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Jour férié et repos : quand un accord d'entreprise vous offre un jour de congé supplémentaire
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Jour férié et repos : quand un accord d'entreprise vous offre un jour de congé supplémentaire

📅 Décision du 06 octobre 2010⚖️ Cour de cassation👁️ 11 vues📖 7 min de lecture

La Cour de cassation a tranché : selon l'accord Conforama de 1989, un salarié dont le jour de repos coïncide avec un férié bénéficie d'un jour de congé supplémentaire, même si ce jour tombe pendant ses vacances. L'employeur ne peut pas limiter cet avantage au seul repos hebdomadaire.

Décision de référence : cc • N° 09-16.435 • 2010-10-06 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes salarié chez Conforama à Soustons, et votre jour de repos tombe un lundi. Ce lundi est férié. Vous vous dites que vous perdez ce férié, puisque vous ne travaillez pas ce jour-là. Mais votre employeur vous accorde-t-il un jour de congé supplémentaire ? La question divise. C'est exactement ce litige que la Cour de cassation a dû trancher en 2010.

Chaque propriétaire ou locataire peut se sentir concerné : après tout, les droits des salariés impactent leur pouvoir d'achat, et donc leur capacité à payer un loyer ou à entretenir un bien. Mais au-delà, cet arrêt illustre un principe fondamental : un accord d'entreprise doit être appliqué à la lettre, sans y ajouter de conditions qui n'y figurent pas.

La décision du 6 octobre 2010 (n° 09-16.435) rappelle que l'article 28 i) de l'accord Conforama du 15 janvier 1989 est clair : "les salariés dont le jour de repos coïncide avec un jour férié bénéficieront d'un jour supplémentaire de congé". La Cour de cassation censure la cour d'appel qui avait ajouté le mot "hebdomadaire" au texte, limitant ainsi l'avantage. Voyons ce que cela signifie concrètement.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. X, salarié de l'enseigne Conforama à Saint-Paul-lès-Dax, avait un jour de repos fixé au mercredi. Un mercredi férié, il constate que son employeur ne lui accorde pas de jour de congé supplémentaire. Il saisit la justice. Son argument : l'accord d'entreprise prévoit que tout jour de repos coïncidant avec un férié donne droit à un jour de congé en plus. L'employeur rétorque que le jour de repos visé est le repos hebdomadaire obligatoire (le dimanche), et non un simple jour de repos contractuel. Mais le texte ne précise pas "hebdomadaire".

Le litige remonte jusqu'à la cour d'appel, qui donne raison à l'employeur. Selon elle, le jour de repos doit s'entendre du repos hebdomadaire, car la loi impose un repos de 24 heures consécutives par semaine. M. X se pourvoit en cassation. La Cour de cassation casse l'arrêt : en ajoutant le mot "hebdomadaire", la cour d'appel a violé l'accord d'entreprise. Peu importe que le jour de repos soit le dimanche ou un autre jour, peu importe que le salarié soit en congés ce jour-là : dès lors que le repos coïncide avec un férié, un jour de congé supplémentaire est dû.

Ce qu'il faut retenir : le texte conventionnel ne distingue pas selon la nature du repos. Il est donc applicable à tous les salariés couverts par l'accord, quel que soit leur jour de repos.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation s'appuie sur l'article 28 i) de l'accord d'entreprise Conforama. Ce texte, clair et précis, stipule que "les salariés dont le jour de repos coïncide avec un jour férié bénéficieront d'un jour supplémentaire de congé". Aucune mention de "repos hebdomadaire" n'y figure. La cour d'appel avait pourtant interprété le texte en ce sens, estimant que le législateur visait le repos hebdomadaire (24 heures consécutives, généralement le dimanche). Mais la Cour de cassation rappelle qu'il est interdit d'ajouter au texte conventionnel une condition qu'il ne contient pas. undefined, le juge ne peut pas réécrire l'accord.

