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Syndic coopératif : le président du conseil syndical est-il forcément syndic ?
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Syndic coopératif : le président du conseil syndical est-il forcément syndic ?

📅 Décision du 09 novembre 1976⚖️ Cour de cassation👁️ 11 vues📖 8 min de lecture

Un arrêt de 1976 de la Cour de cassation précise que dans un syndicat coopératif de copropriété, le syndic, élu parmi les membres du conseil syndical, exerce de plein droit les fonctions de président de ce conseil. Cette décision clarifie les règles de gouvernance interne et évite les conflits de compétence.

Décision de référence : cc • N° 75-11.931 • 1976-11-09 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'un appartement à Saint-Gaudens, dans une copropriété gérée en syndicat coopératif. Votre conseil syndical vient d'élire un nouveau syndic, mais le président du conseil syndical conteste cette décision, estimant qu'il est le seul habilité à convoquer l'assemblée générale. Qui a raison ? Le syndic ou le président ? Ce type de conflit, plus fréquent qu'on ne le croit, paralyse souvent la vie de la copropriété.

La question que se pose chaque copropriétaire : dans un syndicat coopératif, le syndic élu par le conseil syndical devient-il automatiquement président de ce conseil ? Et inversement, le président peut-il prétendre exercer les fonctions de syndic sans élection ? La réponse est cruciale pour la validité des décisions prises.

Dans cet arrêt du 9 novembre 1976, la Cour de cassation (la plus haute juridiction judiciaire française) tranche : dans un syndicat coopératif, le syndic, élu à la majorité des membres du conseil syndical et parmi ceux-ci, exerce de plein droit (automatiquement) les fonctions de président dudit conseil. En d'autres termes, les deux casquettes sont indissociables. Décryptage.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. Lelièvre est propriétaire dans une copropriété située à Saint-Gaudens. Le syndicat est dit « coopératif » : cela signifie que les copropriétaires assurent eux-mêmes la gestion, sans syndic professionnel. Le conseil syndical (organe collégial élu par l'assemblée générale) désigne en son sein un syndic et un président.

En 1970, un conflit éclate. M. Lelièvre, qui est président du conseil syndical, estime avoir seul le pouvoir de convoquer l'assemblée générale. De son côté, M. Subsol, élu syndic par le conseil syndical, revendique également ce droit. Le désaccord est total : chacun convoque une assemblée générale, et les deux réunions se tiennent, semant la confusion parmi les copropriétaires.

M. Subsol, en tant que syndic, assigne M. Lelièvre devant le tribunal de grande instance de Toulouse pour faire reconnaître la validité de son élection et de ses prérogatives. Le tribunal, par un jugement du 16 novembre 1970, donne raison à M. Subsol. M. Lelièvre fait appel (recours devant la cour d'appel), mais la cour confirme la décision. Il se pourvoit alors en cassation (recours devant la Cour de cassation).

Le raisonnement de M. Lelièvre est le suivant : il soutient que le syndic n'a pas le pouvoir de convoquer l'assemblée générale tant que le président du conseil syndical ne s'y oppose pas ou n'est pas en état de carence (absence). Il invoque un texte qui, selon lui, réserve au président ce droit. Mais la Cour de cassation ne le suit pas.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation rejette le pourvoi de M. Lelièvre. Elle considère que, dans un syndicat coopératif, le syndic, élu par le conseil syndical et parmi ses membres, exerce de plein droit la fonction de président du conseil syndical. undefined, les deux rôles sont confondus : le syndic est automatiquement président, et le président est nécessairement le syndic.

Le fondement légal de cette solution est l'article 17 de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, qui dispose que « le syndic est nommé par l'assemblée générale des copropriétaires ». Toutefois, pour les syndicats coopératifs, l'article 28 de la même loi prévoit que le syndic est élu par le conseil syndical en son sein. La Cour en déduit que cette élection emporte de plein droit la qualité de président du conseil syndical, car les fonctions sont indissociables dans ce type de syndicat.

Attention toutefois : ce mécanisme est propre aux syndicats coopératifs. Dans une copropriété classique avec syndic professionnel, le président du conseil syndical est distinct du syndic. La confusion naît souvent de la méconnaissance de cette spécificité. undefined, c'est que la Cour de cassation a ainsi voulu éviter les luttes de pouvoir internes, en clarifiant que le syndic est le chef de file unique.

