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Droit Immobilier

Une société qui était convenue de

📅 Décision du 06 Februar 1996⚖️ Cour de cassation📖 2 min de lecture

Une société qui était convenue de consentir à une autre un bail commercial, dont tous les éléments de validité étaient déjà réunis, ayant été mise ultérieurement en liquidation judiciaire et le liquidateur ayant refusé de signer le bail ainsi prévu, l'arrêt qui a ordonné sa régularisation dans le respect des engagements antérieurs se trouve justifié dès lors que le bail litigieux constituait un contrat en cours au sens de l'article 37 de la loi du 25 janvier 1985 et que si, en vertu de ce texte, le liquidateur dispose seul de la faculté d'exiger l'exécution du contrat, son refus de l'exécuter ne met pas fin à celui-ci et confère seulement au cocontractant un droit acquis à faire prononcer la résiliation et à déclarer au passif sa créance de dommages-intérêts résultant de l'inexécution.

Décision de référence : cc • N° 92-16.886 • 1996-02-06 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Une société qui était convenue de consentir à une autre un bail commercial, dont tous les éléments de validité étaient déjà réunis, ayant été mise ultérieurement en liquidation judiciaire et le liquidateur ayant refusé de signer le bail ainsi prévu, l'arrêt qui a ordonné sa régularisation dans le respect des engagements antérieurs se trouve justifié dès lors que le bail litigieux constituait un contrat en cours au sens de l'article 37 de la loi du 25 janvier 1985 et que si, en vertu de ce texte, le liquidateur dispose seul de la faculté d'exiger l'exécution du contrat, son refus de l'exécuter ne met pas fin à celui-ci et confère seulement au cocontractant un droit acquis à faire prononcer la résiliation et à déclarer au passif sa créance de dommages-intérêts résultant de l'inexécution.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
  • Anticipez : un conseil préventif coûte toujours moins cher qu'un litige

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Informations juridiques

  • Numéro: 92-16.886
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 06 février 1996

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Le liquidateur refuse de signer le bail commercial promis

En mars, la société Boulangerie Martin (Lyon) s'est engagée avec la SCI Rhône Immo à louer un local de 80 m² pour 1 800 € par mois, avec loyer, durée et local déjà fixés. En avril, la SCI est placée en liquidation judiciaire (procédure qui vend les biens d'une société en difficulté pour payer ses dettes) et le liquidateur refuse de signer le bail écrit. Le boulanger a déjà commandé 25 000 € d'équipements.

Application pratique:

Le bail promis, dont tous les éléments sont réunis, est un « contrat en cours » : le refus du liquidateur ne l'anéantit pas. Le boulanger peut saisir le tribunal pour demander la régularisation du bail, comme l'a admis la Cour de cassation le 6 février 1996 (n° 92-16.886). Il doit agir vite, rassembler la promesse, les échanges de courriers et les devis d'équipements, et consulter un avocat avant d'engager d'autres dépenses.

2

Bailleur en liquidation : le locataire veut quitter et être indemnisé

Mme Lefèvre, gérante d'un cabinet d'ostéopathie à Bordeaux, devait prendre à bail pour 9 ans un local de 60 m² à 1 400 € par mois, selon un accord écrit. Le propriétaire, une société, est mis en liquidation judiciaire et le liquidateur refuse d'exécuter l'accord. Elle a perdu trois mois à chercher un autre local et engagé 6 000 € de frais d'aménagement.

Application pratique:

Le refus du liquidateur ne met pas fin au contrat, mais donne à Mme Lefèvre un droit acquis à demander la résiliation (la fin judiciaire de l'accord). Elle peut aussi déclarer au passif de la société, c'est-à-dire auprès du liquidateur dans les délais légaux, une créance de dommages-intérêts pour l'inexécution. Elle doit chiffrer son préjudice (frais, perte de temps, surcoût du nouveau local) et conserver tous les justificatifs. Elle doit aussi respecter strictement le délai de déclaration de créance, sinon elle risque de perdre son droit.

3

Investisseur face à un liquidateur qui bloque la location

M. Benhamou, investisseur à Marseille, a conclu un accord complet avec une société de restauration pour lui louer un local de 120 m² à 3 000 € par mois, avec un pas-de-porte (somme versée à l'entrée) de 20 000 €. Avant la signature définitive, la société est mise en liquidation judiciaire et le liquidateur ne répond pas. Le local reste vide depuis deux mois.

Application pratique:

Il s'agit d'un contrat en cours : seul le liquidateur peut exiger son exécution, et son silence ou son refus ne l'annule pas. M. Benhamou peut mettre le liquidateur en demeure (sommation écrite) de prendre position. À défaut, il peut demander en justice la résiliation pour retrouver sa liberté de relouer, et déclarer au passif sa créance de dommages-intérêts. Il doit garder la trace de tous les accords antérieurs, car ils prouvent que le bail était déjà parfait.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

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