Le raisonnement est simple : si les parties à l'accord avaient voulu limiter l'avantage au seul repos hebdomadaire, elles l'auraient précisé. En l'absence de cette précision, le texte s'applique à tous les jours de repos, qu'ils soient hebdomadaires, contractuels ou autres. La décision confirme également que le jour férié peut être inclus dans une période de congé du salarié : même si le salarié est en vacances, le jour de repos qui tombe un férié ouvre droit au jour supplémentaire. undefined l'employeur ne peut pas opposer que le salarié était déjà en congés pour refuser le bénéfice.

Cette décision n'est ni un revirement ni une évolution : elle est une application littérale du texte. Mais elle a valeur de principe pour tous les accords d'entreprise similaires. Attention toutefois : elle ne crée pas un droit général à un jour supplémentaire pour tout férié coïncidant avec un repos. Elle ne vaut que pour les salariés soumis à cet accord précis. Mais elle donne une indication : les juges sont attachés à la lettre des conventions.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Si vous êtes salarié chez Conforama (ou dans une entreprise ayant un accord identique), vous devez vérifier votre planning. Chaque fois que votre jour de repos habituel tombe un jour férié, vous avez droit à un jour de congé supplémentaire. Même si vous êtes en congés ce jour-là. Par exemple, si votre repos est le lundi et que le lundi de Pâques est férié, vous obtenez un jour de congé à prendre ultérieurement.

Pour les employeurs, cette décision implique une obligation de comptabilisation précise. Un employeur à Saint-Paul-lès-Dax qui gère 50 salariés doit identifier tous les cas de figure et accorder le jour supplémentaire. À défaut, il s'expose à des rappels de salaire et à des dommages-intérêts. undefined, j'ai rencontré des dossiers où l'employeur refusait systématiquement ces jours, pensant que seuls les dimanches comptaient. Résultat : des années de jours non accordés, soit plusieurs milliers d'euros par salarié.

Pour les propriétaires bailleurs, cette décision peut impacter le calcul des charges locatives si votre locataire est salarié et que ses revenus fluctuent avec des jours supplémentaires. Mais surtout, elle illustre l'importance de lire les contrats et accords à la lettre. De même, un acquéreur immobilier doit vérifier les servitudes dans l'acte de vente : un mot manquant peut changer la portée d'une clause.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Lisez votre accord d'entreprise ou convention collective. Ne vous fiez pas à la pratique de votre employeur. Le texte fait foi. Demandez une copie à votre service RH.
  • Consignez par écrit chaque jour férié coïncidant avec votre repos. Tenez un tableau simple : date, jour de repos, férié, et si le jour supplémentaire vous a été accordé ou non. En cas de litige, vous aurez des preuves.
  • N'hésitez pas à poser la question à votre employeur. Une demande écrite (email) vaut mieux qu'un silence. Si l'employeur refuse, demandez-lui sur quel fondement. Il devra motiver son refus.
  • Consultez un avocat dès le premier refus. Ne laissez pas s'accumuler des mois de droits non perçus. Une mise en demeure peut suffire à débloquer la situation.

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Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cette décision s'inscrit dans une série d'arrêts où la Cour de cassation rappelle que les conventions collectives et accords d'entreprise doivent être interprétés strictement, sans ajout de conditions non prévues. Par exemple, un arrêt du 3 novembre 2005 (n° 04-10.405) avait déjà censuré une cour d'appel qui avait ajouté une condition de "résidence principale" à un texte conventionnel. La tendance est claire : le juge ne peut pas modifier l'équilibre négocié par les partenaires sociaux.

À l'inverse, certaines décisions ont admis une interprétation téléologique (selon l'esprit du texte) lorsque la lettre était ambiguë. Mais ici, le texte était limpide. Pour l'avenir, les entreprises doivent être vigilantes lors de la rédaction de leurs accords : si elles veulent limiter un avantage au seul repos hebdomadaire, elles doivent l'écrire noir sur blanc.

Questions fréquentes

Puis-je prétendre à un jour de congé supplémentaire si mon jour de repos est le dimanche et qu'il est férié ? Oui, si votre accord d'entreprise le prévoit. L'arrêt Conforama ne distingue pas le dimanche des autres jours.

