Aller au contenu principal
Exhaussement de mur mitoyen : quand votre voison construit sur votre surélévation
Droit-immobilier

Exhaussement de mur mitoyen : quand votre voison construit sur votre surélévation

📅 Décision du 22 mars 2006⚖️ Cour de cassation👁️ 13 vues📖 9 min de lecture

La Cour de cassation rappelle qu'un propriétaire qui a seul financé l'exhaussement d'un mur mitoyen en devient propriétaire exclusif. Le voisin ne peut pas y construire sans son accord, même en proposant d'acquérir la mitoyenneté. Décision du 22 mars 2006, n° 05-10.093.

Décision de référence : cc • N° 05-10.093 • 2006-03-22 • Consulter la décision →

Vous habitez à Aix-en-Provence, dans une maison mitoyenne avec un jardin. Pour gagner en luminosité, vous avez fait surélever le mur mitoyen de votre côté, à vos frais. Jusque-là, tout va bien. Mais un matin, vous découvrez avec stupeur que votre voisin a posé des poutres sur votre exhaussement pour créer une terrasse. Que faire ? Peut-il s'approprier votre construction en proposant simplement de payer sa part ? La Cour de cassation a tranché : non. Et sa décision du 22 mars 2006 (n° 05-10.093) est un cas d'école pour tous les propriétaires de murs mitoyens.

L'enjeu est simple : quand vous surélevez un mur mitoyen sans l'aide de votre voisin, cet exhaussement vous appartient en propre. Votre voisin n'a aucun droit de l'utiliser sans votre accord, même s'il propose d'acquérir la mitoyenneté (c'est-à-dire de devenir copropriétaire de cette partie). La Cour de cassation l'affirme sans ambiguïté : on ne peut pas imposer une copropriété sur un bien qui vous est exclusif.

Mais attention : cette décision ne concerne que l'exhaussement privatif. Si les deux voisins participent, les règles changent. Décryptage complet de l'arrêt et de ses conséquences pratiques pour vous, propriétaire à Arles, Aix-en-Provence ou ailleurs.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. et Mme B., propriétaires d'une maison à Aix-en-Provence, ont un jour décidé de surélever le mur mitoyen qui les sépare de leurs voisins, les époux C. Ils ont réalisé cet exhaussement à leurs frais exclusifs, sans aucune participation de leurs voisins. Le mur ainsi rehaussé est donc devenu leur propriété privative, la partie basse restant mitoyenne. Jusque-là, rien d'anormal : chacun peut surélever un mur mitoyen à ses frais, et l'exhaussement lui appartient (article 658 du Code civil).

Mais quelques années plus tard, les époux C. décident à leur tour de construire un nouvel exhaussement au-dessus de celui des B. Pour ce faire, ils « découpent » une partie de la toiture du bâtiment des B. et posent leur construction sur l'exhaussement existant. Furieux, les époux B. saisissent le tribunal pour obtenir la démolition de cet ouvrage. Ils estiment que leur voisin a porté atteinte à leur droit de propriété en s'appropriant sans autorisation leur exhaussement privatif.

Devant la cour d'appel, les époux C. rétorquent qu'ils sont prêts à acquérir la mitoyenneté de l'exhaussement des B., conformément à l'article 660 du Code civil (qui permet à un voisin de devenir copropriétaire d'un mur mitoyen en remboursant la moitié de sa valeur). La cour d'appel les suit et déboute les B. de leur demande de démolition. Ces derniers se pourvoient en cassation. La Cour de cassation leur donne raison et casse l'arrêt d'appel, au motif que la cour d'appel n'a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations : elle avait relevé que l'exhaussement des B. était privatif et que la construction des C. empiétait sur leur propriété, mais elle a néanmoins validé l'acquisition forcée de la mitoyenneté. Or, l'article 660 ne permet pas d'imposer à un propriétaire exclusif le partage de son bien : la mitoyenneté ne peut être acquise que sur un mur déjà mitoyen, pas sur une partie privative. L'affaire a donc été renvoyée devant une autre cour d'appel.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

Le cœur du litige porte sur l'interprétation des articles 658 et 660 du Code civil. L'article 658 dispose que « tout copropriétaire d'un mur mitoyen peut l'exhausser, mais à ses frais exclusifs ; l'exhaussement lui appartient en propre ». L'article 660 prévoit que « le voisin qui n'a pas contribué à l'exhaussement peut en acquérir la mitoyenneté en payant la moitié de la dépense qu'il a coûté et la moitié de la valeur du sol fourni ». La question était donc : un voisin peut-il, par sa seule volonté, devenir copropriétaire d'un exhaussement privatif ?

