Droit Immobilier

Lorsqu'une clause d'un règlement de

📅 Décision du 03 Mai 1990⚖️ Cour de cassation👁️ 7 vues📖 2 min de lecture

Lorsqu'une clause d'un règlement de copropriété relative à la répartition des charges est réputée non écrite, la modification du règlement fixant la nouvelle répartition qui peut être décidée par l'assemblée générale des copropriétaires ou, à défaut, par décision de justice, ne peut valoir que pour l'avenir et ne peut prendre effet qu'à compter de la décision qui l'a ordonnée.

Décision de référence : cc • N° 88-18.877 • 1990-05-03 • Consulter la décision →

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La situation

Lorsqu'une clause d'un règlement de copropriété relative à la répartition des charges est réputée non écrite, la modification du règlement fixant la nouvelle répartition qui peut être décidée par l'assemblée générale des copropriétaires ou, à défaut, par décision de justice, ne peut valoir que pour l'avenir et ne peut prendre effet qu'à compter de la décision qui l'a ordonnée.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 88-18.877
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 03 mai 1990

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Locataire confronté à une régularisation de charges suite à une clause invalidée

Mme Dubois loue un appartement à Lyon depuis 2021. Le règlement de copropriété répartit les charges de chauffage collectif au prorata des tantièmes généraux, mais le tribunal déclare cette clause non écrite car certains logements disposent de compteurs individuels. La nouvelle répartition, fondée sur la consommation réelle, est décidée en assemblée générale le 15 mars 2024.

Application pratique:

La décision de justice précise que la nouvelle répartition ne prend effet qu’à compter de la décision qui l’a ordonnée, soit ici le jugement du 10 janvier 2024. Mme Dubois ne peut donc pas obtenir de remboursement pour les charges trop payées avant cette date. Pour l’avenir, elle doit vérifier que le syndic applique bien les nouveaux appels de fonds à partir du 10 janvier, et ajuster sa provision mensuelle en conséquence. En cas de régularisation annuelle, seuls les mois postérieurs au 10 janvier seront concernés par le nouveau mode de calcul.

2

Syndic bénévole face à la refonte des charges après une clause annulée

Dans une copropriété de 12 lots à Toulouse, M. Legrand, syndic bénévole, découvre que la clause répartissant les frais d’ascenseur exclusivement par étage a été jugée non écrite par la cour d’appel le 5 septembre 2023. L’assemblée générale doit voter une nouvelle clé de répartition, combinant étage et tantièmes, mais un copropriétaire exige une rétroactivité pour se faire rembourser les charges payées depuis 2018.

Application pratique:

La jurisprudence indique que toute modification du règlement consécutive à une clause réputée non écrite ne vaut que pour l’avenir, à compter de la décision de justice. M. Legrand doit refuser la demande de rétroactivité et expliquer aux copropriétaires que les sommes versées avant le 5 septembre 2023 restent acquises. Il convoquera une assemblée pour adopter la nouvelle grille, en précisant dans la résolution que la nouvelle répartition s’appliquera à partir du 5 septembre 2023. Il conservera le jugement en annexe du procès-verbal pour sécuriser la décision.

3

Futur acheteur évaluant l’impact d’une clause de charges litigieuse

M. et Mme Durand souhaitent acheter un appartement de 70 m² à Nice. Le compromis de vente mentionne que les charges d’eau froide sont réparties par quote-part fixe par lot, mais le vendeur signale qu’une décision du tribunal de grande instance du 2 avril 2024 a déclaré cette clause non écrite. Une nouvelle répartition, basée sur des compteurs divisionnaires, sera prochainement soumise au vote.

Application pratique:

D’après l’arrêt de référence, la nouvelle répartition ne pourra prendre effet qu’à compter du 2 avril 2024. Les charges antérieures à cette date restent dues selon l’ancienne clause, même si celle-ci est invalidée. Les Durand doivent donc vérifier dans les appels de fonds postérieurs au 2 avril que le syndic a bien appliqué une répartition conforme à la décision de justice, et non l’ancienne clause. Avant d’acheter, ils devraient obtenir du vendeur une copie de la décision et interroger le syndic sur l’état d’avancement du vote pour anticiper le montant exact de leurs futures provisions.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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