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Le sous-locataire d'un locataire d'un
Droit Immobilier

Le sous-locataire d'un locataire d'un

📅 Décision du 29 janvier 1992⚖️ Cour de cassation👁️ 17 vues📖 2 min de lecture

Le sous-locataire d'un locataire d'un bail emphytéotique ne saurait obtenir le bénéfice du statut des baux commerciaux et le paiement d'une indemnité d'éviction en faisant valoir qu'il avait été victime de l'apparence croyant tenir son bail du propriétaire de l'immeuble, alors que la situation pouvait être vérifiée à la conservation des hypothèques où le bail avait été enregistré et qu'il résultait d'autres circonstances de fait que la qualité de locataire emphytéote ne pouvait être ignorée.

Décision de référence : cc • N° 90-16.346 • 1992-01-29 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Le sous-locataire d'un locataire d'un bail emphytéotique ne saurait obtenir le bénéfice du statut des baux commerciaux et le paiement d'une indemnité d'éviction en faisant valoir qu'il avait été victime de l'apparence croyant tenir son bail du propriétaire de l'immeuble, alors que la situation pouvait être vérifiée à la conservation des hypothèques où le bail avait été enregistré et qu'il résultait d'autres circonstances de fait que la qualité de locataire emphytéote ne pouvait être ignorée.

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
  • Conservez tous vos documents justificatifs (titres, actes, courriers)
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Informations juridiques

  • Numéro: 90-16.346
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 29 janvier 1992

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Boulangerie piégée par un bailleur non propriétaire

Marie, boulangère à Lyon, veut ouvrir une nouvelle boutique. Elle trouve un local commercial alléchant proposé par Monsieur Dupont, qui se présente comme le propriétaire. Elle signe un bail commercial de 9 ans pour un loyer mensuel de 1 500 €. Après 3 ans, le vrai propriétaire exige son départ, et Marie découvre que M. Dupont n'était qu'emphytéote (locataire longue durée). Elle réclame le statut de bail commercial avec indemnité d'éviction, mais le tribunal refuse car la situation était vérifiable à la publicité foncière.

Application pratique:

La Cour de cassation (29/01/1992, n°90-16.346) précise qu’un sous-locataire ne peut invoquer l'apparence pour obtenir le statut des baux commerciaux si le bail emphytéotique était publié. Avant de vous engager, exigez l'extrait récent de la publicité foncière (ex-conservation des hypothèques) pour vérifier l'identité du véritable propriétaire. En cas de bail emphytéotique, le bailleur n'est pas le propriétaire, et votre bail risque de ne pas être renouvelé sans indemnité. Faites systématiquement une levée d'antériorité pour sécuriser votre fonds de commerce.

2

Start-up locataire d’un open space sans protection

Thomas, fondateur d'une start-up à Lille, loue un open space de 200 m² pour y installer son équipe de 10 salariés. Séduit par le loyer de 1 800 €/mois, il signe un bail de 6 ans avec la SCI « Delta », qu'il croit propriétaire des murs. Deux ans plus tard, la SCI ne peut renouveler le bail faute de droit sur l'immeuble : elle n'était qu'emphytéote, et le propriétaire reprend les locaux. Thomas espérait un bail commercial avec droit au renouvellement et à l'indemnité d'éviction, mais en vain.

Application pratique:

En vertu de la jurisprudence du 29 janvier 1992, le sous-locataire d'un emphytéote ne bénéficie pas du statut protecteur des baux commerciaux s'il pouvait consulter le fichier immobilier. Avant de signer, demandez un certificat de situation au service de la publicité foncière : il indique le titulaire des droits réels. Si le bailleur n'est qu'emphytéote, votre convention est un sous-bail précaire – négociez alors une autorisation écrite du propriétaire et vérifiez la durée restante du bail emphytéotique.

3

Restaurant côtier trompé par un faux propriétaire

À La Rochelle, Sophie reprend un restaurant de fruits de mer en bord de port. Elle signe un bail de 9 ans avec un loyer de 2 200 €/mois, en pensant traiter avec le propriétaire. Après 4 ans, elle reçoit un congé du véritable propriétaire, qui met fin au bail emphytéotique de son bailleur. Sophie croyait pouvoir prétendre à une indemnité d'éviction, mais sa demande est rejetée car le bail emphytéotique était facilement vérifiable.

Application pratique:

L’arrêt du 29 janvier 1992 vous est opposable : un sous-bail consenti par un emphytéote ne donne pas droit au statut commercial si la publicité du bail emphytéotique permettait de connaître la situation. Avant toute signature, consultez le fichier immobilier (bureau des hypothèques) en ligne ou sur place, et vérifiez l'origine de propriété. En présence d'un emphytéote, exigez l'acte de bail emphytéotique et l'accord du propriétaire, et calculez la durée de jouissance effective qui vous reste.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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