La Cour de cassation répond non. Elle rappelle que l'article 660 ne s'applique qu'aux murs mitoyens, c'est-à-dire déjà communs. L'exhaussement réalisé par un seul copropriétaire devient sa propriété exclusive dès sa construction. Le voisin ne peut pas l'acquérir de force : il doit obtenir l'accord du propriétaire. En l'espèce, la cour d'appel avait bien constaté que l'exhaussement des B. était privatif et que les C. avaient « découpé » la toiture – ce qui constitue une atteinte au droit de propriété. Mais elle a ensuite considéré que la simple déclaration des C. de vouloir acquérir la mitoyenneté suffisait à régulariser la situation. C'est une erreur de droit : on ne peut pas transformer un bien privé en bien commun sans le consentement de son propriétaire.

La décision s'inscrit dans une jurisprudence constante : la propriété privative est protégée contre les empiètements, même si l'auteur propose une compensation. Les juges du fond doivent vérifier si l'exhaussement est effectivement mitoyen ou privatif avant d'appliquer l'article 660. Ici, ils ont méconnu le principe selon lequel nul ne peut être contraint de céder sa propriété (sauf pour cause d'utilité publique, avec indemnité).

undefined la Cour de cassation réaffirme que la mitoyenneté ne s'impose pas : elle se négocie. Si votre voisin construit sur votre exhaussement sans votre accord, il commet une voie de fait. Vous pouvez exiger la démolition, et ce, même s'il propose de payer.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Si vous êtes propriétaire d'un mur mitoyen que vous avez surélevé à vos frais, cette décision est une protection. Vous êtes seul maître de cet exhaussement. Votre voisin ne peut pas y appuyer sa construction, y installer des canalisations, ni même y poser une clôture sans votre autorisation écrite. S'il le fait, vous pouvez obtenir en justice la démolition des ouvrages et des dommages-intérêts pour le préjudice subi (par exemple, la perte de jouissance de votre toiture ou les frais de remise en état).

Prenons un exemple concret : à Arles, un propriétaire surélève un mur mitoyen de 1,50 m pour créer une terrasse. Coût des travaux : 8 000 €. Deux ans plus tard, son voisin construit un abri de jardin adossé à ce mur, en utilisant l'exhaussement comme support. Le propriétaire initial peut exiger la démolition de l'abri, même si le voisin propose de rembourser la moitié de l'exhaussement. Pourquoi ? Parce que l'exhaussement est un bien privatif, pas mitoyen. L'article 660 ne joue pas.

Si vous êtes locataire, vous devez être prudent : vous n'avez pas le droit de surélever un mur mitoyen sans l'accord du propriétaire. En revanche, si votre bailleur l'a fait, vous bénéficiez de la même protection que lui contre les empiètements du voisin.

Pour les acquéreurs, vérifiez toujours l'origine de propriété des exhaussements. Un mur peut sembler mitoyen alors que sa partie haute est privative. Un géomètre-expert peut vous aider à lever toute ambiguïté.

Enfin, si vous êtes en litige, sachez que la prescription pour agir est de cinq ans en matière de trouble anormal de voisinage (article 1240 du Code civil). Mais si l'empiètement est constitutif d'une voie de fait (construction sans droit), vous pouvez agir sans limite de temps, tant que l'ouvrage existe. undefined, j'ai rencontré des dossiers où une simple poutre posée sur un exhaussement a donné lieu à deux ans de procédure et 15 000 € de frais. Mieux vaut prévenir que guérir.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Faites constater l'état des lieux avant travaux : avant de surélever un mur mitoyen, faites réaliser un constat d'huissier ou un rapport de géomètre-expert. Cela prouvera l'état initial et l'absence de participation du voisin. Conservez toutes les factures.
  • Informez votre voisin par écrit : même si vous n'avez pas besoin de son autorisation pour surélever, envoyez-lui une lettre recommandée avec accusé de réception l'informant de vos travaux. Cela évitera tout malentendu et pourra servir de preuve en cas de contestation.
  • Négociez un accord écrit si votre voisin veut utiliser votre exhaussement : s'il souhaite y adosser une construction ou en acquérir la mitoyenneté, exigez un acte notarié ou une convention signée devant notaire. Fixez le prix (moitié du coût de l'exhaussement, valeur actuelle) et les conditions d'entretien.
  • En cas d'empiètement, agissez vite : dès que vous constatez une construction sur votre exhaussement sans accord, adressez une mise en demeure par LRAR de démolir sous 15 jours. Si rien ne se fait, saisissez le tribunal judiciaire en référé pour obtenir une expertise et la démolition sous astreinte. N'attendez pas : plus le temps passe, plus le voisin pourra arguer d'une possession paisible.

