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Le constructeur est, nonobstant la
Droit Immobilier

Le constructeur est, nonobstant la

📅 Décision du 12 juillet 2018⚖️ Cour de cassation👁️ 18 vues📖 2 min de lecture

Le constructeur est, nonobstant la forclusion décennale, contractuellement tenu à l'égard du maître de l'ouvrage de sa faute dolosive lorsque, de propos délibéré, même sans intention de nuire, il viole, par dissimulation ou par fraude, ses obligations contractuelles. Ne caractérise pas une telle faute la cour d'appel qui retient que le professionnel a commis une faute lourde tellement grave qu'elle doit être dolosive

Décision de référence : cc • N° 17-19.701 • 2018-07-12 • Consulter la décision →

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La situation

Le constructeur est, nonobstant la forclusion décennale, contractuellement tenu à l'égard du maître de l'ouvrage de sa faute dolosive lorsque, de propos délibéré, même sans intention de nuire, il viole, par dissimulation ou par fraude, ses obligations contractuelles. Ne caractérise pas une telle faute la cour d'appel qui retient que le professionnel a commis une faute lourde tellement grave qu'elle doit être dolosive

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 17-19.701
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 12 juillet 2018

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire bailleur : fondations dissimulées à Lyon

M. Morel a fait construire un immeuble locatif à Lyon en 2009. En 2021, des fissures importantes apparaissent. Une expertise révèle que le constructeur avait délibérément utilisé un béton sous-dosé pour les fondations et maquillé le rapport de contrôle, cachant ce vice lors de la livraison.

Application pratique:

Cette décision permet d'engager la responsabilité du constructeur malgré la fin de la garantie décennale, car sa faute dolosive (dissimulation volontaire) est établie. M. Morel doit réunir les preuves de la fraude (expertise, documents falsifiés) et saisir un avocat spécialisé pour une action en justice. Il peut réclamer le coût des réparations (estimé à 80 000 €) et des dommages-intérêts pour les loyers perdus.

2

Primo-accédant : électricité dangereuse à Bordeaux

Mme Dubois achète en 2020 une maison rénovée à Bordeaux, construite il y a 15 ans. Un court-circuit cause un départ de feu. L'enquête montre que l'installateur électrique avait sciemment utilisé des câbles non conformes et falsifié l'attestation de conformité, dissimulant le danger.

Application pratique:

Grâce à cet arrêt, Mme Dubois peut poursuivre l'installateur pour faute dolosive, même si la garantie décennale est expirée. Elle doit faire constater la falsification par un expert et déposer plainte. Elle peut obtenir le remboursement des travaux de remise aux normes (12 000 €) et l'indemnisation de son préjudice moral et matériel.

3

Copropriété : infiltrations cachées à Marseille

Dans une résidence à Marseille livrée en 2008, le syndicat des copropriétaires constate depuis 2020 des infiltrations chroniques en toiture. L'étanchéité a été réalisée avec un matériau inadapté, volontairement choisi par le promoteur pour réduire les coûts, et le vice a été masqué par un revêtement provisoire lors de la réception.

Application pratique:

La décision de la Cour de cassation permet aux copropriétaires d'engager la responsabilité contractuelle du promoteur pour dol, en démontrant la fraude délibérée. Il faut mandater un expert pour prouver la dissimulation, puis voter en assemblée générale une action en justice. Les travaux de réfection, chiffrés à 150 000 €, pourront être pris en charge par le constructeur fautif.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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