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La révision d'un loyer d'un bail commercial mixte échappe au décret de 1953
Droit Immobilier

La révision d'un loyer d'un bail commercial mixte échappe au décret de 1953

📅 Décision du 15 mai 1991⚖️ Cour de cassation👁️ 11 vues📖 2 min de lecture

La révision d'un loyer d'un bail commercial comprenant une partie fixe et une partie constituée par un pourcentage du chiffre d'affaires du preneur échappe aux dispositions du décret du 30 septembre 1953 et n'est régie que par la convention des parties.

Décision de référence : cc • N° 89-20.847 • 1991-05-15 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

La révision d'un loyer d'un bail commercial comprenant une partie fixe et une partie constituée par un pourcentage du chiffre d'affaires du preneur échappe aux dispositions du décret du 30 septembre 1953 et n'est régie que par la convention des parties.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 89-20.847
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 15 mai 1991

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire d’une boutique à Lyon révise un loyer mixte

Vous êtes propriétaire d’un local commercial à Lyon loué à une boutique de vêtements. Le bail prévoit un loyer fixe de 2 000 €/mois plus 5 % du chiffre d’affaires annuel au-delà de 400 000 €. Après 5 ans, le chiffre d’affaires du locataire a doublé et vous souhaitez augmenter la part fixe, mais le locataire invoque le plafonnement légal de la révision à l’indice des loyers commerciaux (article L145-38 du Code de commerce).

Application pratique:

La décision de la Cour de cassation de 1991 vous est favorable : lorsque le loyer comporte une part proportionnelle au chiffre d’affaires, l’ensemble du loyer échappe aux règles impératives de révision du décret de 1953 (désormais codifié). La révision n’est encadrée que par votre contrat. Vérifiez donc les clauses du bail : si le contrat prévoit une modification de la part fixe, vous pouvez l’appliquer sans être limité par l’indice ; sinon, négociez un avenant avec le locataire en vous appuyant sur votre liberté contractuelle renforcée.

2

Restaurateur à Bordeaux face à une demande de révision triennale

Vous exploitez un restaurant à Bordeaux avec un bail commercial de 9 ans signé il y a 3 ans. Votre loyer se compose de 3 000 € fixes par mois et de 4 % du chiffre d’affaires mensuel au-delà de 50 000 €. Votre propriétaire vous réclame une hausse du loyer fixe en invoquant la révision triennale légale (article L145-38) et une augmentation des prix du marché.

Application pratique:

Grâce à la jurisprudence de 1991, vous pouvez vous opposer à cette demande. La présence d’une clause de chiffre d’affaires exclut votre bail du mécanisme légal de révision triennale ; le loyer ne peut être modifié que selon les conditions prévues dans votre contrat. Relisez votre bail avec attention : si aucune clause ne permet au bailleur de réviser unilatéralement la part fixe, vous êtes en droit de refuser. Proposez éventuellement une renégociation amiable, mais vous n’y êtes pas tenu.

3

Investisseur à Marseille évaluant des baux avant acquisition

Vous envisagez d’acheter un immeuble de rapport à Marseille comprenant plusieurs commerces, dont une pharmacie. Son bail commercial mixte (loyer fixe + pourcentage du chiffre d’affaires) arrive à échéance dans 2 ans. Souhaitant optimiser le rendement, vous projetez de fixer un nouveau loyer fixe sensiblement plus élevé à la valeur locative réelle, sans être contraint par le plafonnement habituel du loyer de renouvellement.

Application pratique:

L’arrêt de la Cour de cassation vous ouvre une opportunité : lors du renouvellement, le loyer d’un bail mixte échappe à l’encadrement strict du statut des baux commerciaux (décret de 1953), notamment au plafonnement applicable aux baux « classiques ». Vous pouvez donc discuter librement le nouveau montant avec le locataire, en fonction du marché. Avant d’investir, faites examiner les clauses de révision et de renouvellement du bail actuel par un expert juridique, et anticipez une négociation éclairée avec le pharmacien.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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