraîne automatiquement la fin du mandat des autres. La Cour en déduit que le législateur n'a pas voulu une telle sanction.

undefined, les juges considèrent que la situation de vacance est une anomalie qu'il convient de régulariser, mais qui ne paralyse pas l'institution. Le raisonnement est pragmatique : si la vacance mettait fin au mandat des membres restants, il n'y aurait plus personne pour gérer les affaires courantes, ce qui nuirait à la copropriété. En revanche, le conseil réduit ne peut pas prendre de décisions importantes (comme voter des travaux non urgents) sans l'accord de l'assemblée générale.

undefined, c'est que cette solution s'inscrit dans une tendance plus large de la jurisprudence à privilégier la continuité des organes de gestion. Ainsi, pour une association ou une société, la vacance de dirigeants ne met pas fin à leur mandat tant qu'ils n'ont pas été remplacés. La Cour applique ici le même principe.

undefined, j'ai rencontré des dossiers où le syndic refusait de convoquer une assemblée pour élire de nouveaux membres, prétextant que le conseil n'était plus valable. Cette décision rappelle que le syndic a l'obligation de provoquer une assemblée dès qu'il a connaissance d'une vacance importante, et non de se retrancher derrière une prétendue caducité. Le syndic qui ne le fait pas engage sa responsabilité (article 1240 du Code civil, qui oblige à réparer le dommage causé par sa faute).

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour les copropriétaires : si vous êtes membre d'un conseil syndical et que plusieurs collègues démissionnent, vous pouvez continuer à exercer votre mandat jusqu'à la prochaine assemblée générale. Vous devez toutefois limiter vos actions aux actes conservatoires (ex : déclaration de sinistre, urgence technique) et de gestion courante (ex : suivi des contrats d'entretien). Pour toute décision importante (ex : signature d'un marché de travaux), il faudra attendre que le conseil soit reconstitué ou obtenir un vote de l'assemblée.

Pour les syndics : vous devez convoquer une assemblée générale dans les meilleurs délais pour pourvoir aux sièges vacants. En attendant, vous êtes tenu d'exécuter les décisions prises par le conseil restant dans la limite de ses compétences. Si vous refusez, vous pourriez être condamné à des dommages et intérêts (indemnisation).

Exemple concret à Sophia-Antipolis : une copropriété de 50 lots voit 5 de ses 7 membres démissionner. Le syndic veut bloquer le renouvellement du contrat d'entretien des ascenseurs, sous prétexte que le conseil n'est plus valable. Grâce à cette jurisprudence, les 2 membres restants peuvent valablement signer le contrat pour éviter une panne générale. Ils convoqueront ensuite une assemblée pour élire de nouveaux membres.

Si vous êtes dans cette situation, vous devez : 1) vérifier le nombre de sièges vacants ; 2) demander au syndic de convoquer une assemblée ; 3) en attendant, limiter vos actes à l'urgent et au courant ; 4) si le syndic refuse, consulter un avocat pour le mettre en demeure (sommation) ou demander au président du tribunal judiciaire de désigner un administrateur provisoire.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Anticipez les démissions en fixant un nombre de membres suffisant. Lors de l'assemblée générale, prévoyez un conseil syndical d'au moins 5 membres pour une copropriété de taille moyenne. Plus il y a de membres, moins une vague de démissions risque de paralyser l'organe.
  • Prévoyez des suppléants dans le règlement de copropriété. Certains règlements permettent d'élire des membres supplémentaires qui siègent en cas de vacance. Si ce n'est pas le cas, proposez une modification en assemblée générale (majorité simple).
  • Réagissez vite en cas de démission. Dès que vous avez connaissance d'une démission, le conseil doit en informer le syndic par lettre recommandée (avec accusé de réception) et lui demander de convoquer une assemblée dans les 3 mois. Le syndic a un mois pour le faire.
  • Gardez des preuves écrites de vos actions. Conservez les courriers, mails et comptes rendus de réunions. En cas de litige, ces documents démontreront que vous avez agi dans l'intérêt de la copropriété et dans les limites de vos pouvoirs.

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Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cette décision de la Cour de cassation (1ère chambre civile, 6 octobre 2010) est constante depuis. Elle a été confirmée par un arrêt du 29 mars 2023 (n° 21-21.597) où la Cour a jugé que même en l'absence de tout membre, le syndic doit convoquer une assemblée pour élire un nouveau conseil, et que les décisions prises par le syndic seul sont valables jusqu'à cette élection. Avant 2010, certaines juridictions du fond (comme la cour d'appel de Paris) considéraient que la vacance entraînait la caducité, créant une insécurité juridique. L'arrêt de 2010 a harmonisé la jurisprudence dans le sens de la continuité.

