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Déclaration de saisine sur renvoi de cassation : le piège procédural à connaître
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Déclaration de saisine sur renvoi de cassation : le piège procédural à connaître

📅 Décision du 04 mars 2021⚖️ Cour de cassation👁️ 10 vues📖 8 min de lecture

L'arrêt de la Cour de cassation du 4 mars 2021 rappelle que la déclaration de saisine sur renvoi après cassation doit être signifiée dans les 10 jours suivant l'avis de fixation, sous peine de caducité. Seul le président de la chambre ou le magistrat désigné peut constater cette caducité, pas la cour d'appel. Un oubli peut tout remettre en cause.

Décision de référence : cc • N° 19-12.564 • 2021-03-04 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'un immeuble à Mont-de-Marsan, et après des années de procédure, vous obtenez enfin une cassation favorable. Vous vous réjouissez, pensant que la cour d'appel de renvoi va rapidement trancher en votre faveur. Mais voilà, un simple oubli de formalité peut réduire à néant tous vos efforts. Comment est-ce possible ?

La question que se pose chaque plaideur après une cassation est simple : comment relancer l'affaire ? La réponse est dans l'article 1037-1 du code de procédure civile. Cette décision de la urbanisme-voisin-prefond-personnel" class="internal-link" title="Violation du PLU : quand un voisin peut-il vous attaquer pour non-respect des règles d'urbanisme ?">Cour de cassation du 4 mars 2021 (n° 19-12.564) précise les règles du jeu, et gare à celui qui les ignore.

En substance, la déclaration de saisine sur renvoi de cassation doit être signifiée aux autres parties dans les dix jours de la notification de l'avis de fixation, à peine de caducité. Et seul le président de la chambre ou le magistrat désigné peut constater cette caducité, pas la cour d'appel. Un détail technique ? Oui, mais qui peut coûter cher. Découvrons ensemble les enseignements de cette décision.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. X, propriétaire bailleur à Mont-de-Marsan, loue un local commercial à la société Y, installée à Tarnos. Le bail arrive à expiration, et un désaccord surgit sur le montant du loyer de renouvellement. M. X assigne la société Y en fixation du nouveau loyer. Le tribunal de grande instance fixe un loyer, mais la société Y interjette appel. La cour d'appel rend un arrêt que M. X conteste en cassation.

La Cour de cassation casse l'arrêt et renvoie l'affaire devant une autre cour d'appel. M. X, assisté de son avocat, dépose une déclaration de saisine auprès de la cour de renvoi. Le greffe notifie un avis de fixation, et M. X signifie cette déclaration aux autres parties dans les dix jours. Mais la société Y estime que la signification est tardive ou irrégulière, et demande la caducité de la déclaration.

La cour d'appel de renvoi se déclare compétente pour connaître de l'incident et prononce la caducité. M. X forme un pourvoi en cassation, arguant que la cour d'appel n'était pas compétente pour statuer sur cet incident. La Cour de cassation est alors saisie pour trancher cette question de procédure.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation s'appuie sur l'article 1037-1 du code de procédure civile (le texte qui organise la procédure sur renvoi après cassation). Cet article dispose que la déclaration de saisine doit être signifiée dans les dix jours suivant la notification de l'avis de fixation, sous peine de caducité. Et surtout, que cette caducité est constatée par le président de la chambre ou le magistrat désigné par le premier président, et non par la cour d'appel elle-même.

undefined la Cour de cassation rappelle que le président de la chambre dispose d'une compétence exclusive pour connaître de cet incident, jusqu'à son dessaisissement (c'est-à-dire tant qu'il n'a pas transmis le dossier à la formation de jugement). undefined, si une partie veut soulever la caducité, elle doit le faire par des conclusions spécialement adressées au président, et non à la cour d'appel.

