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Le bail consenti à un preneur en vue
Droit Immobilier

Le bail consenti à un preneur en vue

📅 Décision du 25 April 1983⚖️ Cour de cassation👁️ 18 vues📖 2 min de lecture

Le bail consenti à un preneur en vue de l'exploitation de son commerce a, à son égard, le caractère d'un acte de commerce dont la preuve n'est pas soumise aux dispositions de l'article 1328 du Code civil. Ce preneur est donc en droit d'opposer son bail, qui n'a pas acquis date certaine, à un autre preneur, lui-même commerçant qui bénéficiait d'un bail portant sur la même chose, consenti postérieurement et enregistré.

Décision de référence : cc • N° 81-16.804 • 1983-04-25 • Consulter la décision →

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La situation

Le bail consenti à un preneur en vue de l'exploitation de son commerce a, à son égard, le caractère d'un acte de commerce dont la preuve n'est pas soumise aux dispositions de l'article 1328 du Code civil. Ce preneur est donc en droit d'opposer son bail, qui n'a pas acquis date certaine, à un autre preneur, lui-même commerçant qui bénéficiait d'un bail portant sur la même chose, consenti postérieurement et enregistré.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 81-16.804
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 25 avril 1983

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Un restaurateur parisien oppose son bail non enregistré à un concurrent

À Paris 11e, un boulanger signe un bail commercial de 9 ans pour une boutique rue de la Roquette en janvier 2023, avec un loyer mensuel de 2 500 €. Le bail n'est pas enregistré. En mars, le propriétaire signe un autre bail, cette fois enregistré, avec un fleuriste pour le même local. Le boulanger, installé depuis février, refuse de partir.

Application pratique:

La décision rappelle qu'un bail commercial, même sans date certaine, est opposable à un autre commerçant locataire postérieur, car il s'agit d'un acte de commerce. Le boulanger peut donc faire valoir son droit au maintien dans les lieux en présentant son contrat et tout justificatif d'occupation effective (quittances de loyer, factures). Si nécessaire, il engagera une action en justice pour faire reconnaître la priorité de son bail sur celui du fleuriste.

2

Un propriétaire marseillais confronté à deux locataires pour le même entrepôt

À Marseille, le propriétaire d'un entrepôt le loue à une société de logistique en février 2023 par convention privée non enregistrée, moyennant 3 000 € par mois. En avril, croyant le premier locataire défaillant, il signe un bail enregistré avec une autre entreprise. Le premier locataire continue d'occuper et de payer son loyer, tandis que le second réclame les clés.

Application pratique:

En vertu de cette jurisprudence, le bail initial, bien que non enregistré, prime sur le second car c'est un acte de commerce. Le propriétaire doit prendre acte de la validité du premier bail et chercher une solution amiable avec le second locataire (relogement, indemnisation). Il ne peut pas expulser le premier occupant sur le seul fondement de l'enregistrement du second bail, sous peine d'engager sa responsabilité.

3

Acheteur d'un local commercial à Nice : gare au bail occulte

Un investisseur envisage d'acheter un local commercial à Nice pour y installer une franchise. Le vendeur lui présente un bail enregistré datant de mars 2023 avec une boutique de prêt-à-porter. Après visite, l'investisseur découvre qu'un artisan occupe les lieux depuis janvier 2023 avec un bail commercial non enregistré, et qu'il refuse de quitter.

Application pratique:

L'arrêt rappelle que le bail commercial non enregistré de l'artisan, commerçant occupant, est opposable à l'acquéreur, même face à un bail enregistré postérieur. Avant toute acquisition, le futur acheteur doit exiger du vendeur une attestation sur l'absence d'autre occupant, vérifier physiquement les lieux et, en cas de conflit, conditionner la vente à la libération effective du local par tout occupant antérieur, sous peine d'hériter d'un litige.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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