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L. 622-14 des französischen Handelsgesetzbuchs: Kann der Liquidator die auflösende Klausel des Mietvertrags aussetzen?
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L. 622-14 des französischen Handelsgesetzbuchs: Kann der Liquidator die auflösende Klausel des Mietvertrags aussetzen?

📅 Décision du 06 Dezember 2011⚖️ Cour de cassation👁️ 14 vues📖 5 min de lecture

Der Kassationshof stellt klar, dass der gerichtliche Liquidator Zahlungsfristen und die Aussetzung der auflösenden Klausel des Gewerbemietvertrags beantragen kann, solange die Kündigung nicht endgültig ist, und zwar auch dann, wenn das Ziel eher eine Veräußerung als eine Begleichung der Schuld ist.

Décision de référence : cc • N° 10-25.689 • 2011-12-06 • Consulter la décision →

Vous êtes propriétaire d'un local commercial à Rethel, et votre locataire, un petit commerçant, accumule les impayés de loyers. La clause résolutoire (celle qui prévoit la résiliation automatique du bail en cas de défaut de paiement) est sur le point de jouer. Mais voilà que le liquidateur judiciaire du locataire – une société en liquidation – vous annonce qu'il va demander des délais de paiement et suspendre les effets de cette clause. Vous vous demandez : en a-t-il le droit ? N'est-ce pas une manœuvre pour gagner du temps et céder le fonds sans vraiment payer ? C'est exactement la question que la Cour de cassation a tranchée dans cette décision du 6 décembre 2011.

L'article L. 622-14 du code de commerce (relatif à la liquidation judiciaire) n'interdit pas au liquidateur de se prévaloir des dispositions de l'article L. 145-41 du même code (qui permet au locataire de demander des délais de paiement pour éviter la résiliation du bail). La haute juridiction a jugé que tant que la résiliation du bail n'est pas constatée par une décision passée en force de chose jugée (c'est-à-dire définitive), le liquidateur peut solliciter ces mesures, même si l'objectif est de faciliter une cession du fonds de commerce plutôt que de payer la dette.

Pour les propriétaires bailleurs, cette décision est un avertissement : la clause résolutoire n'est pas une arme absolue. Pour les locataires en difficulté et leurs liquidateurs, c'est une bouffée d'oxygène. Décryptons ensemble cette affaire qui pourrait bien se jouer demain dans votre immeuble, que vous soyez à Tinqueux ou ailleurs.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. X est propriétaire d'un local commercial situé à Rethel, donné à bail à une société qui exploite un fonds de commerce de vente de vêtements. Malheureusement, la société locataire rencontre des difficultés financières et cesse de payer ses loyers. Le bail contient une clause résolutoire classique : à défaut de paiement dans le mois suivant un commandement (une mise en demeure officielle), le bail est résilié de plein droit.

Le propriétaire délivre un commandement de payer, puis saisit le tribunal pour faire constater la résiliation. Entre-temps, la société locataire est placée en liquidation judiciaire. Le liquidateur judiciaire (chargé de réaliser les actifs pour payer les créanciers) intervient dans la procédure. Il demande au juge des référés (celui qui statue en urgence) des délais de paiement pour la dette locative et, en conséquence, la suspension des effets de la clause résolutoire. Son objectif ? Obtenir un sursis pour pouvoir céder le fonds de commerce à un repreneur, ce qui permettrait de rembourser une partie des créanciers.

Le propriétaire s'oppose : selon lui, le liquidateur ne peut pas se prévaloir de l'article L. 145-41 du code de commerce (qui permet au locataire de demander des délais) car la liquidation judiciaire a pour but de payer les dettes, non de permettre une cession. De plus, il argue que la clause résolutoire a déjà joué avant l'ouverture de la liquidation. Le tribunal de commerce de Reims donne raison au propriétaire : il rejette la demande du liquidateur. Le liquidateur fait appel, puis se pourvoit en cassation. L'affaire monte jusqu'à la Cour de cassation, qui va trancher le débat.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation a cassé (annulé) l'arrêt de la cour d'appel de Reims qui avait suivi le propriétaire. Son raisonnement tient en deux points essentiels.

Premièrement, elle rappelle que l'article L. 622-14 du code de commerce (qui liste les pouvoirs du liquidateur) n'interdit pas au liquidateur de se prévaloir de l'article L. 145-41 du même code. Ce dernier texte permet au locataire de demander au juge des délais de paiement pour s'acquitter de sa dette locative et, s'il obtient ces délais, la clause résolutoire est suspendue pendant le délai accordé. La Cour précise que le liquidateur peut agir tant que la résiliation du bail n'a pas été constatée par une décision passée en force de chose jugée, c'est-à-dire définitive et non susceptible d'appel.