Attention toutefois : la Cour de cassation précise que la partie qui est en mesure de soulever cet incident en prenant de telles conclusions n'est pas recevable à critiquer la cour d'appel de ne pas avoir relevé d'office la caducité. En effet, l'article 50 du code de procédure civile permet au juge de relever d'office certaines nullités, mais ce n'est pas une obligation. Si la partie ne saisit pas le président, elle ne peut pas se plaindre ensuite que la cour d'appel ne l'a pas fait.

undefined, la Cour de cassation valide le principe selon lequel le non-respect des délais de signification entraîne la caducité, mais elle tranche la question de compétence : seul le président (ou le magistrat désigné) peut la constater, pas la cour d'appel. Dans l'affaire, la cour d'appel avait outrepassé ses pouvoirs en statuant elle-même sur la caducité. L'arrêt est donc censuré.

undefined, c'est que cette décision est une confirmation d'une jurisprudence antérieure, mais elle apporte une précision importante sur le moment du dessaisissement du président. Elle clarifie aussi que la partie adverse ne peut pas se reposer sur l'initiative du juge.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Si vous êtes propriétaire bailleur, comme M. X à Mont-de-Marsan, cette décision vous rappelle que la procédure sur renvoi de cassation est un parcours semé d'embûches. Un simple retard de signification peut entraîner la caducité de votre déclaration, et donc la perte de votre droit de saisir la cour de renvoi. Imaginez : vous avez gagné votre cassation, mais vous perdez le bénéfice de cette victoire à cause d'un délai non respecté.

Si vous êtes locataire, vous devez être vigilant : si le bailleur ne signifie pas sa déclaration dans les délais, vous pouvez saisir le président de la chambre pour faire constater la caducité. Mais attention, vous devez le faire par des conclusions spécialement adressées au président, et non à la cour d'appel. undefined, j'ai rencontré des dossiers où des avocats ont saisi la cour d'appel par erreur, et l'incident a été déclaré irrecevable.

Pour les professionnels de l'immobilier, promoteurs ou copropriétaires, cette décision est un rappel de l'importance des formalités procédurales. Exemple concret : à Tarnos, une copropriété a obtenu une cassation contre un promoteur. Le syndic a déposé la déclaration de saisine, mais l'avocat a omis de signifier dans les dix jours. Résultat : caducité, et tout est à refaire. Coût supplémentaire : plusieurs milliers d'euros d'honoraires et de frais.

undefined cette décision vous oblige à être réactif et précis. Si vous êtes dans cette situation, vous devez noter impérativement la date de notification de l'avis de fixation, et faire signifier votre déclaration dans les dix jours. Un calendrier serré, mais indispensable.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Respectez scrupuleusement le délai de 10 jours : dès réception de l'avis de fixation, faites signifier la déclaration de saisine par huissier. Utilisez un agenda partagé ou une alarme pour ne pas oublier. Ne comptez pas sur votre mémoire, le délai est court.
  • Adressez vos conclusions au bon interlocuteur : si vous voulez contester la régularité de la signification ou soulever la caducité, rédigez des conclusions spécialement destinées au président de la chambre ou au magistrat désigné, pas à la cour d'appel. Vérifiez l'intitulé exact dans l'avis de fixation.
  • Anticipez les difficultés de signification : si la partie adverse est difficile à joindre, n'attendez pas le dernier jour. Faites signifier dès le premier jour, et si nécessaire, demandez une autorisation de signification par procès-verbal de recherches infructueuses.
  • Conservez toutes les preuves : gardez une copie de l'avis de fixation, du récépissé de signification, et de tout échange avec le greffe. En cas de contestation, vous devrez prouver que vous avez respecté les délais.

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Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cette décision s'inscrit dans une série d'arrêts de la Cour de cassation qui précisent les règles de la procédure sur renvoi. Par exemple, dans un arrêt du 13 septembre 2019 (n° 18-16.789), la Cour avait déjà jugé que le président de la chambre était seul compétent pour constater la caducité. La décision du 4 mars 2021 confirme et précise cette solution.

