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Le contrat préliminaire ne liant que
Droit Immobilier

Le contrat préliminaire ne liant que

📅 Décision du 10 avril 1991⚖️ Cour de cassation👁️ 16 vues📖 2 min de lecture

Le contrat préliminaire ne liant que le réservant et le réservataire et n'emportant pas obligation de délivrance, justifie légalement sa décision la cour d'appel qui, relevant qu'aucun document ne faisait obligation aux copropriétaires ou occupants d'avoir des moquettes dans les appartements, en déduit que la société venderesse et le copropriétaire, assignés en réparation de troubles phoniques, n'ont pas violé leur engagement contractuel.

Décision de référence : cc • N° 89-12.365 • 1991-04-10 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Le contrat préliminaire ne liant que le réservant et le réservataire et n'emportant pas obligation de délivrance, justifie légalement sa décision la cour d'appel qui, relevant qu'aucun document ne faisait obligation aux copropriétaires ou occupants d'avoir des moquettes dans les appartements, en déduit que la société venderesse et le copropriétaire, assignés en réparation de troubles phoniques, n'ont pas violé leur engagement contractuel.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
  • Anticipez : un conseil préventif coûte toujours moins cher qu'un litige

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Informations juridiques

  • Numéro: 89-12.365
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 10 avril 1991

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Acheteur VEFA : nuisances sonores sans moquette imposée

À Bordeaux, un couple achète sur plan un appartement en VEFA (Vente en l'état futur d'achèvement) pour 280 000 €. Après emménagement, ils subissent des bruits de pas intenses venant du voisin du dessus, car aucun revêtement souple n'est installé. Ils pensent que le contrat de réservation (contrat préliminaire) garantissait une isolation phonique satisfaisante.

Application pratique:

La Cour de cassation précise que le contrat préliminaire n'engage que le réservant et le réservataire, sans obligation de délivrance sur des points non stipulés. Ici, si le contrat ne mentionne aucune obligation de moquette ou d'isolation spécifique, le promoteur n'est pas responsable. Les acheteurs doivent vérifier que leur contrat prévoit explicitement une isolation acoustique renforcée (normes techniques, ex. CSTB) avant signature. À défaut, ils peuvent tenter une action en diminution du prix (art. 1641 du Code civil) mais cela reste aléatoire. L'idéal est de faire insérer une clause particulière dans le contrat de vente définitif.

2

Copropriétaire assigné pour absence de moquette

À Lyon, un copropriétaire est poursuivi par son voisin du dessous pour troubles anormaux du voisinage. Ce dernier exige 5 000 € de dommages-intérêts car les parquets du copropriétaire ne sont pas recouverts de moquette, amplifiant les bruits d'impact. Le règlement de copropriété ne précise rien concernant les revêtements de sol.

Application pratique:

Suivant l'arrêt du 10 avril 1991, une cour d'appel a justement écarté la responsabilité en l'absence de document imposant la moquette. Le copropriétaire assigné doit donc vérifier le règlement de copropriété et son titre de propriété : si aucun document ne l'oblige à poser une moquette, il n'a pas violé d'engagement contractuel. Il peut opposer cette jurisprudence au tribunal. Pour prévenir ce type de conflit, il reste prudent de faire voter en assemblée générale une clause stipulant l'obligation de pose de revêtements absorbants (ex. moquette, sous-couche isolante).

3

Bailleur confronté au bruit : quelle obligation ?

À Nantes, un propriétaire loue un appartement ancien à 750 € par mois. Sa locataire se plaint de nuisances phoniques liées au manque de moquette dans l'appartement du dessus, également détenu par un autre copropriétaire. Elle menace de saisir le tribunal pour obtenir une réduction de loyer, estimant que son bailleur doit garantir la jouissance paisible.

Application pratique:

La décision de 1991 rappelle que seuls les engagements contractuels écrits comptent. Si le contrat de vente du bailleur ne mentionnait pas d'obligation de moquette pour les autres lots, il n'est pas responsable. Le bailleur peut faire valoir qu'il n'a aucun pouvoir pour imposer un revêtement à son voisin copropriétaire, et qu'il n'a pas manqué à son obligation de délivrance ni de garantie. Il doit néanmoins informer le syndic et tenter de résoudre le conflit à l'amiable (ex. médiation). S'il souhaite anticiper, il peut acquérir un lot en imposant une clause de revêtement phonique dans la promesse de vente.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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