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Nouveau règlement de copropriété adopté en AG : opposable à tous, même sans publication ?
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Nouveau règlement de copropriété adopté en AG : opposable à tous, même sans publication ?

📅 Décision du 23 juin 1976⚖️ Cour de cassation👁️ 13 vues📖 7 min de lecture

Un nouveau règlement de copropriété, régulièrement adopté par l'assemblée générale, est opposable à tous les copropriétaires, même sans publication. Seuls les ayants cause à titre particulier (acquéreurs, locataires) doivent en avoir connaissance par la publication. Délai de contestation : 2 mois.

Décision de référence : cc • N° 75-10.575 • 1976-06-23 • Consulter la décision →

Imaginez la scène : à Gemenos, dans une résidence paisible, Mme D. reçoit un courrier du syndic lui annonçant que l'assemblée générale (AG) a adopté un nouveau règlement de copropriété. Elle n'avait pas voté contre, mais elle n'a pas contesté la décision dans les deux mois. Aujourd'hui, elle ne peut plus louer son appartement à des touristes, car le nouveau règlement interdit les locations de courte durée. Furieuse, elle s'interroge : ce règlement lui est-il opposable, même si elle n'a pas été informée personnellement ? Et que dire de son locataire, M. T., qui a signé un bail avant l'adoption du nouveau texte ? Cette décision de la Cour de cassation du 23 juin 1976 apporte une réponse claire : un nouveau règlement, régulièrement adopté, s'impose à tous les copropriétaires, sans nécessité de publication pour eux. Mais attention, pour les tiers (acquéreurs, locataires), la publication est indispensable. undefined si vous êtes copropriétaire, vous devez réagir vite après une AG. Décryptage.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

Dans cette affaire, un immeuble en copropriété situé dans le ressort de la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait établi un règlement en 1956. En mars 1972, l'assemblée générale des copropriétaires vote une résolution visant à adopter un nouveau règlement. Le propriétaire d'un appartement de cinq pièces, qui louait chaque pièce séparément à des étudiants, s'oppose à ce nouveau texte qui restreint les locations. Il conteste la décision, mais trop tard : l'action en nullité est prescrite (forclose) car il n'a pas agi dans le délai de deux mois prévu par l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965. La question qui se pose alors : ce nouveau règlement est-il opposable à ce propriétaire, malgré l'absence de publication ? La cour d'appel avait jugé que oui, et la Cour de cassation confirme. undefined, l'assemblée générale avait le pouvoir de modifier le règlement, et le copropriétaire dissident ne peut plus revenir en arrière. Le pourvoi rejette l'argument selon lequel le nouveau règlement n'aurait jamais pris corps faute de publication. Les juges rappellent que la publication n'est nécessaire que pour rendre le règlement opposable aux ayants cause à titre particulier, comme les locataires ou les acquéreurs.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation s'appuie sur l'article 42 de la loi du 10 juillet 1965, qui fixe un délai de deux mois pour contester les décisions d'assemblée générale, sous peine de forclusion (perte du droit d'agir). Ce texte est fondamental : il garantit la sécurité juridique des décisions collectives. En l'espèce, le copropriétaire n'avait pas agi dans ce délai, donc la décision lui était opposable. Mais la Cour va plus loin : elle précise que la publication du règlement à la conservation des hypothèques (aujourd'hui service de la publicité foncière) n'est pas une condition de son opposabilité entre copropriétaires. En effet, le règlement de copropriété est un document qui régit les rapports entre copropriétaires, et son adoption en AG vaut acceptation par tous, même les absents ou opposants, sauf contestation dans les délais. undefined, c'est que la publication ne sert qu'à informer les tiers, notamment les futurs acquéreurs ou locataires. Pour eux, le règlement ne leur est opposable que s'il a été publié. La Cour distingue ainsi deux situations : les copropriétaires, liés par le vote majoritaire, et les tiers, qui doivent pouvoir consulter le règlement publié. Cette décision est une confirmation d'une jurisprudence constante : l'AG est souveraine, et le règlement modifié s'applique immédiatement entre copropriétaires. Attention toutefois : si la modification touche à la destination de l'immeuble ou aux parties communes, elle peut être soumise à l'unanimité. Mais ce n'était pas le cas ici.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour les copropriétaires : si une AG adopte un nouveau règlement, vous devez le contester dans les deux mois, sinon il vous sera opposable, même si vous n'étiez pas d'accord. Exemple : à Septèmes-les-Vallons, un copropriétaire qui n'a pas voté contre une interdiction des animaux domestiques devra s'y plier, même s'il avait un chien avant. Pour les acquéreurs : avant d'acheter, vérifiez que le règlement a bien été publié. Si ce n'est pas le cas, vous pourriez ne pas être tenu par certaines clauses. Mais attention, la publication est souvent faite tardivement. undefined, j'ai rencontré des dossiers où des acquéreurs ont été surpris par des restrictions non publiées : ils ont pu les contester. Pour les locataires : le règlement ne vous est opposable que s'il a été publié ET si le bail le mentionne. Sinon, vous pouvez ignorer certaines clauses. Exemple : un locataire à Gemenos loue un studio avec une clause interdisant les animaux, mais le règlement n'est pas publié : il peut avoir un chat sans crainte. Pour les syndics : veillez à publier tout nouveau règlement dans les deux mois suivant l'AG, sous peine de le rendre inopposable aux tiers. Coût : environ 150 €. Délai de publication : 2 mois après l'AG.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Conservez précieusement les procès-verbaux d'AG. En cas de contestation, vous devez prouver que vous avez reçu la notification dans les délais. Gardez aussi les justificatifs d'envoi.
  • Contestez rapidement toute décision qui vous paraît illégale. Le délai de deux mois est impératif. Ne comptez pas sur un éventuel recours gracieux : assignez devant le tribunal judiciaire.
  • Exigez la publication de tout nouveau règlement. Si vous êtes syndic, faites publier le règlement dans les deux mois. Si vous êtes copropriétaire, vérifiez que c'est fait.
  • Avant d'acheter ou de louer, demandez le règlement de copropriété à jour et vérifiez sa publication. Vous pouvez consulter le service de publicité foncière ou demander au syndic un certificat de publication.

Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

La Cour de cassation a réaffirmé ce principe dans un arrêt ultérieur (Civ. 3e, 19 décembre 1990, n°89-13.685), en précisant que le nouveau règlement s'applique même si l'ancien n'a pas été formalisé par écrit. Plus récemment, la loi ALUR de 2014 a renforcé les obligations de publication : tout règlement modifié doit être publié, sous peine d'inopposabilité aux acquéreurs. La tendance des tribunaux est de protéger les tiers (acquéreurs, locataires) en exigeant la publication, tout en maintenant la rigueur du délai de contestation pour les copropriétaires. En pratique, les juges sont stricts : si vous n'avez pas contesté dans les deux mois, vous ne pourrez plus rien faire, sauf vice de procédure (défaut de convocation, par exemple).

Checklist avant d'agir

FAQ :

  • Puis-je contester un règlement adopté il y a un an ? Non, le délai de deux mois est dépassé, sauf si vous prouvez un défaut d'information.
  • Que faire si je suis locataire et que le règlement m'interdit de fumer ? Vérifiez si le règlement a été publié. Si non, l'interdiction ne vous est pas opposable.
  • Quel est le coût d'une contestation ? Une assignation en justice coûte entre 150 et 300 € de frais, plus les honoraires d'avocat (environ 1 500 € pour une procédure simple). Mais une consultation préalable de 30 minutes à 45 € peut éviter des frais.
  • Le syndic peut-il modifier le règlement sans AG ? Non, seule l'AG peut modifier le règlement, à la majorité simple ou qualifiée selon la clause.
  • Comment savoir si un règlement a été publié ? Demandez un extrait au service de publicité foncière (coût : 12 €) ou au syndic.

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Questions fréquentes

Puis-je contester un règlement de copropriété adopté il y a plus de deux mois ?

Non, le délai de contestation est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d'assemblée générale. Passé ce délai, vous êtes forclos et le règlement vous est opposable.

Que faire si je suis locataire et que le règlement de copropriété m'interdit de fumer ?

Vérifiez si le règlement a été publié au service de publicité foncière. Si ce n'est pas le cas, l'interdiction ne vous est pas opposable. Si le bail mentionne le règlement, il peut être applicable même sans publication.

Quel est le coût pour contester une décision d'assemblée générale ?

Les frais d'assignation (150-300 €) et les honoraires d'avocat (environ 1 500 € pour une procédure simple). Une consultation préalable de 30 minutes à 45 € peut vous aider à évaluer vos chances.

Le syndic peut-il modifier le règlement de copropriété sans vote ?

Non, seule l'assemblée générale des copropriétaires peut modifier le règlement, à la majorité prévue par le règlement (simple ou qualifiée).

Comment vérifier si un règlement de copropriété a été publié ?

Vous pouvez demander un extrait au service de publicité foncière (coût : 12 €) ou interroger le syndic qui doit fournir un certificat de publication.

Informations juridiques

  • Numéro: 75-10.575
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 23 juin 1976

Mots-clés

règlement de copropriétéassemblée généraleopposabilitépublicationcopropriété

Cas d'usage pratiques

1

Copropriétaire à Gemenos contestant une interdiction de location courte durée

Mme D., propriétaire d'un appartement à Gemenos, loue en meublé saisonnier. L'AG adopte un nouveau règlement interdisant les locations de moins de 3 mois. Elle ne conteste pas dans les deux mois. Elle doit désormais respecter l'interdiction.

Application pratique:

La décision rappelle que le délai de contestation est impératif. Si vous êtes dans cette situation, vous devez agir immédiatement après l'AG. Consultez un avocat pour vérifier si la décision est légale et, si oui, respectez-la.

2

Acquéreur à Septèmes-les-Vallons confronté à une clause non publiée

M. T. achète un appartement à Septèmes-les-Vallons. Le règlement de copropriété interdit les animaux, mais n'a pas été publié. Il a un chien. Le syndic lui demande de s'en séparer.

Application pratique:

L'acquéreur peut contester l'opposabilité de la clause car elle n'a pas été publiée. Il doit demander au syndic la preuve de la publication. Si elle fait défaut, il peut ignorer l'interdiction.

3

Locataire à Marseille ignorant un règlement restrictif

Un locataire à Marseille signe un bail sans mention du règlement de copropriété. Le règlement interdit les animaux, mais n'est pas publié. Il adopte un chat.

Application pratique:

Le règlement n'est pas opposable au locataire car non publié et non mentionné au bail. Le locataire peut garder son animal. Le propriétaire ne peut pas l'expulser pour ce motif.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

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