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Loi pénale plus sévère : pas de rétroactivité
Droit Immobilier

Loi pénale plus sévère : pas de rétroactivité

📅 Décision du 19 Juni 2007⚖️ Cour de cassation👁️ 16 vues📖 2 min de lecture

Une loi pénale étendant une incrimination à une nouvelle catégorie de prévenus ne peut s'appliquer à des faits commis antérieurement à son entrée en vigueur. Méconnaît ce principe la cour d'appel qui condamne une société pour des faits de tromperie et de publicité de nature à induire en erreur commis avant l'entrée en vigueur tant de la loi du 12 juin 2001, qui a étendu la possibilité d'imputer ces deux délits aux personnes morales, que de la loi du 9 mars 2004, qui a mis fin au principe de spécialité de la responsabilité pénale des personnes morales

Décision de référence : cc • N° 06-85.490 • 2007-06-19 • Consulter la décision →

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La situation

Une loi pénale étendant une incrimination à une nouvelle catégorie de prévenus ne peut s'appliquer à des faits commis antérieurement à son entrée en vigueur. Méconnaît ce principe la cour d'appel qui condamne une société pour des faits de tromperie et de publicité de nature à induire en erreur commis avant l'entrée en vigueur tant de la loi du 12 juin 2001, qui a étendu la possibilité d'imputer ces deux délits aux personnes morales, que de la loi du 9 mars 2004, qui a mis fin au principe de spécialité de la responsabilité pénale des personnes morales

Ce que dit la loi

Cette décision confirme les principes fondamentaux du droit de la propriété.

Points à retenir

  • Respectez scrupuleusement les délais légaux de recours
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Informations juridiques

  • Numéro: 06-85.490
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 19 juin 2007

Mots-clés

droit immobilierjurisprudenceimmobilier

Cas d'usage pratiques

1

Acheteur lésé par une publicité trompeuse avant 2001

En 2000, un primo-accédant achète un appartement à Marseille sur la base d’une annonce promettant 80 m², alors que la surface réelle n’est que de 72 m². Le promoteur, une société, a diffusé cette publicité mensongère avant l’entrée en vigueur de la loi du 12 juin 2001.

Application pratique:

La décision du 19 juin 2007 rappelle qu’une loi pénale étendant la responsabilité aux personnes morales ne peut s’appliquer rétroactivement. Ici, la publicité trompeuse a été commise avant que les sociétés ne puissent être pénalement poursuivies pour ce délit. L’acheteur ne peut donc pas fonder une action pénale contre la société promotrice. Il doit se tourner vers une action civile en réparation (nullité du contrat ou dommages-intérêts) en invoquant le dol, sans attendre de condamnation pénale.

2

Syndic soupçonné d’abus de confiance avant 2004

En 2003, le syndic d’une copropriété à Lyon, une SARL, détourne 15 000 € de fonds destinés à des travaux de ravalement. Les copropriétaires découvrent les faits en 2006 et veulent déposer une plainte pénale pour abus de confiance.

Application pratique:

Avant la loi du 9 mars 2004, les personnes morales ne pouvaient être pénalement responsables que pour les infractions expressément prévues par un texte (principe de spécialité). L’abus de confiance n’en faisait pas partie. Selon la jurisprudence du 19 juin 2007, la société de syndic ne peut être condamnée pénalement pour des faits antérieurs à cette loi. Les copropriétaires doivent donc agir au civil contre le syndic et son assureur pour obtenir réparation, et éventuellement déposer plainte contre le dirigeant personne physique.

3

SCI poursuivie pour tromperie sur une location en 1999

Une SCI propriétaire d’un immeuble à Nice est assignée en justice pour avoir dissimulé en 1999 des infiltrations importantes à un locataire commercial, ce qui constitue une tromperie. Le locataire invoque le délit de tromperie pour obtenir des dommages-intérêts.

Application pratique:

La Cour de cassation confirme l’impossibilité d’appliquer rétroactivement une loi pénale plus sévère : la loi de 2001 permettant d’imputer le délit de tromperie aux personnes morales n’existait pas en 1999. La SCI ne peut donc être condamnée pénalement. Pour sa défense, la SCI doit produire tout justificatif prouvant que les faits reprochés sont antérieurs à juin 2001. Le locataire devra se limiter à une action en responsabilité civile contractuelle, sur le fondement du dol ou de la garantie des vices cachés.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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