Besoin d'un conseil personnalisé ? Contactez Maître Zakine — première consultation 30 min à 45€.

Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cette décision de 2006 confirme une ligne jurisprudentielle constante. Déjà en 1999, la Cour de cassation avait jugé (Civ. 3e, 10 février 1999, n° 97-10.110) que l'exhaussement d'un mur mitoyen par un seul copropriétaire est sa propriété exclusive, et que le voisin ne peut en acquérir la mitoyenneté qu'avec son accord. Plus récemment, un arrêt du 4 juillet 2019 (n° 18-17.456) a précisé que l'article 660 ne s'applique pas lorsque l'exhaussement a été réalisé avant l'acquisition du mur par les parties : il faut un accord exprès.

La tendance est donc à la protection renforcée du propriétaire initial. Les tribunaux sont de plus en plus stricts sur la preuve de la mitoyenneté. Si un doute subsiste, ils présument que le mur est mitoyen (article 653 du Code civil), mais l'exhaussement privatif reste une exception qu'il appartient à celui qui s'en prévaut de démontrer.

Pour l'avenir, il est probable que la jurisprudence continue dans ce sens. La question pourrait se poser pour les panneaux solaires ou les équipements techniques fixés sur un exhaussement : là encore, l'accord du propriétaire sera nécessaire.

Questions fréquentes

Puis-je surélever un mur mitoyen sans l'accord de mon voisin ?
Oui, l'article 658 du Code civil vous le permet, à vos frais exclusifs. Mais vous devez respecter les règles d'urbanisme (permis de construire ou déclaration préalable selon la hauteur).

Mon voisin a construit sur mon exhaussement sans mon accord. Puis-je le forcer à démolir ?
Oui, vous pouvez demander en justice la démolition de l'ouvrage, car il constitue un empiètement sur votre propriété privative. La décision de 2006 le confirme.

Que faire si mon voisin propose de payer la moitié de l'exhaussement ?
Vous n'êtes pas obligé d'accepter. L'article 660 ne s'applique qu'aux murs mitoyens, pas aux exhaussements privatifs. Vous pouvez refuser et exiger le retrait de toute construction.

Quels sont les délais pour agir en justice ?
En matière de trouble anormal de voisinage, vous avez 5 ans à compter de la manifestation du dommage. Pour une voie de fait (construction sans droit), l'action est imprescriptible tant que l'ouvrage existe.

Combien coûte une procédure pour empiètement sur exhaussement ?
Comptez entre 3 000 € et 10 000 € de frais d'avocat et d'expertise, selon la complexité. Une médiation peut être moins onéreuse (500 à 2 000 €) et plus rapide.

Vous vous retrouvez dans une situation similaire ? Une première consultation de 30 minutes avec Maître Zakine (45€) peut vous éviter des mois de procédure — et souvent bien plus. Prendre rendez-vous →

📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
servitude-droit-passage-avocat/" rel="dofollow">→ Avocat servitudes & foncier  |  → Tous nos articles juridiques

Questions fréquentes

Puis-je surélever un mur mitoyen sans l'accord de mon voisin ?

Oui, l'article 658 du Code civil vous le permet, à vos frais exclusifs. Mais vous devez respecter les règles d'urbanisme (permis de construire ou déclaration préalable selon la hauteur).

Mon voisin a construit sur mon exhaussement sans mon accord. Puis-je le forcer à démolir ?

Oui, vous pouvez demander en justice la démolition de l'ouvrage, car il constitue un empiètement sur votre propriété privative. La décision de 2006 le confirme.

Que faire si mon voisin propose de payer la moitié de l'exhaussement ?

Vous n'êtes pas obligé d'accepter. L'article 660 ne s'applique qu'aux murs mitoyens, pas aux exhaussements privatifs. Vous pouvez refuser et exiger le retrait de toute construction.

Quels sont les délais pour agir en justice ?

En matière de trouble anormal de voisinage, vous avez 5 ans à compter de la manifestation du dommage. Pour une voie de fait (construction sans droit), l'action est imprescriptible tant que l'ouvrage existe.

Combien coûte une procédure pour empiètement sur exhaussement ?

Comptez entre 3 000 € et 10 000 € de frais d'avocat et d'expertise, selon la complexité. Une médiation peut être moins onéreuse (500 à 2 000 €) et plus rapide.

