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Le moyen pris d'une insuffisance de motivation de la confiscation est inopérant
Droit Immobilier

Le moyen pris d'une insuffisance de motivation de la confiscation est inopérant

📅 Décision du 31 janvier 2018⚖️ Cour de cassation👁️ 12 vues📖 2 min de lecture

Le moyen pris d'une insuffisance de motivation de la peine complémentaire de confiscation prononcée par la juridiction correctionnelle, au regard de la gravité des faits, de la personnalité de leur auteur et de sa situation personnelle, est inopérant s'agissant de la confiscation de biens qui sont le produit de l'infraction

Décision de référence : cc • N° 17-81.876 • 2018-01-31 • Consulter la décision →

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La situation

Le moyen pris d'une insuffisance de motivation de la peine complémentaire de confiscation prononcée par la juridiction correctionnelle, au regard de la gravité des faits, de la personnalité de leur auteur et de sa situation personnelle, est inopérant s'agissant de la confiscation de biens qui sont le produit de l'infraction

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 17-81.876
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 31 janvier 2018

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Acheteur d'un bien financé par une fraude

À Bordeaux, un primo-accédant achète une maison 320 000 €. Il découvre après la vente que le vendeur a acquis ce bien avec des fonds provenant d'une escroquerie. Le vendeur est condamné au pénal, et la maison est confisquée comme produit de l'infraction.

Application pratique:

Cette jurisprudence confirme que la confiscation d'un bien produit de l'infraction est quasi-automatique, sans motivation spécifique sur la situation personnelle du condamné. Pour l'acheteur, cela signifie qu'il risque de perdre le bien même s'il est de bonne foi. Il doit donc, avant toute acquisition, vérifier l'origine des fonds du vendeur (par exemple en demandant des relevés bancaires ou en consultant le casier judiciaire) et insérer dans l'acte de vente une clause de garantie de provenance licite des fonds, avec une indemnisation en cas de confiscation.

2

Propriétaire bailleur ayant financé un bien avec des fonds illicites

À Lyon, un propriétaire loue un appartement qu'il a acheté 150 000 € en 2018 avec l'argent d'une fraude fiscale. En 2023, il est poursuivi pénalement. Le tribunal ordonne la confiscation de l'appartement, sans examiner sa situation familiale ou ses difficultés financières alléguées.

Application pratique:

L'arrêt rappelle que pour les biens produits de l'infraction, la peine de confiscation n'est pas soumise à l'obligation de motivation renforcée. Ce propriétaire ne peut donc pas contester la confiscation en invoquant sa situation personnelle. Pour éviter une telle situation, tout acquéreur doit s'assurer de l'origine licite de ses fonds (traçabilité, déclarations fiscales) et, en cas de doute, régulariser avant l'achat. S'il est déjà propriétaire et soupçonné, une consultation rapide avec un avocat peut permettre de négocier une restitution partielle ou d'éviter la confiscation en prouvant l'absence d'infraction.

3

Syndicat de copropriétaires face à la confiscation d'un lot

Dans une copropriété de Marseille, un copropriétaire est condamné pour trafic de drogue. Son appartement, acheté 200 000 € avec les revenus du trafic, est confisqué par l'État. Le syndicat découvre que ce copropriétaire doit 8 000 € de charges impayées, et l'État refuse de régler cette dette.

Application pratique:

La décision implique que la confiscation est immédiate et peu motivée, laissant peu de temps aux créanciers pour agir. Le syndicat de copropriété doit donc, dès qu'il a connaissance de poursuites pénales contre un copropriétaire, déclarer sa créance au greffe du tribunal correctionnel et demander à être payé en priorité sur le prix de vente du bien confisqué. Il peut aussi envisager une inscription d'hypothèque légale spéciale du syndicat pour sécuriser les arriérés de charges, car l'effet de la confiscation pourrait anéantir tout recouvrement ultérieur.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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