Deuxièmement, la Cour écarte l'argument du propriétaire selon lequel la demande de délais visait à optimiser une cession et non à permettre au débiteur de régler sa dette. Elle considère que l'octroi de délais peut parfaitement avoir pour finalité de faciliter une cession du fonds de commerce, car celle-ci permet de générer des fonds pour désintéresser les créanciers. Dit autrement : vendre le fonds pour payer les dettes, c'est aussi une forme de règlement.

Cette décision est une confirmation de la jurisprudence antérieure : elle ne crée pas un droit nouveau, mais elle précise que le liquidateur n'a pas à démontrer que les délais permettront un paiement direct par le locataire ; il suffit qu'ils permettent de réaliser une cession bénéfique. La Cour de cassation utilise ici une interprétation téléologique (fondée sur l'objectif de la loi) : la liquidation judiciaire vise à maximiser le remboursement des créanciers, et la cession d'un fonds de commerce en activité est souvent plus profitable qu'une vente aux enchères.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Propriétaire bailleur : Si vous êtes confronté à un locataire en liquidation judiciaire, sachez que la clause résolutoire n'est pas une protection absolue. Le liquidateur peut demander des délais de paiement et suspendre ses effets, même si son but est de céder le fonds. Exemple concret : à Tinqueux, un propriétaire a vu son commandement de payer de 12 000 € d'arriérés de loyers contourné par un liquidateur qui a obtenu 6 mois de délai

Questions fréquentes

Le liquidateur peut-il demander des délais de paiement pour éviter la résiliation du bail ?

Oui, tant que la résiliation n'est pas définitive (décision passée en force de chose jugée). Il peut se prévaloir de l'article L. 145-41 du code de commerce, même si son objectif est de céder le fonds de commerce.

Que faire si le liquidateur ne paie pas les loyers pendant les délais ?

Vous pouvez saisir le juge pour faire constater la résiliation du bail. Les délais sont conditionnés au paiement des loyers courants ; à défaut, la clause résolutoire reprend ses effets.

Quels sont les délais maximum que le juge peut accorder ?

Le juge peut accorder jusqu'à deux ans de délais, renouvelables une fois, soit quatre ans au total. Mais en pratique, les délais sont souvent de 6 à 12 mois.

Puis-je m'opposer à la demande de délais si la cession me semble fictive ?

Oui, vous pouvez contester en démontrant que la cession n'est pas sérieuse (absence d'offre, délais irréalistes). Le juge appréciera souverainement.

Cette décision s'applique-t-elle à tous les baux commerciaux ?

Oui, elle concerne tous les baux soumis au statut des baux commerciaux (art. L. 145-1 et suivants du code de commerce). Les baux professionnels ou d'habitation sont exclus.

Informations juridiques

  • Numéro: 10-25.689
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 06 décembre 2011

Mots-clés

bail commercialliquidation judiciaireclause résolutoirecession de fonds de commercedélais de paiement

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire à Tinqueux : locataire en liquidation, clause résolutoire menacée

M. Dupont, propriétaire d'un local commercial à Tinqueux, a délivré un commandement de payer pour 8 000 € d'impayés. Le locataire est placé en liquidation judiciaire. Le liquidateur demande des délais pour céder le fonds. M. Dupont craint de perdre plusieurs mois de loyers.

Application pratique:

M. Dupont doit contester la demande si la cession n'est pas crédible. Il peut aussi négocier avec le liquidateur pour que le repreneur reprenne la dette. Sinon, il devra attendre la fin des délais accordés (souvent 6 mois) avant de pouvoir récupérer son local.

2

Locataire à Rethel : comment sauver mon bail malgré la liquidation

Mme Martin, gérante d'une boutique à Rethel, est en liquidation judiciaire. Elle veut céder son fonds mais le propriétaire a déjà saisi le tribunal pour faire constater la résiliation du bail. Le liquidateur peut-il encore agir ?

Application pratique:

Oui, le liquidateur peut demander des délais tant que la résiliation n'est pas définitive. Il doit prouver que la cession est sérieuse (offre d'achat). Si les délais sont accordés, la clause résolutoire est suspendue et la cession peut avoir lieu.

3

Acquéreur d'un fonds de commerce : le bail est-il maintenu ?

M. Legrand souhaite racheter un fonds de commerce à Tinqueux, mais le bail est menacé par une clause résolutoire. Le liquidateur a demandé des délais de paiement. M. Legrand s'interroge sur la validité du bail après la cession.

Application pratique:

Si les délais sont accordés, le bail est maintenu pendant cette période. Après la cession, le repreneur bénéficie du bail en cours, à condition que les loyers courants soient payés. Vérifiez que le jugement de délais a été rendu et que le liquidateur s'engage à apurer les arriérés sur le prix de cession.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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