Informations juridiques

  • Numéro: 05-10.093
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 22 mars 2006

Mots-clés

mur mitoyenexhaussementmitoyennetéCour de cassationpropriétévoisinageempiètementconstruction

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire ayant surélevé un mur mitoyen à Aix-en-Provence

M. Dupont, propriétaire d'une maison de ville à Aix-en-Provence, a fait surélever le mur mitoyen de 1,20 m pour y adosser une pergola, pour un coût de 6 000 €. Deux ans après, son voisin M. Martin construit un abri de jardin en s'appuyant sur cet exhaussement, sans autorisation.

Application pratique:

M. Dupont peut exiger la démolition de l'abri en justice, car l'exhaussement est sa propriété exclusive. Il doit envoyer une mise en demeure par LRAR, puis saisir le tribunal judiciaire en référé. La décision de 2006 lui donne raison : la proposition de M. Martin d'acquérir la mitoyenneté est irrecevable.

2

Locataire victime d'un empiètement du voisin

Mme Lopez loue un appartement à Arles dont le propriétaire a surélevé le mur mitoyen. Le voisin du dessus a fixé des étagères et des canalisations sur cet exhaussement, réduisant la luminosité de la pièce.

Application pratique:

Mme Lopez doit informer son propriétaire par écrit. C'est au propriétaire d'agir contre le voisin pour faire démolir les installations. Si le propriétaire ne fait rien, Mme Lopez peut demander une réduction de loyer pour trouble de jouissance ou agir en son nom si elle subit un préjudice direct.

3

Acquéreur d'une maison avec mur mitoyen à vérifier

M. et Mme Roux achètent une maison à Aix-en-Provence. Le mur de clôture est plus haut d'un côté, signe d'un exhaussement ancien. L'acte de vente ne précise pas la mitoyenneté de la partie haute.

Application pratique:

Avant de signer, ils doivent faire intervenir un géomètre-expert pour déterminer si l'exhaussement est privatif ou mitoyen. En cas de doute, ils peuvent négocier une clause de garantie avec le vendeur. Après l'achat, ils devront obtenir l'accord du voisin pour toute modification de l'exhaussement s'il s'avère privatif.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

Prendre rendez-vous →

Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

Articles similaires en Droit-immobilier

Voir tout →

Servitude de passage et tierce opposition : protéger son droit d'accès en copropriété

Un copropriétaire peut-il s'opposer à la suppression d'une servitude de passage qui profite à son lot, même si le syndicat accepte la fin de l'enclave ? La Cour de cassation répond oui, reconnaissant un intérêt distinct pour agir en tierce opposition.

23 juil. 2026Lire →

Enclave et servitude : quand le droit du travail ne crée pas de passage forcé

La Cour de cassation rappelle que l'état d'enclave d'un fonds ne peut résulter des obligations réglementaires imposées aux entreprises en matière d'issues et dégagements. Ainsi, un propriétaire ne peut exiger un passage sur le fonds voisin au seul motif que son bâtiment doit respecter des normes de sécurité incendie.

23 juil. 2026Lire →

Lorsque, faute de convention écrite ou dans le silence, le préavis s'impose

Lorsque, faute de convention écrite ou dans le silence de cette convention, les parties à un contrat de transport public routier de marchandises n'ont pas stipulé une durée de préavis de rupture, cette durée est fixée par un contrat-type approuvé par décret pris en application de l'article L. 1432-4 du code des transports. Les dispositions de l'article L. 442-6, I, 5°, devenu L. 442-1, II, du code de commerce ne trouvent alors pas à s'appliquer. Il en va de même lorsque la convention écrite renvoie expressément à la clause du contrat-type fixant une telle durée. Lorsque les parties ont conclu un contrat écrit stipulant la durée du préavis de rupture, les dispositions de l'article L. 442-1, II, du code de commerce sont applicables. Dans cette hypothèse, l'auteur de la rupture qui a consenti à son partenaire un délai de préavis au moins égal à celui prévu au contrat-type dans sa version en vigueur à la date de la notification de la rupture, ne saurait voir sa responsabilité engagée sur le fondement de ce texte

23 juil. 2026Lire →

Explorez plus d'analyses juridiques en droit droit-immobilier

Tous les articles Droit-immobilier
★★★★★4.9/5 — Avis Google

Un litige ? Une question juridique ?

Consultation vidéo avec Maître Zakine, Docteur en Droit — réponse sous 24h

Faites une visio : 1ère consultation 30 min = 45€
Consultation 30 min en visio 45€

🔒 Confidentiel • Sans engagement • Réponse rapide