La Cour précise également que le texte invoqué par M. Lelièvre (qui prévoit que le président convoque l'assemblée en cas de carence du syndic) ne s'applique que lorsque le syndic est défaillant ou s'oppose. Or, en l'espèce, le syndic (M. Subsol) était actif et souhaitait convoquer l'assemblée. C'est donc lui qui avait le droit de le faire.

undefined la décision confirme que l'élection du syndic par le conseil syndical dans un syndicat coopératif lui confère automatiquement la présidence du conseil, et donc le pouvoir de convoquer l'assemblée générale. Toute autre interprétation conduirait à une paralysie.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour les copropriétaires d'un syndicat coopératif, cette décision a des implications directes. Si vous êtes élu syndic par le conseil syndical, vous devenez de droit président du conseil syndical. Vous ne pouvez pas vous voir opposer un président qui refuserait de vous reconnaître. Inversement, si vous êtes président, vous ne pouvez pas prétendre exercer les fonctions de syndic sans avoir été élu comme tel.

Prenons un exemple concret : à Muret, une copropriété de 20 lots fonctionne en syndicat coopératif. Le conseil syndical élit Mme Dupont comme syndic. Or, M. Martin, qui était président du conseil syndical avant l'élection, continue d'agir comme tel et convoque une assemblée générale. Selon l'arrêt de 1976, seule Mme Dupont, en tant que syndic-président, a le pouvoir de convoquer. Si M. Martin persiste, les décisions prises lors de l'assemblée qu'il a convoquée pourraient être annulées.

Pour les acquéreurs d'un lot dans une copropriété coopérative, vérifiez bien qui est le syndic en exercice et s'il a été élu conformément aux statuts. Un syndic non élu ou un président autoproclamé pourrait mettre en péril la validité des assemblées générales et des décisions.

Si vous êtes propriétaire bailleur dans une telle copropriété, soyez vigilant : une assemblée convoquée par une personne non habilitée peut être contestée par les copropriétaires, ce qui retarde les décisions (travaux, budget) et peut générer des frais de justice. Mieux vaut s'assurer que le syndic est bien celui qui a été élu et qu'il exerce la présidence.

Concrètement, si vous êtes dans cette situation, vous devez vérifier le procès-verbal de l'élection du syndic par le conseil syndical. Ce procès-verbal doit mentionner que le syndic est élu à la majorité et qu'il exerce la présidence de plein droit. En cas de contestation, un copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire pour faire reconnaître la validité de l'élection.

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Rédigez un règlement de copropriété clair : si votre copropriété est coopérative, faites préciser dans le règlement que le syndic élu par le conseil syndical est de droit président de ce conseil. Cela évite toute ambiguïté.
  • Conservez les procès-verbaux d'élection : chaque élection du syndic doit être consignée dans un procès-verbal signé par tous les membres du conseil syndical. Ce document est la preuve de la régularité de la désignation.
  • Formez les copropriétaires : lors des assemblées générales, rappelez la spécificité du syndicat coopératif. Beaucoup de conflits naissent de l'ignorance des règles. Un petit rappel oral ou écrit peut éviter des mois de procédure.
  • En cas de doute, consultez un avocat : plutôt que de laisser un conflit s'envenimer, une consultation rapide (30 minutes) permet de clarifier les droits de chacun. À Saint-Gaudens ou Muret, de nombreux avocats spécialisés en droit immobilier peuvent vous aider.

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Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cette décision de 1976 s'inscrit dans une lignée constante de la Cour de cassation. Elle confirme un principe déjà énoncé dans un arrêt antérieur du 3 février 1971 (n° 69-13.850), qui avait jugé que, dans un syndicat coopératif, le syndic est nécessairement président du conseil syndical. La solution n'a donc pas varié depuis plus de 50 ans.

En revanche, pour les copropriétés ordinaires (non coopératives), la jurisprudence est différente : le syndic professionnel et le président du conseil syndical sont deux personnes distinctes. Le président ne peut pas se substituer au syndic pour convoquer l'assemblée générale, sauf carence de ce dernier (Cass. 3e civ., 14 mars 1984, n° 82-16.104).

Aujourd'hui, la tendance est à la sécurisation des pratiques : les tribunaux exigent une stricte conformité aux textes. Avec la loi ALUR de 2014, les syndicats coopératifs sont devenus plus rares, mais ils existent encore, notamment dans les petites copropriétés. La vigilance reste de mise.

