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Lorsque le projet de vente d'un bien
Droit Immobilier

Lorsque le projet de vente d'un bien

📅 Décision du 28 février 1979⚖️ Cour de cassation📖 2 min de lecture

Lorsque le projet de vente d'un bien rural n'a fait l'objet d'aucune notification à la SAFER, cette dernière n'est pas fondée à demander sa substitution à l'acquéreur qui a la qualité de preneur en place titulaire d'un droit de préemption. En effet, la substitution constitue une préemption qui, lorsqu'elle est exercée par une SAFER doit répondre aux finalités définies à l'article 7 de la loi du 8 août 1962 complémentaire à la loi d'orientation agricole et aux termes de ce texte, la préemption de la SAFER ne peut en aucun cas s'exercer contre le preneur en place titulaire du droit de préemption.

Décision de référence : cc • N° 77-14.086 • 1979-02-28 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Lorsque le projet de vente d'un bien rural n'a fait l'objet d'aucune notification à la SAFER, cette dernière n'est pas fondée à demander sa substitution à l'acquéreur qui a la qualité de preneur en place titulaire d'un droit de préemption. En effet, la substitution constitue une préemption qui, lorsqu'elle est exercée par une SAFER doit répondre aux finalités définies à l'article 7 de la loi du 8 août 1962 complémentaire à la loi d'orientation agricole et aux termes de ce texte, la préemption de la SAFER ne peut en aucun cas s'exercer contre le preneur en place titulaire du droit de préemption.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
  • Anticipez : un conseil préventif coûte toujours moins cher qu'un litige

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Informations juridiques

  • Numéro: 77-14.086
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 28 février 1979

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Fermier en place acquiert la ferme sans SAFER

Monsieur Durand exploite depuis 12 ans une exploitation de 35 hectares en fermage près de Bourges (Cher). Son propriétaire, âgé, lui vend directement la ferme pour environ 250 000 € sans prévenir la SAFER (société qui peut acheter des terres agricoles pour les redistribuer). Apprenant la vente, la SAFER veut prendre la place de l'acheteur.

Application pratique:

Selon cette décision, quand la vente n'a pas été notifiée à la SAFER et que l'acheteur est le fermier en place titulaire d'un droit de préemption (priorité d'achat), la SAFER ne peut pas demander à se substituer à lui. Sa préemption ne peut jamais s'exercer contre le preneur en place. Monsieur Durand doit donc conserver son bail, l'acte de vente et la preuve de son exploitation effective. Il doit aussi contester par écrit la demande de la SAFER, en respectant les délais de recours, et consulter un avocat si elle persiste.

2

Propriétaire vendant sa vigne à son fermier

Madame Lefèbvre, propriétaire de 8 hectares de vignes près de Beaune (Côte-d'Or), loue ses terres à un viticulteur depuis 9 ans. Elle souhaite les lui vendre environ 400 000 € et craint de voir la SAFER s'immiscer dans la vente et la retarder.

Application pratique:

Le fermier en place bénéficie d'un droit de préemption que la SAFER ne peut pas écarter en se substituant à lui. Madame Lefèbvre peut donc vendre à son fermier en toute sécurité sur ce point. Elle doit vérifier que le bail est bien en cours et que le fermier remplit les conditions pour préempter, puis formaliser l'offre par écrit chez le notaire. Elle doit garder tous les courriers échangés, car ils prouvent la qualité de preneur en place en cas de contestation.

3

Notaire face à une SAFER contestant la vente

Maître Garnier, notaire à Rodez (Aveyron), rédige la vente d'une prairie de 15 hectares au locataire exploitant pour 90 000 €. La SAFER, non avertie du projet, écrit après la signature pour réclamer sa substitution, c'est-à-dire prendre la place de l'acquéreur.

Application pratique:

La jurisprudence rappelle que la substitution est une forme de préemption, et que la SAFER ne peut pas préempter contre le preneur en place titulaire du droit de préemption. Le notaire doit d'abord confirmer que l'acquéreur est bien locataire en titre, avec un bail valide et une exploitation effective. Il doit ensuite répondre par écrit à la SAFER en citant cette règle. Pour les ventes futures, il doit vérifier systématiquement la qualité de l'acquéreur, car la notification à la SAFER n'est pas toujours exigée dans ce cas, mais cela doit être analysé au cas par cas.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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