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Droit Immobilier

Jurisprudence immobilière : analyse et conseils pratiques

📅 Décision du 10 novembre 2009⚖️ Cour de cassation👁️ 2 vues📖 2 min de lecture

La cour d'appel, appréciant, comme elle en a le pouvoir, la situation au jour où elle statue, qui constate que les troubles de voisinage reprochés n'ont pas persisté, retient souverainement, sans accorder au preneur l'impunité ni nier la gravité des faits, que la responsabilité personnelle du locataire et sa responsabilité quant aux agissements d'autres personnes qui passaient chez lui, ne justifient pas le prononcé de la résiliation du bail

Décision de référence : cc • N° 08-21.874 • 2009-11-10 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

La cour d'appel, appréciant, comme elle en a le pouvoir, la situation au jour où elle statue, qui constate que les troubles de voisinage reprochés n'ont pas persisté, retient souverainement, sans accorder au preneur l'impunité ni nier la gravité des faits, que la responsabilité personnelle du locataire et sa responsabilité quant aux agissements d'autres personnes qui passaient chez lui, ne justifient pas le prononcé de la résiliation du bail

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
  • Anticipez : un conseil préventif coûte toujours moins cher qu'un litige

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Informations juridiques

  • Numéro: 08-21.874
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 10 novembre 2009

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Bailleur à Lyon face aux nuisances d'un locataire

Madame Durand, propriétaire d'un T3 à Lyon (loyer de 850 €/mois), reçoit plusieurs plaintes de voisins pour tapage nocturne : des amis de son locataire font du bruit dans l'immeuble, surtout le week-end, pendant trois mois. Elle veut demander au tribunal la résiliation du bail, c'est-à-dire mettre fin au contrat de location, mais depuis deux mois, plus aucune plainte n'a été déposée.

Application pratique:

Selon la Cour de cassation (arrêt du 10 novembre 2009, n° 08-21.874), le juge apprécie la situation au jour où il statue : si les troubles ont cessé, il peut refuser de résilier le bail, même si les faits passés étaient graves. Madame Durand doit donc rassembler dès maintenant les preuves datées (mains courantes, courriers de voisins, constats de commissaire de justice, ex-huissier) pour établir la gravité et la répétition des faits. Elle peut envoyer une mise en demeure en recommandé au locataire, lui rappelant son obligation de jouir paisiblement du logement et de répondre des personnes qu'il reçoit. Si les nuisances reprennent, elle pourra ressaisir le juge avec un dossier solide, car l'absence de récidive affaiblit nettement sa demande actuelle.

2

Locataire à Marseille menacé d'expulsion pour tapage passé

Monsieur Karim, locataire à Marseille d'un appartement de 700 €/mois depuis 5 ans, est assigné par son bailleur en résiliation du bail. Des amis venus chez lui ont fait du bruit pendant l'été, mais il leur a interdit de revenir et le calme est rétabli depuis quatre mois.

Application pratique:

La Cour de cassation (10 novembre 2009, n° 08-21.874) admet que le juge tienne compte du fait que les troubles n'ont pas persisté pour refuser de prononcer la résiliation. Monsieur Karim doit prouver ce retour au calme : attestations de voisins, absence de nouvelles plaintes, courriers montrant qu'il a réagi. Il doit aussi reconnaître la gêne causée et expliquer les mesures prises, car le juge ne l'exonère pas pour autant de sa responsabilité. Il est conseillé de se faire assister d'un avocat pour présenter ce dossier et, à l'avenir, d'éviter toute récidive, qui pourrait justifier cette fois la résiliation.

3

Syndic à Bordeaux et copropriétaire bailleur d'un locataire bruyant

Le syndic d'une copropriété à Bordeaux reçoit des plaintes contre le locataire d'un copropriétaire : visites nocturnes répétées et dégradations dans les parties communes pendant deux mois. Le conseil syndical demande au copropriétaire d'agir, mais celui-ci constate que la situation s'est apaisée depuis son rappel à l'ordre.

Application pratique:

Le copropriétaire bailleur doit agir sans attendre : mise en demeure écrite du locataire, rappel du règlement de copropriété et conservation de toutes les preuves. D'après la Cour de cassation (10 novembre 2009, n° 08-21.874), si les troubles ont cessé au jour du jugement, le juge peut refuser de résilier le bail, ce qui limite l'intérêt d'une procédure tardive. Le syndic doit donc tenir un registre daté des incidents et signaler immédiatement toute reprise, afin que le juge puisse constater la persistance des troubles. Le copropriétaire a aussi intérêt à demander des engagements écrits au locataire pour prévenir tout nouveau litige.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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