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Loi du 6 janvier 1986 : quel impact sur votre immobilier ?
Droit Immobilier

Loi du 6 janvier 1986 : quel impact sur votre immobilier ?

📅 Décision du 15 avril 1992⚖️ Cour de cassation👁️ 10 vues📖 2 min de lecture

La loi n° 86-12 du 6 janvier 1986 régit immédiatement les effets de situations juridiques ayant pris naissance avant son entrée en vigueur et non définitivement réalisées. Dès lors, retient, à bon droit, qu'une société locataire est fondée à demander l'application de ce texte, la cour d'appel qui relève que les conditions dans lesquelles cette société avait antérieurement accepté que le loyer soit fixé, selon la valeur locative, à un montant inférieur à la demande du propriétaire, n'avait pu avoir pour effet de la lier définitivement, dès lors qu'à la date de cette acceptation le loyer ne pouvait être fixé que selon la valeur locative, ce qui excluait justement l'existence d'un contrat judiciaire.

Décision de référence : cc • N° 90-10.717 • 1992-04-15 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

La loi n° 86-12 du 6 janvier 1986 régit immédiatement les effets de situations juridiques ayant pris naissance avant son entrée en vigueur et non définitivement réalisées. Dès lors, retient, à bon droit, qu'une société locataire est fondée à demander l'application de ce texte, la cour d'appel qui relève que les conditions dans lesquelles cette société avait antérieurement accepté que le loyer soit fixé, selon la valeur locative, à un montant inférieur à la demande du propriétaire, n'avait pu avoir pour effet de la lier définitivement, dès lors qu'à la date de cette acceptation le loyer ne pouvait être fixé que selon la valeur locative, ce qui excluait justement l'existence d'un contrat judiciaire.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 90-10.717
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 15 avril 1992

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Renouvellement de bail commercial bloqué avant la loi Pinel

À Lyon, un locataire exploitant une boulangerie voit son bail commercial arriver à échéance le 30 juin 2023. Le bailleur demande une augmentation de loyer de 25 % (passant de 2 000 € à 2 500 €), que le locataire conteste. Avant qu’un accord ne soit trouvé ou qu’une décision judiciaire ne fixe le loyer, la loi Pinel du 18 juin 2014 (modifiée en 2023) plafonne l’indexation des loyers commerciaux à 3,5 %.

Application pratique:

En vertu de la jurisprudence du 15 avril 1992, une loi nouvelle s’applique immédiatement aux situations juridiques non définitivement réalisées. Ici, le loyer du bail renouvelé n’était pas encore fixé de manière définitive (ni accord contractuel, ni décision de justice). Le locataire peut donc exiger l’application du plafonnement légal de 3,5 %, limitant la hausse à 70 € au lieu de 500 €. Il doit adresser un courrier recommandé au bailleur en citant la décision de la Cour de cassation pour justifier l’application immédiate de la nouvelle loi.

2

Expulsion locative suspendue par une nouvelle loi

À Marseille, un propriétaire bailleur a engagé une procédure d’expulsion contre un locataire en impayés de loyers (5 000 € d’arriérés). L’assignation est signifiée en octobre 2023, l’audience est fixée à janvier 2024. Le 20 décembre 2023, une loi prolonge la trêve hivernale jusqu’au 30 avril et renforce les conditions de l’expulsion. Le jugement n’est pas encore rendu.

Application pratique:

La décision du 15 avril 1992 rappelle que les effets d’une situation juridique non définitivement réalisée sont régis par la loi nouvelle. L’expulsion n’étant pas ordonnée et le bail non résilié par une décision passée en force de chose jugée, la nouvelle loi s’applique immédiatement. Le propriétaire ne pourra pas expulser avant la fin de la trêve prolongée, et devra peut-être fournir des preuves supplémentaires de relogement. Il doit anticiper ces nouvelles exigences dès l’audience pour ne pas voir sa demande rejetée.

3

Achat d’un terrain et nouvelle réglementation pollution

À Bordeaux, un particulier signe un compromis de vente le 15 novembre 2023 pour un terrain de 800 m² (prix : 120 000 €), avec une date de signature de l’acte authentique prévue le 15 mars 2024. Le 1er février 2024, une loi entre en vigueur imposant une étude de pollution des sols pour toute vente de terrain, à la charge du vendeur. L’étude n’avait pas été prévue initialement.

Application pratique:

Suivant le principe de l’arrêt du 15 avril 1992, la vente n’est pas définitivement réalisée tant que l’acte authentique n’est pas signé. La nouvelle loi s’applique donc immédiatement à cette situation en cours. L’acquéreur peut exiger du vendeur qu’il fournisse l’étude de pollution avant la signature, sans avoir à en supporter le coût (environ 2 000 €). Il doit notifier sa demande par lettre recommandée en visant la loi et la jurisprudence, et suspendre la signature jusqu’à obtention du document.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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