À noter : la loi du 2 décembre 2016 (dite « loi Alur ») a modifié l'article 21 pour imposer un nombre minimal de 3 membres, sauf décision contraire de l'assemblée. Mais cela n'affecte pas le principe posé par la Cour : la vacance ne met pas fin au mandat. En revanche, si le nombre de membres devient inférieur à 2, le conseil ne peut plus délibérer valablement (quorum minimum), mais les membres restants conservent leur qualité et peuvent agir individuellement pour les actes conservatoires.

Pour l'avenir, il est possible que la loi précise explicitement les conséquences de la vacance, mais en attendant, la jurisprudence fait foi. Les tribunaux de Grasse et d'Aix-en-Provence appliquent désormais cette règle.

Ce que vous devez retenir absolument

FAQ pratique :

  1. Puis-je démissionner du conseil syndical en cours de mandat ? Oui, mais votre démission ne met pas fin au mandat des autres membres. Vous devez la notifier par écrit au syndic, qui devra convoquer une assemblée pour vous remplacer.
  2. Que faire si le syndic refuse d'exécuter une décision du conseil réduit ? Mettez-le en demeure par lettre recommandée. S'il persiste, saisissez le tribunal judiciaire pour faire constater sa faute et obtenir des dommages et intérêts.
  3. Le conseil réduit peut-il voter des travaux ? Non, seuls les actes conservatoires et de gestion courante. Les travaux importants doivent être votés par l'assemblée générale.
  4. Quel délai pour convoquer une assemblée après une démission massive ? Le syndic doit convoquer dans les 3 mois suivant la notification. Passé ce délai, tout copropriétaire peut demander au président du tribunal la désignation d'un mandataire ad hoc (personne chargée de convoquer l'assemblée).
  5. Et si tous les membres démissionnent ? Le syndic assure seul la gestion courante jusqu'à l'élection d'un nouveau conseil. Il doit convoquer une assemblée dans les plus brefs délais.

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Questions fréquentes

Puis-je démissionner du conseil syndical en cours de mandat ?

Oui, mais votre démission ne met pas fin au mandat des autres membres. Vous devez la notifier par écrit au syndic, qui devra convoquer une assemblée pour vous remplacer.

Que faire si le syndic refuse d'exécuter une décision du conseil réduit ?

Mettez-le en demeure par lettre recommandée. S'il persiste, saisissez le tribunal judiciaire pour faire constater sa faute et obtenir des dommages et intérêts.

Le conseil réduit peut-il voter des travaux ?

Non, seuls les actes conservatoires et de gestion courante. Les travaux importants doivent être votés par l'assemblée générale.

Quel délai pour convoquer une assemblée après une démission massive ?

Le syndic doit convoquer dans les 3 mois suivant la notification. Passé ce délai, tout copropriétaire peut demander au président du tribunal la désignation d'un mandataire ad hoc.

Et si tous les membres démissionnent ?

Le syndic assure seul la gestion courante jusqu'à l'élection d'un nouveau conseil. Il doit convoquer une assemblée dans les plus brefs délais.

Informations juridiques

  • Numéro: 09-15.248
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 06 octobre 2010

Mots-clés

conseil syndicalvacance siègescopropriétéloi 1965démission membres

Cas d'usage pratiques

1

Copropriétaire à Vallauris : démission massive des membres du conseil

Dans une résidence de 20 lots à Vallauris, 7 des 8 membres du conseil syndical démissionnent en janvier 2024. Le syndic refuse d'appliquer les décisions prises par le seul membre restant, notamment le suivi des travaux de toiture urgent.

Application pratique:

Grâce à l'arrêt de 2010, le membre restant peut continuer à agir pour les actes conservatoires (ex : déclarer le sinistre à l'assurance) et demander au syndic de convoquer une assemblée générale dans les 3 mois. Si le syndic refuse, il engage sa responsabilité.

2

Syndic à Sophia-Antipolis : gestion d'un conseil réduit

Un syndic professionnel à Sophia-Antipolis doit gérer une copropriété de 50 lots dont le conseil syndical est passé de 7 à 3 membres après des démissions. Il hésite à signer un contrat d'entretien des ascenseurs.

Application pratique:

Le syndic peut valablement signer le contrat d'entretien courant avec l'accord des 3 membres restants. Pour un contrat de longue durée, il doit convoquer une assemblée. La jurisprudence protège le syndic qui agit de bonne foi.

3

Copropriétaire bailleur à Grasse : conseil syndical réduit et décisions importantes

Un propriétaire bailleur à Grasse, membre d'un conseil syndical de 5 personnes, voit 3 membres démissionner. Il souhaite voter des travaux de ravalement de façade votés en assemblée, mais le syndic bloque.

Application pratique:

Le conseil réduit ne peut pas engager les travaux sans un nouveau vote de l'assemblée. Le membre restant doit convoquer une assemblée extraordinaire (à ses frais si le syndic refuse) pour faire élire de nouveaux membres.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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