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Droits d'enregistrement : quand les payer ?
Droit Immobilier

Droits d'enregistrement : quand les payer ?

📅 Décision du 05 janvier 1988⚖️ Cour de cassation👁️ 13 vues📖 2 min de lecture

Les droits d'enregistrement sont acquis au bénéficiaire tels qu'ils résultent des stipulations des actes, sans pouvoir être subordonnés à des faits extérieurs ou à des dispositions étrangères au contrat. L'administration des impôts ayant émis un avis de mise en recouvrement des droits et pénalités estimés dus à la suite de la vente d'un bien immobilier désigné comme une forêt, dont le prix lui était apparu insuffisant, il ne peut être reproché aux juges du fond d'avoir rejeté l'opposition du redevable qui soutenait que l'objet de la vente devait être déterminé compte tenu de la clause de l'acte authentique relative aux traités qui avaient été conclus avec des tiers et de la cession des produits forestiers par un acte sous seing privé antérieur au contrat dès lors qu'ils ont retenu que le mot " forêt " implique l'existence d'un terrain planté d'arbres, qu'aucune restriction n'a été faite dans l'acte sur la nature et l'importance de la cession et que la clause obligeant l'acquéreur à faire son affaire personnelle de l'exécution ou de la résiliation de tous traités qui ont pu être contractés relativement à l'immeuble vendu n'est pas suffisamment explicite pour être appliquée à l'acte sous seing privé antérieur

Décision de référence : cc • N° 86-10.858 • 1988-01-05 • Consulter la décision →

Cette décision apporte un éclairage important sur votre droit immobilier. Voici ce qu'elle change pour vous.

La situation

Les droits d'enregistrement sont acquis au bénéficiaire tels qu'ils résultent des stipulations des actes, sans pouvoir être subordonnés à des faits extérieurs ou à des dispositions étrangères au contrat. L'administration des impôts ayant émis un avis de mise en recouvrement des droits et pénalités estimés dus à la suite de la vente d'un bien immobilier désigné comme une forêt, dont le prix lui était apparu insuffisant, il ne peut être reproché aux juges du fond d'avoir rejeté l'opposition du redevable qui soutenait que l'objet de la vente devait être déterminé compte tenu de la clause de l'acte authentique relative aux traités qui avaient été conclus avec des tiers et de la cession des produits forestiers par un acte sous seing privé antérieur au contrat dès lors qu'ils ont retenu que le mot " forêt " implique l'existence d'un terrain planté d'arbres, qu'aucune restriction n'a été faite dans l'acte sur la nature et l'importance de la cession et que la clause obligeant l'acquéreur à faire son affaire personnelle de l'exécution ou de la résiliation de tous traités qui ont pu être contractés relativement à l'immeuble vendu n'est pas suffisamment explicite pour être appliquée à l'acte sous seing privé antérieur

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

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Informations juridiques

  • Numéro: 86-10.858
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 05 janvier 1988

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Achat d'une propriété boisée sans mention explicite des arbres

Marie, primo-accédante parisienne, achète une maison avec 2 hectares décrits comme « propriété boisée » en Sologne (Loir-et-Cher) pour 180 000 €. Après la vente, l'administration fiscale réclame 15 000 € de droits d'enregistrement supplémentaires, estimant que le prix était insuffisant au vu de la valeur du bois sur pied.

Application pratique:

Selon la décision de la Cour de cassation du 5 janvier 1988, les droits d'enregistrement sont liquidés uniquement d'après les termes de l'acte, et le mot « boisée » implique la présence d'arbres. Marie aurait dû exiger que l'acte précise clairement si la vente incluait ou non le bois. Elle peut contester en apportant la preuve d'un accord verbal distinct, mais ses chances sont faibles. Il est conseillé de prendre rendez-vous avec un avocat fiscaliste pour évaluer une éventuelle négociation avec l'administration et, à l'avenir, de faire rédiger les actes par un notaire attentif à ces clauses.

2

Vente séparée du bois et du terrain sans clarté dans l'acte

Jean, propriétaire d'une forêt de 10 hectares en Dordogne, vend le terrain à un voisin pour 80 000 € après avoir cédé la coupe de bois à un exploitant via un acte sous seing privé antérieur. L'acte de vente notarié désigne le bien comme « forêt », et le fisc réévalue le prix à 150 000 € en incluant la valeur du bois.

Application pratique:

La jurisprudence rappelle que les clauses de l'acte authentique priment sur les arrangements extérieurs : la simple mention « forêt » suffit à inclure les arbres. Pour éviter ce redressement, Jean aurait dû faire inscrire dans l'acte de vente une exclusion expresse du bois (« terrain nu, sans bois sur pied »). Face à la réclamation, il doit démontrer l'antériorité de la vente de bois et l'intention des parties, mais le fisc l'emportera probablement. Une consultation avec un notaire et un avocat spécialisé permettrait d'étudier un éventuel recours contentieux.

3

Réservation d'une oliveraie lors d'une vente immobilière

Maître Durand, notaire à Apt (Vaucluse), prépare la vente d'un mas avec 3 hectares d'oliviers. Le vendeur souhaite se réserver la récolte des olives pour les cinq prochaines années. L'acte initial décrivait le bien comme « propriété avec oliveraie ».

Application pratique:

Pour éviter une réévaluation fiscale basée sur l'arrêt de 1988, Maître Durand doit modifier la désignation dans l'acte en précisant : « terrain avec oliviers, ces derniers et leurs fruits étant exclus de la vente et réservés au vendeur jusqu'au 31 décembre 2029 ». Il doit aussi rappeler que l'administration fiscale se fonde exclusivement sur le contenu de l'acte publié. Il convoque les parties pour une explication des enjeux et fait signer une clause claire, préservant ainsi les droits de chacun et évitant un litige fiscal.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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