Récapitulatif et prochaines étapes

Pour vous aider à y voir clair, voici une checklist des actions à mener si un conflit similaire survient dans votre copropriété :

  1. Vérifiez le procès-verbal d'élection du syndic par le conseil syndical.
  2. Assurez-vous que le syndic élu est bien membre du conseil syndical.
  3. Confirmez que l'assemblée générale a été convoquée par le syndic (qui est aussi président).
  4. Si une assemblée a été convoquée par une autre personne, contestez-la rapidement devant le tribunal judiciaire.
  5. Consultez un avocat spécialisé pour éviter toute nullité des décisions.

Cette décision de 1976 reste une référence pour les syndicats coopératifs. Elle rappelle que les règles de fonctionnement interne ne sont pas optionnelles. Un syndic mal élu ou un président illégitime peut entraîner des années de contentieux.

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Questions fréquentes

Dans un syndicat coopératif, le président du conseil syndical est-il forcément le syndic ?

Oui, selon l'arrêt de 1976, le syndic élu par le conseil syndical parmi ses membres exerce de plein droit la fonction de président. Les deux rôles sont donc confondus.

Puis-je contester une assemblée générale convoquée par le président du conseil syndical plutôt que par le syndic ?

Oui, car dans un syndicat coopératif, seul le syndic (qui est aussi président) a le pouvoir de convoquer l'assemblée. Une convocation par le seul président sans qualité de syndic peut être annulée.

Quels sont les délais pour contester une élection de syndic dans un syndicat coopératif ?

La contestation doit être portée devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d'élection. Passé ce délai, l'élection est réputée valable.

Un syndic professionnel peut-il être élu dans un syndicat coopératif ?

Non, par définition, un syndicat coopératif est géré par les copropriétaires eux-mêmes. Le syndic doit être un copropriétaire élu par le conseil syndical. Si vous voulez un syndic professionnel, il faut opter pour un syndicat non coopératif.

Que faire si le syndic élu refuse d'exercer la présidence du conseil syndical ?

Il ne peut pas refuser, car la loi l'impose. En cas de refus, le conseil syndical peut le révoquer et élire un nouveau syndic. En dernier recours, un copropriétaire peut saisir le tribunal pour faire constater la carence.

Informations juridiques

  • Numéro: 75-11.931
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 09 novembre 1976

Mots-clés

syndic coopératifconseil syndicalprésidentcopropriétéassemblée générale

Cas d'usage pratiques

1

Copropriétaire dans un syndicat coopératif à Saint-Gaudens

Vous êtes propriétaire d'un lot dans une petite copropriété de 10 lots à Saint-Gaudens. Le conseil syndical a élu un nouveau syndic, mais l'ancien président continue de convoquer les assemblées. Les décisions risquent d'être annulées.

Application pratique:

Vérifiez le procès-verbal d'élection du nouveau syndic. Si l'élection est régulière, seul le nouveau syndic peut convoquer l'assemblée. Si l'ancien président persiste, saisissez le tribunal judiciaire de Toulouse pour faire reconnaître la nullité de la convocation et des décisions.

2

Acquéreur d'un lot dans une copropriété coopérative à Muret

Vous achetez un appartement à Muret dans une copropriété gérée en syndicat coopératif. L'agent immobilier vous dit que le président du conseil syndical fait office de syndic. Vous voulez vous assurer que tout est en règle.

Application pratique:

Demandez à voir le procès-verbal de l'élection du syndic. Vérifiez que le syndic a été élu par le conseil syndical et qu'il est bien membre de ce conseil. Si le président agit sans avoir été élu syndic, les assemblées peuvent être contestées. Exigez une régularisation avant la signature.

3

Membre du conseil syndical dans une copropriété coopérative en Occitanie

Vous êtes membre du conseil syndical d'une copropriété coopérative à Toulouse. Un conflit éclate entre le syndic élu et le président sortant. Vous cherchez une solution pour éviter la paralysie.

Application pratique:

Organisez une réunion du conseil syndical pour rappeler la règle : le syndic est de droit président. Si le président sortant conteste, faites voter une motion de confirmation de l'élection du syndic. En cas de blocage, un copropriétaire peut demander en référé la désignation d'un administrateur provisoire.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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