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Pauschalvertrag: Kündigung unmöglich, wenn die Arbeiten fast fertig sind
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Pauschalvertrag: Kündigung unmöglich, wenn die Arbeiten fast fertig sind

📅 Décision du 18 Februar 1976⚖️ Cour de cassation👁️ 13 vues📖 5 min de lecture

Wenn der Bauherr einen Pauschalvertrag kündigt, obwohl die Arbeiten praktisch abgeschlossen sind, kann er sich nicht mehr auf Artikel 1794 des Code civil berufen, um den Vertrag zu kündigen: Der Unternehmer hat Anspruch auf vollständige Zahlung. Der Kassationshof erinnert daran in einem Urteil von 1976, das immer noch anwendbar ist.

Décision de référence : cc • N° 74-13.480 • 1976-02-18 • Consulter la décision →

Vous êtes propriétaire d'une maison à Saint-Jean-de-Maurienne. Vous avez confié la rénovation de votre toiture à un entrepreneur, pour un prix forfaitaire de 25 000 €. Les travaux avancent, le toit est presque terminé, mais vous changez d'avis : vous trouvez que le chantier prend du retard, un voisin vous a parlé d'un autre artisan moins cher. Vous envoyez une lettre de résiliation. Trop tard ? La Cour de cassation répond : oui, trop tard.

Dans un arrêt du 18 février 1976 (n° 74-13.480), la plus haute juridiction française a tranché : lorsque l'entrepreneur a presque fini sa mission, le maître d'ouvrage (le client) ne peut plus résilier unilatéralement le contrat sur le fondement de l'article 1794 du Code civil. Ce texte permet pourtant au client de rompre le marché à tout moment, mais à une condition : indemniser l'entrepreneur de ses pertes. Sauf que si les travaux sont quasi achevés, la résiliation est jugée abusive. Explications.

Cette décision, rendue il y a près de cinquante ans, reste une référence pour tous les litiges entre particuliers et artisans. Elle protège l'entrepreneur contre les revirements de dernière minute et oblige le maître d'ouvrage à assumer ses engagements. Que vous soyez à Cognin, à Chambéry ou ailleurs, comprendre cet arrêt vous évitera bien des déconvenues.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

En 1972, un certain M. Robbez-Masson, propriétaire d'un immeuble, confie à la société Entreprise Générale de Constructions et de Travaux (EGCT) des travaux de rénovation, pour un prix forfaitaire. Le chantier démarre, les ouvriers s'activent. Mais à un moment donné — les documents ne précisent pas exactement pourquoi — le propriétaire se ravise. Il refuse de payer le solde et demande la résiliation du contrat.

L'entrepreneur, lui, estime avoir rempli sa part du contrat. Il saisit le tribunal pour obtenir le paiement de ce qui lui est dû. Le maître d'ouvrage réplique en invoquant l'article 1794 du Code civil, qui dispose : « Le maître peut résilier, par sa volonté seule, le marché à forfait, quoique l'ouvrage soit déjà commencé, en dédommageant l'entrepreneur de toutes ses dépenses, de tous ses travaux et de tout ce qu'il aurait pu gagner dans cette entreprise. » Autrement dit, le client peut toujours mettre fin au contrat, mais il doit payer intégralement ce que l'entrepreneur a déjà fait ET ce qu'il aurait gagné si le chantier était allé à son terme.

L'affaire arrive devant la cour d'appel de Chambéry. Les juges constatent, par un constat d'huissier du 10 février 1972, que les travaux sont « pratiquement achevés » au moment où le propriétaire dénonce le contrat. L'entrepreneur a exécuté ses engagements. La cour rejette donc la demande de résiliation et condamne Robbez-Masson à payer le solde.

Ce dernier se pourvoit en cassation. Il soutient que l'article 1794 lui donne un droit absolu de résilier, quel que soit l'état d'avancement. Mais la Cour de cassation ne le suit pas : elle approuve la cour d'appel, estimant que la dénonciation tardive ne peut entraîner la résiliation. L'arrêt est confirmé.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

Le cœur du débat porte sur l'interprétation de l'article 1794 du Code civil. Ce texte offre au maître d'ouvrage un droit de résiliation unilatérale (appelé « faculté de dédit ») : même si le chantier a commencé, il peut y mettre fin, à condition d'indemniser l'entrepreneur. Mais ce droit n'est pas absolu. Les juges ont estimé que lorsque les travaux sont « pratiquement achevés », l'abus de droit peut être invoqué.

