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Expropriation : que doit vérifier le juge ?
Droit-foncier

Expropriation : que doit vérifier le juge ?

📅 Décision du 28 mai 2025⚖️ Cour de cassation👁️ 6 vues📖 2 min de lecture

Le juge de l'expropriation doit refuser de prononcer le transfert de propriété des immeubles ou des droits réels déclarés cessibles par le préfet s'il constate que le dossier n'est pas constitué conformément aux prescriptions de l'article R. 221-1 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, ou si la déclaration d'utilité publique ou les arrêtés de cessibilité sont caducs ou ont été annulés par une décision définitive du juge administratif. A défaut de telles circonstances, il prononce le transfert de propriété des parcelles visées dans l'arrêté de cessibilité, peu important que leur propriétaire ait préalablement notifié à la collectivité publique ou à l'établissement public son souhait d'exercer son droit de délaissement

Décision de référence : cc • N° 24-10.352 • 2025-05-28

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Le juge de l'expropriation doit refuser de prononcer le transfert de propriété des immeubles ou des droits réels déclarés cessibles par le préfet s'il constate que le dossier n'est pas constitué conformément aux prescriptions de l'article R. 221-1 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, ou si la déclaration d'utilité publique ou les arrêtés de cessibilité sont caducs ou ont été annulés par une décision définitive du juge administratif. A défaut de telles circonstances, il prononce le transfert de propriété des parcelles visées dans l'arrêté de cessibilité, peu important que leur propriétaire ait préalablement notifié à la collectivité publique ou à l'établissement public son souhait d'exercer son Droit de préemption urbain : que faire si le vendeur refuse mon prix ?">droit de délaissement

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 24-10.352
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 28 mai 2025

Mots-clés

droit immobilierjurisprudencefoncier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire bloqué par un délaissement

M. Dupont, propriétaire d'un terrain à Bordeaux, a notifié à la mairie son souhait d'exercer son droit de délaissement car le terrain est inconstructible. La mairie a obtenu une déclaration d'utilité publique et un arrêté de cessibilité. M. Dupont pense que son délaissement empêche l'expropriation.

Application pratique:

La décision précise que le juge de l'expropriation doit prononcer le transfert de propriété dès lors que les formalités sont en règle, même si le propriétaire a notifié son délaissement. M. Dupont ne peut donc pas bloquer l'expropriation par ce moyen. Il doit contester la DUP ou l'arrêté de cessibilité devant le juge administratif s'il estime qu'ils sont irréguliers.

2

Locataire menacé d'expulsion pour travaux

Mme Lefèvre, locataire à Lyon depuis 10 ans, reçoit un congé pour reprise du logement par le propriétaire qui souhaite vendre. Elle apprend que la mairie a lancé une procédure d'expropriation pour rénover le quartier. Elle craint de perdre son logement sans recours.

Application pratique:

La décision rappelle que l'expropriation ne peut être prononcée que si le dossier est complet et les actes non caducs. Mme Lefèvre peut vérifier auprès du greffe du juge de l'expropriation si l'arrêté de cessibilité est toujours valide. Si oui, elle n'a pas de droit au maintien dans les lieux face à l'expropriation, mais elle peut demander une indemnité d'éviction.

3

Copropriétaire contestant une servitude

M. Martin, copropriétaire à Nice, voit son garage menacé par une servitude de passage réclamée par un voisin qui a obtenu un arrêté de cessibilité pour créer une voie d'accès. M. Martin pense que l'arrêté est caduc car la DUP date de plus de 5 ans.

Application pratique:

Selon la décision, si l'arrêté de cessibilité ou la DUP est caduc, le juge doit refuser le transfert de propriété. M. Martin doit vérifier la date de la DUP et de l'arrêté. S'ils sont caducs, il doit le soulever devant le juge de l'expropriation. Il peut aussi consulter un avocat pour contester la validité de la servitude elle-même.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

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