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Règlement de copropriété contractuel : un propriétaire ne peut pas s'en affranchir seul
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Règlement de copropriété contractuel : un propriétaire ne peut pas s'en affranchir seul

📅 Décision du 07 avril 2004⚖️ Cour de cassation👁️ 11 vues📖 6 min de lecture

La Cour de cassation rappelle que le règlement de copropriété a force obligatoire pour tous les copropriétaires. Un propriétaire ne peut donc pas unilatéralement se soustraire à ses obligations, même pour des lots atypiques comme un droit d'affouiller. Seule une décision d'assemblée générale à la majorité de l'article 26 peut modifier les charges.

Décision de référence : cc • N° 02-14.670 • 2004-04-07 • Consulter la décision →

Vous êtes propriétaire d'un appartement à Mandelieu, et chaque mois, vous payez des charges de copropriété qui augmentent. Mais que se passerait-il si votre lot était un simple droit de fouiller sous l'immeuble, sans aucun local ? Pourriez-vous décider un jour que vous n'avez plus à payer, puisque vous n'utilisez rien ? C'est exactement la question que la Cour de cassation a tranchée le 7 avril 2004. Et la réponse est claire : non. Le règlement de copropriété est un contrat. On n'en sort pas seul. Décryptage de cette décision qui concerne bien des copropriétés de la Côte d'Azur.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

Imaginez une copropriété à Cannes, avec des lots classiques (appartements, caves) et un lot particulier : un droit d'affouiller (c'est-à-dire le droit de creuser et d'utiliser le sous-sol). Le propriétaire de ce lot, une société (appelons-la SNC), estimait que son lot n'ayant plus d'utilité réelle, il ne devait plus payer les charges de copropriété correspondantes. Il a donc cessé de payer. Le syndicat des copropriétaires l'a assigné en paiement des charges impayées. Devant la cour d'appel, la SNC a perdu : elle a été condamnée à payer. Elle a alors formé un pourvoi en cassation. Son argument principal ? Le règlement de copropriété prévoyait une répartition des charges basée sur des tantièmes (parts de copropriété). Or, selon elle, dès lors que le lot ne pouvait plus recevoir l'affectation prévue (par exemple, plus de construction possible en sous-sol), la clause de répartition était « non écrite », et donc elle n'avait plus à payer. Mais la Cour de cassation n'a pas suivi ce raisonnement.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation a approuvé la cour d'appel. Elle rappelle un principe fondamental : le règlement de copropriété a un caractère contractuel (c'est un contrat entre tous les copropriétaires). En conséquence, un copropriétaire ne peut pas unilatéralement (tout seul) se dégager de ses obligations sans l'accord des autres. undefined, si le règlement vous impose de payer des charges, vous devez les payer, même si votre lot est devenu inutile ou différent. Le seul moyen de modifier cette obligation, c'est une décision de l'assemblée générale des copropriétaires, prise à la majorité de l'article 26 a) de la loi du 10 juillet 1965 (majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix). undefined la SNC ne pouvait pas décider seule de ne plus payer. Elle devait d'abord demander une modification du règlement en assemblée générale. La Cour précise aussi que le syndicat ne peut pas procéder à une acquisition immobilière (par exemple, racheter le lot) sans une décision de l'assemblée générale. Donc, pas de solution hors du cadre collectif.

undefined, c'est que cette décision confirme une jurisprudence constante : le règlement de copropriété est la loi des parties. On ne peut pas y déroger individuellement. Attention toutefois : si la répartition des charges devenait manifestement abusive ou contraire à l'ordre public, on pourrait la contester. Mais ici, la simple inutilité du lot ne suffit pas.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Si vous êtes propriétaire d'un lot à usage de parking à Mandelieu, et que vous ne vous en servez plus, vous ne pouvez pas arrêter de payer les charges de copropriété qui lui sont affectées. De même, si vous êtes copropriétaire d'un local commercial à Cannes qui a perdu de sa valeur, vous devez continuer à contribuer aux charges communes. Cette décision protège les autres copropriétaires : sans elle, certains pourraient se soustraire à leurs obligations, ce qui ferait peser une charge plus lourde sur les autres.

