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Division de lots de copropriété : quand la loi ne s'applique pas (Cass. 3e civ., 3 juin 2021, n° 20-16.777)
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Division de lots de copropriété : quand la loi ne s'applique pas (Cass. 3e civ., 3 juin 2021, n° 20-16.777)

📅 Décision du 03 juin 2021⚖️ Cour de cassation👁️ 8 vues📖 2 min de lecture

La Cour de cassation précise que l'article L. 111-6-1 du code de la construction et de l'habitation, qui impose des conditions strictes pour diviser des locaux d'habitation, ne s'applique pas à la division de lots de copropriété réalisée pour individualiser juridiquement et comptablement des lots correspondant à la structure existante de l'immeuble. Cette décision clarifie un point crucial pour les copropriétaires et les syndics.

Décision de référence : Cass. 3e civ. • N° 20-16.777 • 2021-06-03 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'un appartement à Vallauris, dans un immeuble des années 1970. L'assemblée générale vote la division de certains lots de copropriété pour régulariser la situation cadastrale. Mais un copropriétaire conteste, arguant que cette division est soumise à une loi stricte destinée à éviter les logements indignes. Qui a raison ? Jusqu'à cette décision de la Cour de cassation du 3 juin 2021, la réponse n'était pas claire. Désormais, les juges ont tranché : l'article L. 111-6-1 du code de la construction et de l'habitation, qui encadre la division des locaux d'habitation, ne s'applique pas à la division de lots de copropriété effectuée pour des raisons juridiques et comptables, sans création de nouveaux logements.

Cette décision, rendue par la troisième chambre civile, est une victoire pour la sécurité juridique des copropriétés. Elle précise que la loi sur la division des logements ne vise que les opérations aboutissant à mettre à disposition de nouveaux locaux d'habitation. En revanche, lorsqu'on divise un lot pour en faire deux lots correspondant à des parties déjà distinctes dans l'immeuble (par exemple, un lot 'cave' et un lot 'appartement' qui étaient artificiellement réunis), on ne tombe pas sous le coup de cette réglementation. Explication détaillée.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'article L. 111-6-1 du code de la construction et de l'habitation ?

Cet article impose des conditions strictes pour diviser un local d'habitation en plusieurs lots (surface minimale, respect des normes de décence, etc.). Il vise à lutter contre la création de logements indignes.

Puis-je diviser mon lot de copropriété sans respecter l'article L. 111-6-1 ?

Oui, si la division est purement juridique et comptable, sans création de nouveaux logements. Par exemple, séparer un lot qui regroupait artificiellement un appartement et une cave en deux lots distincts.

Quels sont les risques si une division de lots est contestée ?

Le copropriétaire contestataire peut demander l'annulation de l'assemblée générale. La décision de la Cour de cassation rassure : si la division est justifiée par la structure de l'immeuble, elle est valable.

Que faire si mon syndic propose une division de lots ?

Vérifiez que la division est motivée par des raisons juridiques ou comptables (ex : régularisation du règlement de copropriété) et non par la création de nouveaux logements. Demandez un avis d'avocat spécialisé.

Cette décision s'applique-t-elle aux copropriétés de Sophia-Antipolis ?

Oui, elle est de portée nationale. Les copropriétés des zones tendues comme Sophia-Antipolis peuvent bénéficier de cette clarification pour des divisions nécessaires à la gestion de l'immeuble.

Informations juridiques

  • Numéro: 20-16.777
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 03 juin 2021

Mots-clés

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Cas d'usage pratiques

1

Copropriétaire souhaitant diviser son lot pour le vendre séparément

M. Dupont, propriétaire à Vallauris, possède un lot qui regroupe un studio et une cave. Il veut diviser ce lot pour vendre la cave indépendamment. L'assemblée générale vote la division. Un autre copropriétaire conteste, invoquant l'article L. 111-6-1.

Application pratique:

Grâce à cette décision, M. Dupont peut prouver que la division est purement juridique : le studio et la cave sont déjà distincts physiquement. La loi ne s'applique pas. Il doit faire inscrire la division au règlement de copropriété et modifier les tantièmes.

2

Syndic de copropriété régularisant des lots mal décrits

Le syndic d'une résidence à Sophia-Antipolis constate que le règlement de copropriété décrit un lot 'appartement avec cave' alors que la cave est en réalité un lot séparé. Il propose une division pour coller à la réalité.

Application pratique:

La division est légale sans passer par l'article L. 111-6-1. Le syndic doit convoquer une AG, expliquer la modification des tantièmes, et faire voter à la majorité requise. Les copropriétaires opposants ne peuvent pas invoquer cette loi pour bloquer.

3

Acquéreur d'un lot divisé sans respect apparent de la loi

Mme Martin achète un appartement à Grasse. L'acte mentionne un lot 'A' qui, d'après le règlement, est en fait la division d'un lot plus grand. Elle craint que la division soit illicite.

Application pratique:

Si la division a été faite pour individualiser des parties déjà existantes, elle est valable. L'acquéreur doit vérifier le procès-verbal d'AG ayant autorisé la division. En cas de doute, un avocat spécialisé examinera si la division créait ou non un nouveau logement.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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