Que faire si mon employeur refuse de m'accorder ce jour supplémentaire ? Rassemblez les preuves (plannings, emails, texte de l'accord) et adressez-lui une mise en demeure par lettre recommandée. Si le refus persiste, saisissez le conseil de prud'hommes.

Cette décision s'applique-t-elle à tous les salariés ? Non, uniquement à ceux couverts par l'accord Conforama du 15 janvier 1989. Cependant, d'autres accords peuvent contenir des clauses similaires. Vérifiez votre propre convention collective.

Quel est le délai pour réclamer ces jours supplémentaires ? L'action en justice se prescrit par 2 ans à compter du jour où vous avez eu connaissance de votre droit (article L.1471-1 du Code du travail). Ne tardez pas.

Puis-je cumuler ce jour supplémentaire avec d'autres jours de congé ? Oui, l'accord ne prévoit aucune exclusion. Le jour supplémentaire s'ajoute à vos congés payés, RTT ou autres.

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Questions fréquentes

Puis-je prétendre à un jour de congé supplémentaire si mon jour de repos est le dimanche et qu'il est férié ?

Oui, si votre accord d'entreprise le prévoit. L'arrêt Conforama ne distingue pas le dimanche des autres jours. Le texte parle de "jour de repos" sans précision, donc tout jour de repos contractuel est concerné.

Que faire si mon employeur refuse de m'accorder ce jour supplémentaire ?

Rassemblez les preuves (plannings, emails, texte de l'accord) et adressez-lui une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Si le refus persiste, saisissez le conseil de prud'hommes dans un délai de 2 ans.

Cette décision s'applique-t-elle à tous les salariés ?

Non, uniquement à ceux couverts par l'accord Conforama du 15 janvier 1989. Cependant, d'autres accords d'entreprise ou conventions collectives peuvent contenir des clauses similaires. Vérifiez votre propre convention collective.

Quel est le délai pour réclamer ces jours supplémentaires ?

L'action en justice se prescrit par 2 ans à compter du jour où vous avez eu connaissance de votre droit (article L.1471-1 du Code du travail). Ne tardez pas à agir.

Puis-je cumuler ce jour supplémentaire avec d'autres jours de congé ?

Oui, l'accord ne prévoit aucune exclusion. Le jour supplémentaire s'ajoute à vos congés payés, RTT ou autres jours de repos. Il peut être pris à une date ultérieure, selon les modalités prévues par l'employeur.

Informations juridiques

  • Numéro: 09-16.435
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 06 octobre 2010

Mots-clés

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Cas d'usage pratiques

1

Salarié Conforama à Soustons : jour de repos le lundi, férié tombé pendant les congés

M. Dupont, salarié à Soustons, a son jour de repos le lundi. Le lundi de Pâques est férié, mais il était en congés cette semaine-là. Son employeur lui refuse le jour supplémentaire, arguant que le férié tombe pendant ses vacances.

Application pratique:

La Cour de cassation a jugé que le férié peut être inclus dans une période de congé. M. Dupont a droit à un jour de congé supplémentaire, même s'il était en vacances. Il doit réclamer ce jour par écrit, et en cas de refus, saisir les prud'hommes.

2

Employeur à Saint-Paul-lès-Dax : gestion des plannings et risque de contentieux

Une entreprise de Saint-Paul-lès-Dax, non soumise à l'accord Conforama mais avec une clause similaire dans sa convention collective, doit gérer les jours fériés coïncidant avec le repos de ses salariés.

Application pratique:

L'employeur doit identifier tous les cas de figure et accorder le jour supplémentaire. À défaut, il risque des rappels de salaire et des dommages-intérêts. Il peut mettre en place un outil de suivi automatisé pour éviter les erreurs.

3

Propriétaire bailleur : impact indirect des jours supplémentaires sur les revenus du locataire

Un propriétaire à Mont-de-Marsan loue un appartement à un salarié Conforama. Le locataire obtient plusieurs jours de congé supplémentaires par an, ce qui augmente ses revenus (indemnités de congés payés).

Application pratique:

Le propriétaire n'a pas d'action directe, mais il doit savoir que la situation financière du locataire peut s'améliorer. Cela peut être un argument en cas de demande de révision de loyer ou de garantie.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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