En l'espèce, la cour d'appel a relevé que la quasi-totalité des prestations étaient réalisées. L'entrepreneur avait exécuté ses obligations. Dans ce contexte, prononcer la résiliation reviendrait à priver l'entrepreneur du fruit de son travail, alors qu'il a presque terminé. La résiliation serait une mesure disproportionnée, voire frauduleuse, si elle vise à échapper au paiement.

La Cour de cassation valide ce raisonnement. Elle rappelle que l'article 1794 n'a pas pour objet de permettre au maître d'ouvrage de se soustraire à ses dettes. Il s'agit d'une protection pour l'entrepreneur, qui doit être indemnisé de ses pertes. Mais si l'ouvrage est quasi fini, l'indemnisation devient équivalente au prix convenu : la résiliation n'a plus de sens économique. En conséquence, le contrat subsiste et le propriétaire doit payer le solde.

Cette décision s'inscrit dans une logique de bonne foi contractuelle (article 1134 du Code civil, aujourd'hui 1104). Les juges sanctionnent le comportement du maître d'ouvrage qui attend la dernière minute pour changer d'avis, au détriment de l'artisan. Depuis, cette jurisprudence est constamment reprise par les tribunaux.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Propriétaire bailleur à Cognin : vous avez signé un marché à forfait pour la réfection de la façade d'un immeuble locatif pour 40 000 €. Les travaux sont à 90 % achevés. Vous ne pouvez pas résilier pour confier le reste à un autre artisan moins cher. Vous devrez payer l'intégralité du prix au premier entrepreneur.

Locataire qui fait réaliser des travaux : si vous êtes locataire et que vous faites des aménagements avec l'accord du propriétaire, vous êtes le maître d'ouvrage. Les mêmes règles s'appliquent. Vous ne pouvez pas revenir sur votre décision quand l'artisan a presque fini.

Copropriétaire : en copropriété, le syndic peut passer des marchés à forfait pour des travaux dans les parties communes. Si un copropriétaire conteste tardivement, il ne pourra pas obtenir la résiliation s

Questions fréquentes

Puis-je résilier un marché à forfait si l'entrepreneur a presque fini ?

Non, selon la Cour de cassation (arrêt du 18 février 1976), vous ne pouvez pas résilier un marché à forfait lorsque les travaux sont pratiquement achevés, car cela constituerait un abus de droit. Vous devrez payer le solde convenu.

Que faire si l'entrepreneur ne finit pas les travaux à temps ?

Envoyez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Si le retard persiste, vous pouvez demander des pénalités de retard ou, si le contrat le prévoit, résilier avant que les travaux ne soient quasi achevés. Consultez un avocat.

Quel est le délai pour contester un marché à forfait ?

Le délai de prescription est de 5 ans à compter de la réception des travaux (loi du 17 juin 2008). Pour agir en résiliation, il faut le faire dès que le problème survient, sans attendre la fin du chantier.

Informations juridiques

  • Numéro: 74-13.480
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 18 février 1976

Mots-clés

marché à forfaitrésiliationarticle 1794travaux immobiliersentrepreneur

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire à Saint-Jean-de-Maurienne veut changer d'artisan

M. Dupont, propriétaire d'une maison à Saint-Jean-de-Maurienne, a signé un marché à forfait de 30 000 € pour une extension. Les travaux sont à 85 % achevés, mais il trouve un autre artisan moins cher. Il veut résilier le contrat.

Application pratique:

D'après l'arrêt de 1976, M. Dupont ne peut pas résilier : les travaux sont quasi achevés. Il doit payer l'intégralité au premier entrepreneur et ne peut confier les finitions à un tiers sans risque de double paiement. Il aurait dû agir dès les premiers jours.

2

Locataire à Cognin fait poser une cuisine

Mme Martin, locataire à Cognin, fait installer une cuisine équipée par un artisan pour 8 000 €. Après 90 % des travaux, elle se brouille avec l'artisan et veut résilier.

Application pratique:

En tant que maître d'ouvrage, elle est soumise à l'article 1794. La résiliation est impossible car les travaux sont quasi finis. Elle doit payer le solde. En revanche, si l'artisan a mal posé les meubles, elle peut demander une réduction de prix ou des dommages-intérêts.

3

Copropriétaire à Chambéry conteste des travaux

Dans une copropriété à Chambéry, le syndic a voté des travaux de ravalement pour 100 000 €. Un copropriétaire conteste le choix de l'entreprise et veut résilier le marché alors que les échafaudages sont posés et que les travaux ont commencé.

Application pratique:

Le copropriétaire ne peut pas résilier unilatéralement le marché à forfait : c'est le syndic qui est le maître d'ouvrage. Si les travaux sont quasi achevés, la résiliation serait abusive. Il doit payer sa quote-part et peut éventuellement agir en responsabilité contre le syndic si des fautes sont prouvées.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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