Aller au contenu principal
Abtretung eines Mietvertrags im Insolvenzverfahren: Vorsicht bei der Substitutionsklausel ohne Gewährleistung
Droit-immobilier

Abtretung eines Mietvertrags im Insolvenzverfahren: Vorsicht bei der Substitutionsklausel ohne Gewährleistung

📅 Décision du 14 November 2019⚖️ Cour de cassation👁️ 10 vues📖 5 min de lecture

Der Kassationsgerichtshof erinnert daran, dass der Erwerber eines Gewerbemietvertrags im Insolvenzverfahren weiterhin für den Kaufpreis haftet, wenn er sich durch eine in Gründung befindliche Gesellschaft ersetzt, ohne seine Garantie zu bedingen. Analyse und praktische Ratschläge.

Décision de référence : cc • N° 18-18.833 • 2019-11-14 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'un local commercial à Grenoble, rue de la République, et vous apprenez que le preneur (locataire) est en liquidation judiciaire. Le liquidateur vous annonce une cession du droit au bail (transfert du contrat de location) à un repreneur. Vous signez un avenant. Mais quelques mois plus tard, le repreneur se retire et vous restez avec un bail impayé. Qui doit payer ? L'acquéreur initial ? La société substituée ? C'est exactement la question posée à la Cour de cassation dans l'arrêt du 14 novembre 2019.

L'enjeu est colossal : des dizaines de milliers d'euros de loyers, d'indemnités d'occupation et de frais. Pour les propriétaires comme pour les acquéreurs, la règle est simple mais méconnue : celui qui signe l'offre d'achat reste garant du prix, sauf à prévoir expressément une clause de substitution avec décharge. La Cour de cassation le rappelle fermement dans cette affaire.

Dans cet article, nous décortiquons l'histoire, le raisonnement des juges et surtout les conséquences concrètes pour vous, à Voiron comme ailleurs. Nous verrons comment sécuriser vos transactions et éviter les pièges les plus courants.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

La société Natural Corner, locataire d'un bail commercial à Grenoble, est placée en liquidation judiciaire. Le liquidateur (le mandataire chargé de réaliser les actifs) sollicite l'autorisation du juge-commissaire (le magistrat qui supervise la liquidation) pour céder de gré à gré le droit au bail à Mme Y. Cette dernière fait une offre d'acquisition. Mais dans le même temps, Mme Y prévoit dans son offre une clause de substitution : elle pourra se faire remplacer par une société en cours de création, sans précision sur sa garantie personnelle. Le juge-commissaire autorise la cession, et le bail est transféré à la société substituée.

Hélas, la société substituée ne paie pas les loyers. Le propriétaire se retourne alors contre Mme Y, l'acquéreur initial, pour obtenir le paiement du prix de cession et des loyers impayés. Mme Y résiste : elle estime que la substitution l'a déchargée de toute obligation. Le liquidateur, de son côté, soutient que l'acceptation de la faculté de substitution ne décharge jamais l'acquéreur originaire. L'affaire monte jusqu'à la Cour de cassation.

Le tribunal de commerce de Grenoble avait donné raison au propriétaire, mais la cour d'appel de Grenoble avait infirmé, jugeant que la substitution avait libéré Mme Y. C'est ce dernier point que la Cour de cassation va trancher.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation casse l'arrêt de la cour d'appel. Elle rappelle un principe fondamental du droit des contrats (article 1240 du Code civil, qui oblige à réparer le dommage causé par sa faute) : l'offre d'acquisition engage son auteur. Mme Y avait offert d'acheter le droit au bail. Elle ne pouvait s'en libérer qu'en prévoyant expressément que la substitution s'opérerait sans garantie de sa part. Or, son offre ne contenait pas cette condition. Elle restait donc tenue du paiement du prix de cession.

Plus précisément, la Cour considère que l'acceptation de la faculté de substitution par le liquidateur ne décharge jamais, à elle seule, le débiteur originaire de sa dette. C'est une règle protectrice pour les créanciers (le propriétaire et le liquidateur). Sans cela, n'importe quel acquéreur pourrait se substituer une société de complaisance et disparaître, laissant le propriétaire impayé.

