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Droit Immobilier

Jurisprudence immobilière : analyse et conseils pratiques

📅 Décision du 11 mai 2017⚖️ Cour de cassation👁️ 1 vues📖 3 min de lecture

Il résulte de l'article 1-1 de la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et à France Télécom, créé par la loi n° 96-660 du 26 juillet 1996 relative à l'entreprise nationale France Télécom, que, quelles que soient les dates auxquelles ils ont été entrepris et achevés, les ouvrages immobiliers appartenant à la société France Télécom ne présentent plus le caractère d'ouvrages publics depuis le 31 décembre 1996, date à laquelle les biens, droits et obligations de la personne morale de droit public France Télécom ont été transférés de plein droit à l'entreprise nationale France Télécom, laquelle est soumise aux dispositions législatives applicables aux sociétés anonymes dans la mesure où elles ne sont pas contraires à la loi du 2 juillet 1990 ; il n'en est autrement que pour ceux de ces ouvrages qui sont incorporés à un ouvrage public et dont ils constituent une dépendance. Dès lors, viole ce texte, ensemble la loi des 16-24 août 1790, une cour d'appel qui, pour décliner la compétence de la juridiction judiciaire pour connaître d'une demande tendant à la suppression de poteaux et lignes téléphoniques implantés sur un terrain privé, retient que ces ouvrages constituent des ouvrages publics, à l'intégrité et au fonctionnement desquels aucune mesure prescrite par l'autorité judiciaire ne peut porter atteinte

Décision de référence : cc • N° 16-12.299 • 2017-05-11 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Il résulte de l'article 1-1 de la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et à France Télécom, créé par la loi n° 96-660 du 26 juillet 1996 relative à l'entreprise nationale France Télécom, que, quelles que soient les dates auxquelles ils ont été entrepris et achevés, les ouvrages immobiliers appartenant à la société France Télécom ne présentent plus le caractère d'ouvrages publics depuis le 31 décembre 1996, date à laquelle les biens, droits et obligations de la personne morale de droit public France Télécom ont été transférés de plein droit à l'entreprise nationale France Télécom, laquelle est soumise aux dispositions législatives applicables aux sociétés anonymes dans la mesure où elles ne sont pas contraires à la loi du 2 juillet 1990 ; il n'en est autrement que pour ceux de ces ouvrages qui sont incorporés à un ouvrage public et dont ils constituent une dépendance. Dès lors, viole ce texte, ensemble la loi des 16-24 août 1790, une cour d'appel qui, pour décliner la compétence de la juridiction judiciaire pour connaître d'une demande tendant à la suppression de poteaux et lignes téléphoniques implantés sur un terrain privé, retient que ces ouvrages constituent des ouvrages publics, à l'intégrité et au fonctionnement desquels aucune mesure prescrite par l'autorité judiciaire ne peut porter atteinte

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 16-12.299
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 11 mai 2017

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Poteau téléphonique implanté sur mon terrain en Dordogne

M. Durand, propriétaire d'une maison avec un terrain de 2 000 m² près de Périgueux, découvre qu'un poteau et une ligne téléphonique ont été installés sur son terrain dans les années 1980, sans convention écrite. Le tribunal administratif lui a été conseillé par un voisin, car l'ouvrage serait « public ». Il hésite à agir, craignant de perdre des mois et environ 2 000 € de frais.

Application pratique:

Cette décision de la Cour de cassation (11 mai 2017, n° 16-12.299) précise que les ouvrages appartenant à France Télécom ne sont plus des ouvrages publics depuis le 31 décembre 1996, quelle que soit leur date d'installation. Le juge judiciaire (tribunal judiciaire, celui du droit civil) est donc compétent pour ordonner leur suppression ou leur déplacement. M. Durand doit d'abord réunir son titre de propriété, un plan cadastral et des photos du poteau. Il doit ensuite adresser une mise en demeure à l'opérateur propriétaire de la ligne, puis saisir le tribunal judiciaire si aucune solution n'est trouvée.

2

Promoteur bloqué par une ligne télécom sur le chantier

Une société de promotion immobilière achète à Lyon une parcelle de 1 500 m² pour y construire 20 logements, dont le permis est purgé. Une ligne aérienne et deux poteaux de l'ancien opérateur historique traversent le terrain et empêchent l'implantation du bâtiment. Le retard coûte environ 15 000 € par mois en frais financiers.

Application pratique:

Le promoteur ne doit pas renoncer en pensant que ces ouvrages sont des « ouvrages publics » intouchables. Depuis 1996, les ouvrages de France Télécom sont des biens d'une société de droit privé, sauf s'ils sont incorporés à un ouvrage public dont ils sont une dépendance (par exemple, un réseau intégré à une voirie publique). Il faut vérifier ce point avec les plans de réseaux et le titre de propriété, puis demander par écrit le déplacement des équipements à l'opérateur. En cas de refus, le promoteur peut saisir le juge judiciaire pour obtenir leur suppression ou leur déplacement.

3

Indivisaires en désaccord sur une ligne téléphonique héritée

Trois héritiers, frère et sœurs, possèdent en indivision (propriété partagée) une propriété familiale de 5 000 m² près d'Avignon qu'ils veulent vendre 380 000 €. Un acquéreur exige la suppression de poteaux téléphoniques installés il y a 40 ans en bordure du jardin. Un des héritiers pense que seul le tribunal administratif peut en connaître.

Application pratique:

Les héritiers peuvent s'appuyer sur la décision de 2017, selon laquelle ces ouvrages de l'opérateur ne sont plus des ouvrages publics depuis 1996. Le juge judiciaire est donc compétent, et son ordre de suppression ne porte pas atteinte à un ouvrage public intangible. Les indivisaires doivent se mettre d'accord sur la démarche, rechercher les anciennes conventions ou servitudes (droit d'usage consenti à un tiers) éventuelles dans leur titre, puis mettre en demeure l'opérateur. Si l'opérateur ne bouge pas, ils peuvent l'assigner devant le tribunal judiciaire d'Avignon, de préférence avant la signature de la vente, ou négocier avec l'acquéreur une clause adaptée.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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