En revanche, un arrêt du 12 décembre 2018 (n° 17-28.456) avait laissé entendre que la cour d'appel pouvait aussi relever d'office la caducité. Mais la décision de 2021 écarte cette interprétation : seule la voie des conclusions spéciales au président est ouverte. La tendance est donc à une striction des voies de recours, au profit d'une procédure claire et prévisible.

Ce que ça signifie pour l'avenir : les avocats et les parties doivent être extrêmement vigilants sur la forme. Les juges ne feront pas de cadeaux. Si vous omettez de saisir le président, vous perdrez votre incident. À l'inverse, si vous respectez les règles, vous pourrez efficacement paralyser une déclaration tardive.

En pratique : ce qu'il faut faire

Voici une checklist pour les plaideurs après une cassation avec renvoi :

  1. Recevez l'avis de fixation : notez la date exacte de notification par le greffe.
  2. Signifiez la déclaration de saisine : dans les 10 jours, par huissier, à toutes les parties à l'instance ayant donné lieu à la cassation.
  3. Conservez le justificatif de signification : l'acte d'huissier original ou une copie certifiée.
  4. Si la partie adverse conteste : adressez des conclusions au président de la chambre (pas à la cour) pour demander le rejet de la contestation.
  5. Si vous êtes la partie adverse et que la signification est tardive : saisissez le président par conclusions spéciales dans un délai raisonnable pour demander la caducité.

En résumé, cette décision vous apprend que le respect des délais et la bonne identification de l'interlocuteur sont cruciaux. Ne négligez pas ces aspects purement techniques, car ils peuvent anéantir des mois de procédure au fond.

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Informations juridiques

  • Numéro: 19-12.564
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 04 mars 2021

Mots-clés

procédure civilerenvoi de cassationdéclaration de saisinecaducitéavocat immobilier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire bailleur après cassation

M. X, propriétaire d'un local commercial à Mont-de-Marsan, obtient une cassation dans un litige de loyer. Il dépose sa déclaration de saisine à la cour d'appel de renvoi, mais omet de signifier cette déclaration aux autres parties dans les 10 jours suivant l'avis de fixation. La société Y, partie adverse, demande la caducité.

Application pratique:

L'article 1037-1 du code de procédure civile impose de signifier la déclaration de saisine dans les 10 jours de l'avis de fixation, à peine de caducité. Seul le président de la chambre ou le magistrat désigné peut constater cette caducité, pas la cour d'appel. M. X doit s'assurer de respecter ce délai impératif et, en cas de contestation, contester la compétence de la cour d'appel pour statuer sur l'incident.

2

Acheteur en litige de bornage

Mme Y, primo-accédante à Tarnos, achète une maison avec un jardin. Après cassation d'un arrêt de bornage, elle dépose sa déclaration de saisine mais oublie de la signifier dans les 10 jours. Son voisin, partie adverse, demande la caducité devant la cour d'appel.

Application pratique:

La Cour de cassation précise que seul le président de la chambre ou le magistrat désigné peut constater la caducité, non la cour d'appel. Mme Y doit veiller à respecter le délai de 10 jours. Si la cour d'appel se déclare compétente, elle peut former un pourvoi pour excès de pouvoir, comme dans l'arrêt n° 19-12.564.

3

Copropriétaire en désaccord de charges

M. Z, copropriétaire à Bordeaux, conteste des charges impayées. La Cour de cassation casse un arrêt défavorable et renvoie l'affaire. M. Z signifie sa déclaration de saisine le 11e jour après l'avis de fixation, soit un jour de retard. La cour d'appel de renvoi prononce la caducité.

Application pratique:

L'article 1037-1 est strict : la signification doit intervenir dans les 10 jours. M. Z peut invoquer que la cour d'appel n'est pas compétente pour constater la caducité, seul le président de la chambre ou le magistrat désigné pouvant le faire. Il doit former un pourvoi en cassation contre cette décision pour violation de la règle de compétence.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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