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Le fait que la valeur locative des logements progresse plus vite ne justifie pas de déroger au plafonnement
Droit Immobilier

Le fait que la valeur locative des logements progresse plus vite ne justifie pas de déroger au plafonnement

📅 Décision du 08 décembre 1976⚖️ Cour de cassation👁️ 15 vues📖 2 min de lecture

Le fait que la valeur locative des locaux destinés à l'habitation ait progressé plus vite que celles des locaux commerciaux proprement dits ne peut à lui seul justifier une dérogation aux règles du plafonnement.

Décision de référence : cc • N° 75-11.884 • 1976-12-08 • Consulter la décision →

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La situation

Le fait que la valeur locative des locaux destinés à l'habitation ait progressé plus vite que celles des locaux commerciaux proprement dits ne peut à lui seul justifier une dérogation aux règles du plafonnement.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 75-11.884
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 08 décembre 1976

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Un bailleur parisien veut déplafonner le loyer commercial en invoquant l'explosion des loyers d'habitation

À Paris 11e, le propriétaire d'une boulangerie (loyer actuel de 2 000 €/mois) renouvelle le bail en 2023 et réclame 2 800 € (+40 %), arguant que les loyers résidentiels du quartier ont grimpé de 25 % en 5 ans. Le locataire refuse cette hausse hors normes.

Application pratique:

La décision de la Cour de cassation du 8 décembre 1976 écarte cet argument : la progression plus rapide des loyers d'habitation ne justifie pas à elle seule une dérogation au plafonnement légal. Le bailleur doit s'appuyer sur des éléments commerciaux (évolution du marché local, caractéristiques du local, facteurs de commercialité). En pratique, il convient de négocier une augmentation plafonnée sur la base de l'indice des loyers commerciaux (ILC) ou, à défaut d'accord, de saisir le juge des loyers commerciaux qui fixera le loyer selon la valeur locative réelle, sans tenir compte de la seule hausse résidentielle.

2

Un salon de coiffure lyonnais menacé par une hausse de loyer injustifiée

À Lyon 2e, un coiffeur locataire depuis 2010 (loyer mensuel de 1 500 €) voit son bail commercial arriver à échéance. Le propriétaire propose un nouveau loyer de 2 100 €, soit +40 %, au motif que les appartements lyonnais ont pris 20 % en trois ans. Le commerçant, étranglé par les charges, conteste.

Application pratique:

Ce commerçant peut invoquer la jurisprudence du 8 décembre 1976 pour s’opposer au déplafonnement. Le simple constat d’un décrochage entre loyers d’habitation et loyers commerciaux ne constitue pas un motif légal de dérogation. Il doit refuser la proposition, proposer une révision selon la variation triennale de l’indice des loyers commerciaux (ILC) et, en l’absence d’accord, saisir le juge des loyers commerciaux qui fixera un loyer conforme à la valeur locative commerciale, sans pondération par le marché résidentiel.

3

Un investisseur marseillais tente d’aligner le loyer d’un restaurant sur l’inflation des loyers d’habitation

Propriétaire d’un immeuble mixte à Marseille 6e, un investisseur veut imposer au restaurant du rez-de-chaussée (loyer annuel de 18 000 €) une augmentation de 35 % lors du renouvellement du bail, en s’appuyant sur la hausse de 30 % des loyers des appartements situés au-dessus sur cinq ans. Le restaurateur s’y oppose fermement.

Application pratique:

La décision de 1976 lui interdit d’utiliser cet unique comparatif. Pour justifier un déplafonnement, il doit démontrer une modification notable des facteurs locaux de commercialité (piétonnisation, nouvelle ligne de tram, implantation d’enseignes phares) ou une sous-évaluation manifeste du loyer antérieur. À défaut, le loyer restera plafonné à la variation de l’indice des loyers commerciaux. Il est conseillé de faire réaliser une expertise de la valeur locative commerciale par un professionnel avant d’entamer des négociations ou une procédure judiciaire.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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