undefined, j'ai rencontré des dossiers où un propriétaire de cave inondée estimait ne pas devoir payer les charges. La jurisprudence est constante : tant que le règlement n'est pas modifié, on paie. Si vous êtes dans cette situation, vous devez soit demander une modification du règlement en assemblée générale (majorité renforcée), soit envisager de vendre votre lot. Les charges impayées peuvent entraîner des pénalités et une action en justice. Par exemple, pour un lot avec des charges annuelles de 1 200 €, trois ans d'impayés représentent 3 600 €, plus les frais de procédure.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Lisez attentivement votre règlement de copropriété avant d'acheter. Si un lot est atypique (droit d'affouiller, cave, parking), renseignez-vous sur les charges qui lui sont affectées. Ne comptez pas sur une inutilisation future pour vous en libérer.
  • Si votre lot devient inexploitable, agissez collectivement. Convoquez une assemblée générale pour proposer une modification de la répartition des charges ou une cession du lot au syndicat. La majorité de l'article 26 est exigeante, mais c'est la seule voie légale.
  • N'arrêtez jamais de payer unilatéralement. Même si vous estimez que les charges sont injustes, continuez à payer sous réserve. Ensuite, engagez une action en justice pour contester la répartition. L'arrêt des paiements expose à des poursuites et à des frais supplémentaires.
  • Consultez un avocat spécialisé dès les premières difficultés. Un conseil précoce peut éviter une condamnation aux charges impayées majorées. À Cannes ou Mandelieu, Maître Zakine peut vous aider à analyser votre situation.

Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cette décision de 2004 s'inscrit dans une lignée constante. Déjà en 1999, la Cour de cassation avait jugé que le règlement de copropriété a force obligatoire (Civ. 3e, 10 mars 1999). Plus récemment, elle a rappelé que la modification des charges nécessite l'unanimité ou la majorité de l'article 26 selon les cas (Civ. 3e, 12 septembre 2019). La tendance est donc claire : pas de liberté individuelle face au contrat collectif. Pour l'avenir, la loi ALUR de 2014 a renforcé les pouvoirs de l'assemblée générale, mais le principe reste le même. On ne peut pas s'affranchir seul du règlement.

Récapitulatif et prochaines étapes

FAQ :

  • Puis-je cesser de payer les charges si mon lot est inutilisable ? Non, tant que le règlement n'est pas modifié par l'assemblée générale.
  • Que faire si je veux me libérer de mon lot ? Proposer sa vente au syndicat ou à un tiers, ou demander une modification du règlement.
  • Quel délai pour contester une répartition des charges ? Vous avez 5 ans à compter de la décision d'assemblée générale qui l'a fixée.
  • Puis-je obtenir une réduction de charges si mon lot est devenu sans valeur ? Seule une décision de justice ou un vote en AG peut modifier la répartition.

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Questions fréquentes

Puis-je cesser de payer mes charges de copropriété si mon lot (cave, parking) est inutilisable ?

Non, le règlement de copropriété a force obligatoire. Vous devez continuer à payer tant que l'assemblée générale n'a pas modifié la répartition des charges.

Que faire si je veux me libérer d'un lot qui n'a plus de valeur ?

Vous pouvez proposer la vente de votre lot au syndicat ou à un tiers, ou demander une modification du règlement en assemblée générale à la majorité de l'article 26.

Quels sont les risques si j'arrête de payer unilatéralement ?

Le syndicat peut vous poursuivre en justice, obtenir une condamnation aux charges impayées majorées, et vous devrez payer des frais de procédure et des intérêts.

Puis-je contester la répartition des charges si elle est devenue injuste ?

Oui, mais pas en cessant de payer. Vous devez saisir le tribunal judiciaire pour faire annuler la clause, tout en continuant à payer sous réserve.

Quelle majorité faut-il pour modifier le règlement de copropriété ?

Pour une modification des charges, c'est la majorité de l'article 26 de la loi de 1965 : majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix.

Informations juridiques

  • Numéro: 02-14.670
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 07 avril 2004

Mots-clés

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Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire d'un droit d'affouiller à Cannes

Un propriétaire possède un lot consistant en un droit de fouiller sous l'immeuble, mais le sous-sol n'est plus exploitable. Il arrête de payer ses charges. Le syndicat l'assigne.

Application pratique:

Le propriétaire doit reprendre le paiement des charges et convoquer une AG pour modifier le règlement. S'il ne le fait pas, il risque une condamnation aux charges impayées. La jurisprudence de 2004 le confirme.

2

Copropriétaire d'une cave inondée à Mandelieu

Un copropriétaire a une cave régulièrement inondée, inutilisable. Il estime ne pas devoir payer les charges de cette cave et cesse de les verser.

Application pratique:

Il doit continuer à payer et demander une modification de la répartition des charges en AG. En cas de refus, il peut vendre la cave ou agir en justice pour faire constater le caractère abusif des charges.

3

Acquéreur d'un lot atypique dans une copropriété

Un acheteur est intéressé par un lot de type 'droit d'affouiller' à bas prix, mais découvre que les charges sont élevées. Il hésite à acheter.

Application pratique:

Avant d'acheter, il doit consulter le règlement de copropriété et les charges réelles. Il ne pourra pas se libérer unilatéralement des charges après acquisition. Il doit prévoir une stratégie de modification du règlement en AG.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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