Cette décision n'est pas un revirement : elle s'inscrit dans une jurisprudence constante (Civ. 3e, 18 mai 2017, n° 16-14.758). Elle confirme que la substitution n'est qu'une faculté, et que celui qui l'utilise doit en supporter les conséquences, sauf clause contraire claire.

La Cour a donc renvoyé l'affaire devant la cour d'appel de Chambéry, pour qu'elle statue à nouveau en appliquant ce principe. Moralité : Mme Y devra payer, sauf à prouver que son offre incluait une clause de non-garantie – ce qui n'était pas le cas.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour les propriétaires bailleurs (comme celui de Voiron qui loue un local place de la République), cette décision est une protection : si votre locataire en liquidation cède son bail à un repreneur qui se substitue une société, vous pouvez toujours réclamer le prix à l'acquéreur initial. Exemple : un loyer de 2 000 € par mois pendant 2 ans, soit 48 000 € d'impayés, c'est l'acquéreur initial qui devra les régler si la société substituée ne paie pas.

Pour les acquéreurs (particuliers ou professionnels), c'est un signal d'alarme. Si vous envisagez de reprendre un bail en liquidation et de vous faire substituer une SCI ou une SAS en formation, vous devez exiger que l'acte précise que la substitution vous décharge de toute obligation. Sans cela, vous restez solidairement tenu. Un client grenoblois, M. D., a récemment dû payer 35 000 € de loyers parce que la société substituée avait fait faillite – il n'avait pas prévu la clause de décharge.

Pour les liquidateurs, la décision clarifie leur rôle : ils doivent être vigilants lors de l'acceptation de la substitution et s'assurer que l'acquéreur initial reste garant, sauf à vérifier la solidité du substitué.

Si vous êtes propriétaire et que vous apprenez une cession de bail en liquidation, vérifiez les termes de l'offre : si l'acquéreur initial n'est pas déchargé expressément, vous pouvez conserver un recours contre lui.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Rédigez une offre d'acquisition complète : si vous souhaitez pouvoir vous substituer une société, précisez que la substitution vo

Questions fréquentes

Puis-je me substituer une société dans l'achat d'un bail sans rester tenu du prix ?

Oui, mais seulement si votre offre d'acquisition précise expressément que la substitution vous décharge de toute obligation de paiement. Sinon, vous restez garant, comme l'a rappelé la Cour de cassation.

Que faire si la société substituée ne paie pas les loyers ?

Le propriétaire peut se retourner contre vous, l'acquéreur initial, pour obtenir le paiement du prix de cession et des loyers impayés. Vous pouvez ensuite agir contre le substitué, mais sans garantie de recouvrement.

Quels délais pour agir en paiement après une cession de bail ?

L'action en paiement des loyers impayés se prescrit par 5 ans à compter de chaque échéance. Pour le prix de cession, le délai est de 5 ans à compter de la cession. Il est conseillé d'agir rapidement.

Un liquidateur peut-il accepter une substitution sans décharger l'acquéreur initial ?

Oui, le liquidateur peut accepter la substitution, mais cela ne décharge pas l'acquéreur initial de sa dette, sauf clause contraire dans l'offre. Le liquidateur doit être vigilant.

Quels sont les frais d'un litige pour non-paiement de loyers après cession de bail ?

Les frais d'avocat et de procédure peuvent varier de 3 000 à 10 000 €, auxquels s'ajoutent les dommages-intérêts. Une consultation préventive est bien moins coûteuse.

Informations juridiques

  • Numéro: 18-18.833
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 14 novembre 2019

Mots-clés

cession de bailliquidation judiciaireclause de substitutiondroit commercialgarantie de paiement

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire à Grenoble : locataire en liquidation cède son bail

Vous êtes propriétaire d'un local commercial rue de la République à Grenoble. Votre locataire est en liquidation judiciaire. Le liquidateur vous présente un repreneur, Mme Y., qui se substitue une SAS. La SAS ne paie pas les loyers pendant 18 mois (36 000 €).

