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Vente en l'état futur d'achèvement : quand le prêt refusé ne permet pas de récupérer son dépôt de garantie
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Vente en l'état futur d'achèvement : quand le prêt refusé ne permet pas de récupérer son dépôt de garantie

📅 Décision du 23 février 1977⚖️ Cour de cassation👁️ 6 vues📖 8 min de lecture

La Cour de cassation précise que seuls les prêts que le vendeur s'est engagé à obtenir ou transmettre dans le contrat préliminaire permettent à l'acquéreur d'invoquer la condition suspensive d'obtention de prêt pour récupérer son dépôt de garantie. Un arrêt essentiel pour les acquéreurs en VEFA.

Décision de référence : cc • N° 75-14.098 • 1977-02-23 • Consulter la décision →

Vous avez signé un contrat de réservation pour un appartement neuf à Libourne. Le promoteur vous réclame un dépôt de garantie de 5 % du prix. Vous comptez sur un prêt immobilier pour financer l'achat. Mais la banque refuse votre dossier. Vous pensez pouvoir récupérer votre dépôt ? Pas si vite. La Cour de cassation en urbanisme">Cour de cassation a tranché : tout dépend de ce qui est écrit dans le contrat préliminaire. Cette décision de 1977, toujours d'actualité, mérite qu'on s'y attarde.

Que dit exactement cet arrêt ? Que les prêts dont l'absence permet de récupérer le dépôt de garantie ne sont que ceux que le vendeur s'est engagé à faire obtenir ou à transmettre. Si vous avez simplement mentionné un prêt que vous comptiez obtenir par vous-même, sans engagement du vendeur, vous ne pouvez pas invoquer la condition suspensive. Une nuance qui change tout.

Dans cet article, je vous raconte l'histoire derrière cette décision, je décortique le raisonnement des juges, et je vous donne des conseils pratiques pour éviter de perdre votre dépôt. Que vous soyez acquéreur à Pessac, propriétaire bailleur à Bordeaux, ou promoteur, ces règles vous concernent.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. et Mme X, un couple de Libourne, souhaitent acheter un appartement dans une résidence neuve à Pessac. Ils signent un contrat préliminaire de vente en l'état futur d'achèvement (VEFA) avec la société civile immobilière Y. Le contrat prévoit un dépôt de garantie de 5 % du prix, soit 15 000 €. Il est stipulé que ce dépôt sera restitué si la vente n'est pas réalisée du fait du vendeur, ou si l'acquéreur n'obtient pas les prêts prévus au contrat.

Le contrat mentionne que les acquéreurs solliciteront un prêt auprès du Crédit Foncier. Mais le contrat ne précise pas que le vendeur s'engage à faire obtenir ce prêt. Les époux X déposent leur demande de prêt, mais le Crédit Foncier refuse. Ils demandent alors au vendeur la restitution du dépôt de garantie, estimant que la condition suspensive d'obtention de prêt n'est pas réalisée. Le vendeur refuse, arguant que le prêt mentionné n'était pas un prêt qu'il s'était engagé à obtenir.

Le litige est porté devant le tribunal. Les époux X perdent en première instance et en appel. Ils se pourvoient en cassation. La Cour de cassation, dans son arrêt du 23 février 1977, rejette leur pourvoi. Elle confirme que seuls les prêts que le vendeur s'est engagé à obtenir ou à transmettre dans le contrat préliminaire peuvent être invoqués par l'acquéreur pour demander la restitution du dépôt de garantie. En l'espèce, le contrat ne comportait pas un tel engagement, donc le refus de prêt ne permettait pas de récupérer le dépôt.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation fonde sa décision sur l'article 11 de la loi du 3 janvier 1967 et les articles 30, 31 et 35 du décret du 22 décembre 1967, relatifs aux ventes d'immeubles à construire. Ces textes, aujourd'hui codifiés dans le Code de la construction et de l'habitation, encadrent les contrats préliminaires de VEFA. Ils prévoient que le dépôt de garantie peut être restitué si l'acquéreur n'obtient pas les prêts prévus au contrat.

Mais la Cour précise une condition essentielle : ces prêts doivent être ceux que le vendeur s'est engagé à faire obtenir ou à transmettre. undefined, si le contrat préliminaire mentionne simplement un prêt que l'acquéreur compte solliciter, sans engagement du vendeur, ce prêt n'entre pas dans le champ de la condition suspensive. undefined le vendeur n'est pas tenu de vous aider à obtenir un prêt que vous recherchez seul.

