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Droit Foncier

Le caractère manifestement illicite du

📅 Décision du 12 septembre 2024⚖️ Cour de cassation📖 2 min de lecture

Le caractère manifestement illicite du trouble n'est pas établi lorsqu'un doute sérieux existe quant au droit revendiqué par le demandeur

Décision de référence : cc • N° 23-11.543 • 2024-09-12 • Consulter la décision →

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La situation

Le caractère manifestement illicite du trouble n'est pas établi lorsqu'un doute sérieux existe quant au droit revendiqué par le demandeur

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 23-11.543
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 12 septembre 2024

Mots-clés

droit immobilierjurisprudencefoncier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire sommé de supprimer un chemin contesté

Mme Laurent, propriétaire d'une maison à Aix-en-Provence, assigne en référé (procédure d'urgence devant le juge) son voisin pour qu'il détruise un portail installé sur un chemin de 3 mètres de large qu'elle dit lui appartenir. Le voisin produit un vieil acte de 1962 et un plan cadastral qui laissent penser que le chemin est en indivision ou grevé d'une servitude. Elle réclame la remise en état sous astreinte de 100 € par jour.

Application pratique:

Le juge des référés ne peut ordonner la suppression d'un ouvrage que si le trouble est « manifestement illicite », c'est-à-dire évident, sans discussion sérieuse. Ici, l'acte de 1962 crée un doute sérieux sur le droit de Mme Laurent, donc sa demande en référé sera très probablement rejetée. Avant d'agir, elle doit réunir son titre de propriété, le plan cadastral et les actes antérieurs, et faire vérifier la chaîne des titres. Si le doute persiste, elle doit saisir le tribunal judiciaire au fond (procès complet), qui tranchera la propriété, plutôt que de perdre du temps et des frais en référé.

2

Acquéreur confronté à un voisin revendiquant une servitude

M. Benali a acheté en 2024 un terrain à bâtir de 600 m² près de Bordeaux pour 180 000 €. Son voisin affirme disposer depuis 30 ans d'un droit de passage (servitude : droit d'utiliser le terrain d'autrui) et bloque l'accès au chantier. M. Benali veut le faire cesser par une action rapide en référé.

Application pratique:

Comme le voisin invoque un droit de passage plausible, appuyé par un usage ancien, le juge verra un doute sérieux et ne qualifiera pas le trouble de manifestement illicite. M. Benali doit donc d'abord examiner son acte d'achat, le certificat d'urbanisme et les actes précédents, et demander à son notaire si une servitude y figure. Il doit aussi réunir des preuves (photos, témoignages, constat de commissaire de justice) sur la réalité de l'usage. Si le doute est réel, mieux vaut négocier ou saisir le juge du fond pour faire reconnaître ou écarter la servitude, voire engager la responsabilité du vendeur en cas de défaut d'information.

3

Copropriétaire contestant l'appropriation d'une partie commune

Dans une copropriété de Lyon (6e arrondissement), Mme Roux constate que son voisin du rez-de-chaussée a clôturé 15 m² de cour commune pour en faire un jardin privatif depuis cinq ans. Elle demande en référé la destruction de la clôture, estimant qu'il s'agit d'une partie commune. Le voisin répond que son titre de propriété et le règlement de copropriété lui attribuent un droit de jouissance exclusive (usage réservé) sur cet espace.

Application pratique:

Le règlement de copropriété étant ambigu, il existe un doute sérieux sur le droit invoqué par Mme Roux : le trouble n'est donc pas manifestement illicite et le référé a peu de chances d'aboutir. Elle doit d'abord obtenir le règlement de copropriété, l'état descriptif de division et les procès-verbaux d'assemblée générale, puis demander au syndic d'inscrire la question à l'ordre du jour. Si l'ambiguïté demeure, le syndicat des copropriétaires ou elle-même devra agir au fond devant le tribunal judiciaire. Elle doit agir sans tarder, car la prescription (délai au-delà duquel on perd son droit d'agir) est en principe de 10 ans pour les actions entre copropriétaires et peut jouer en faveur du voisin.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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