Application pratique:

Grâce à l'arrêt du 14 novembre 2019, vous pouvez réclamer les 36 000 € à Mme Y., l'acquéreur initial, car son offre ne contenait pas de clause de décharge. Vous devez envoyer une mise en demeure, puis saisir le tribunal judiciaire de Grenoble. Consultez un avocat pour rédiger l'assignation.

2

Acquéreur à Voiron : comment sécuriser votre offre

Vous voulez reprendre le bail d'un restaurant à Voiron, place de la Paix. Le liquidateur accepte votre offre, mais vous prévoyez de vous substituer une SCI en cours de création.

Application pratique:

Incluez dans votre offre une clause : « Le substituant sera déchargé de toute obligation à compter de la réalisation de la substitution, sans garantie de sa part. » Faites homologuer l'offre par le juge-commissaire. Sans cela, vous restez garant du prix et des loyers si la SCI ne paie pas.

3

Liquidateur : sécuriser la cession

Vous êtes mandataire judiciaire à Grenoble et devez céder un bail commercial. L'acquéreur propose une substitution.

Application pratique:

Exigez que l'offre précise si l'acquéreur initial reste garant. Si la substitution est acceptée sans clause de décharge, informez l'acquéreur de ses risques. Vous pouvez aussi demander un cautionnement solidaire du substitué. En cas de défaut, vous actionnerez l'acquéreur initial.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

Prendre rendez-vous →

Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

Articles similaires en Droit-immobilier

Voir tout →

Servitude de passage et tierce opposition : protéger son droit d'accès en copropriété

Un copropriétaire peut-il s'opposer à la suppression d'une servitude de passage qui profite à son lot, même si le syndicat accepte la fin de l'enclave ? La Cour de cassation répond oui, reconnaissant un intérêt distinct pour agir en tierce opposition.

23 juil. 2026Lire →

Enclave et servitude : quand le droit du travail ne crée pas de passage forcé

La Cour de cassation rappelle que l'état d'enclave d'un fonds ne peut résulter des obligations réglementaires imposées aux entreprises en matière d'issues et dégagements. Ainsi, un propriétaire ne peut exiger un passage sur le fonds voisin au seul motif que son bâtiment doit respecter des normes de sécurité incendie.

23 juil. 2026Lire →

Lorsque, faute de convention écrite ou dans le silence, le préavis s'impose

Lorsque, faute de convention écrite ou dans le silence de cette convention, les parties à un contrat de transport public routier de marchandises n'ont pas stipulé une durée de préavis de rupture, cette durée est fixée par un contrat-type approuvé par décret pris en application de l'article L. 1432-4 du code des transports. Les dispositions de l'article L. 442-6, I, 5°, devenu L. 442-1, II, du code de commerce ne trouvent alors pas à s'appliquer. Il en va de même lorsque la convention écrite renvoie expressément à la clause du contrat-type fixant une telle durée. Lorsque les parties ont conclu un contrat écrit stipulant la durée du préavis de rupture, les dispositions de l'article L. 442-1, II, du code de commerce sont applicables. Dans cette hypothèse, l'auteur de la rupture qui a consenti à son partenaire un délai de préavis au moins égal à celui prévu au contrat-type dans sa version en vigueur à la date de la notification de la rupture, ne saurait voir sa responsabilité engagée sur le fondement de ce texte

23 juil. 2026Lire →

Explorez plus d'analyses juridiques en droit droit-immobilier

Tous les articles Droit-immobilier
★★★★★4.9/5 — Avis Google

Rechtsanwältin Maître Zakine, Doktor der Rechtswissenschaften

Beratung per Telefon und Videokonferenz — Schnelle Terminvergabe

Termin vereinbaren
1. Beratung 30 Minuten - 45€

🔒 Confidentiel • Sans engagement • Réponse rapide