La Cour rejette l'argument des époux X qui soutenaient que le simple fait de mentionner le Crédit Foncier dans le contrat suffisait à créer une obligation pour le vendeur. Les juges estiment que le contrat ne comportait aucun engagement du vendeur de faire obtenir ce prêt. undefined, le vendeur n'avait pas promis de transmettre le prêt ou de faciliter son obtention. Par conséquent, la condition n'était pas remplie, et le dépôt restait acquis au vendeur.

Attention toutefois : cette décision ne remet pas en cause la validité des conditions suspensives. Elle en précise simplement les contours. undefined, c'est que cette interprétation est toujours appliquée aujourd'hui. undefined, j'ai rencontré des dossiers où des acquéreurs, croyant être protégés, ont perdu leur dépôt parce que le contrat ne mentionnait pas l'engagement du vendeur. La leçon est claire : lisez attentivement votre contrat préliminaire.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour l'acquéreur en VEFA : Vous devez vérifier que le contrat préliminaire mentionne expressément que le vendeur s'engage à vous faire obtenir le prêt ou à vous le transmettre. Sans cette mention, un refus de prêt ne vous permettra pas de récupérer votre dépôt de garantie. Exemple : à Pessac, un couple réserve un appartement à 300 000 €. Le contrat mentionne « prêt Crédit Foncier » mais sans engagement du vendeur. La banque refuse. Le couple perd son dépôt de 15 000 €. Pour éviter cela, demandez une clause précisant l'engagement du vendeur.

Pour le vendeur ou promoteur : Cette décision vous protège. Vous n'êtes pas tenu de restituer le dépôt si l'acquéreur n'a pas obtenu un prêt qu'il devait solliciter seul. Toutefois, si vous vous engagez à transmettre un prêt, vous devez le faire. Dans le cas contraire, l'acquéreur pourra exiger la restitution du dépôt. Soyez donc précis dans la rédaction du contrat préliminaire.

Pour le propriétaire bailleur : Si vous vendez un bien en VEFA, les mêmes règles s'appliquent. Assurez-vous que votre contrat préliminaire est clair sur les prêts concernés. En cas de litige, cette décision vous offre une base solide pour refuser la restitution si l'engagement n'était pas pris.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Exigez une clause claire dans le contrat préliminaire : Faites préciser par écrit que le vendeur s'engage à vous obtenir le prêt ou à vous le transmettre. Ne vous contentez pas d'une simple mention de l'établissement prêteur.
  • Conservez tous les justificatifs de demande de prêt : En cas de refus, vous devrez prouver que vous avez sollicité le prêt dans les conditions prévues au contrat (montant, durée, taux). Gardez les accusés de réception et les refus de la banque.
  • Faites appel à un avocat avant de signer : Un professionnel du droit immobilier peut vérifier que la condition suspensive est correctement rédigée. Le coût d'une consultation est dérisoire par rapport au montant du dépôt de garantie.
  • En cas de refus de prêt, agissez vite : La condition suspensive a généralement un délai (ex. 30 jours). Notifiez le vendeur par lettre recommandée avec accusé de réception dans ce délai, en joignant les justificatifs. Ne tardez pas.

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Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

La décision du 23 février 1977 s'inscrit dans une lignée constante de la Cour de cassation. Elle a été confirmée par un arrêt ultérieur du 6 juillet 1983 (n° 81-15.566) qui rappelle que l'acquéreur ne peut se prévaloir du refus d'un prêt que si le contrat préliminaire mentionne l'engagement du vendeur de le faire obtenir. En revanche, un arrêt du 9 juillet 1997 (n° 95-17.342) a précisé que si le contrat indique que l'acquéreur devra justifier d'une demande de prêt conforme, le vendeur doit alors restituer le dépôt même sans engagement exprès. undefined, c'est que la jurisprudence a évolué vers une protection accrue de l'acquéreur, mais la condition de l'engagement du vendeur reste un élément central.

La tendance actuelle des tribunaux est de lire strictement les clauses des contrats préliminaires. Si le vendeur a une obligation de moyen (il doit s'efforcer d'obtenir le prêt), l'acquéreur est mieux protégé. En l'absence d'une telle obligation, le risque est pour l'acquéreur. Pour l'avenir, je conseille aux acquéreurs de négocier une clause d'engagement du vendeur, et aux vendeurs de rédiger des clauses précises pour éviter les contestations.

En pratique : ce qu'il faut faire

FAQ :

  1. Puis-je récupérer mon dépôt de garantie si mon prêt est refusé ? Oui, si le contrat préliminaire mentionne que le vendeur s'engage à vous faire obtenir le prêt. Sinon, non.
  2. Que faire si le contrat ne précise pas l'engagement du vendeur ? Vous pouvez tenter de négocier un avenant avant la signature de l'acte authentique. Sinon, vous risquez de perdre votre dépôt en cas de refus de prêt.
  3. Quels délais pour agir ? Vous devez notifier le vendeur du refus de prêt dans le délai prévu au contrat (généralement 30 à 45 jours). Passé ce délai, vous perdez le bénéfice de la condition suspensive.
  4. Le vendeur peut-il refuser de restituer le dépôt si j'ai fait une demande de prêt non conforme ? Oui. La demande doit correspondre aux caractéristiques mentionnées au contrat (montant, durée, taux). Si vous demandez un prêt différent, le vendeur peut refuser la restitution.
  5. Cette décision s'applique-t-elle encore aujourd'hui ? Oui, elle est toujours citée par les tribunaux. Les règles ont été codifiées, mais l'interprétation reste la même.

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Questions fréquentes

Puis-je récupérer mon dépôt de garantie si mon prêt est refusé ?

Oui, si le contrat préliminaire mentionne que le vendeur s'engage à vous faire obtenir le prêt. Sinon, non.

Que faire si le contrat ne précise pas l'engagement du vendeur ?

Vous pouvez tenter de négocier un avenant avant la signature de l'acte authentique. Sinon, vous risquez de perdre votre dépôt en cas de refus de prêt.

Quels délais pour agir ?

Vous devez notifier le vendeur du refus de prêt dans le délai prévu au contrat (généralement 30 à 45 jours). Passé ce délai, vous perdez le bénéfice de la condition suspensive.

Le vendeur peut-il refuser de restituer le dépôt si j'ai fait une demande de prêt non conforme ?

Oui. La demande doit correspondre aux caractéristiques mentionnées au contrat (montant, durée, taux). Si vous demandez un prêt différent, le vendeur peut refuser la restitution.

Cette décision s'applique-t-elle encore aujourd'hui ?

Oui, elle est toujours citée par les tribunaux. Les règles ont été codifiées, mais l'interprétation reste la même.

Informations juridiques

  • Numéro: 75-14.098
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 23 février 1977

Mots-clés

VEFAdépôt de garantiecondition suspensiveprêt immobiliervente en l'état futur d'achèvement

Cas d'usage pratiques

1

Acquéreur en VEFA à Pessac

Un couple réserve un appartement à 300 000 €. Contrat préliminaire mentionne 'prêt Crédit Foncier' sans engagement du vendeur. Refus de prêt. Ils perdent leur dépôt de 15 000 €.

Application pratique:

Vérifiez que le contrat préliminaire contient une clause par laquelle le vendeur s'engage à faire obtenir le prêt. Si ce n'est pas le cas, demandez une modification avant de verser le dépôt.

2

Promoteur à Libourne

Un promoteur vend des lots en VEFA. Un acquéreur n'obtient pas son prêt et réclame la restitution du dépôt. Le promoteur refuse car le contrat ne mentionnait aucun engagement de sa part.

Application pratique:

Le promoteur peut conserver le dépôt si le contrat ne prévoit pas son engagement. Il doit néanmoins prouver que l'acquéreur a été informé des conditions. Rédiger des clauses claires est essentiel.

3

Propriétaire bailleur vendant un bien en VEFA

Un propriétaire vend son bien en VEFA. L'acquéreur sollicite un prêt auprès d'une banque non mentionnée dans le contrat. Refus. Le propriétaire refuse de restituer le dépôt.

Application pratique:

Le propriétaire peut opposer que le prêt n'était pas prévu au contrat. Pour éviter tout litige, il doit s'assurer que le contrat liste précisément les prêts concernés et mentionne son éventuel engagement.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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