Aller au contenu principal
Grenzfeststellung und öffentliches Eigentum: Wann der Zivilrichter die öffentliche Eigenschaft prüfen muss
Droit-foncier

Grenzfeststellung und öffentliches Eigentum: Wann der Zivilrichter die öffentliche Eigenschaft prüfen muss

📅 Décision du 18 Februar 1992⚖️ Cour de cassation👁️ 14 vues📖 4 min de lecture

Der Kassationsgerichtshof erinnert daran, dass der mit einer Klage auf Grenzfeststellung befasste Zivilrichter zunächst prüfen muss, ob eines der betroffenen Grundstücke zum öffentlichen Eigentum gehört; in diesem Fall ist allein das Verwaltungsgericht zuständig.

Décision de référence : cc • N° 90-19.753 • 1992-02-18 • Consulter la décision →

Imaginez : vous êtes propriétaire d'une maison à Lens, avec un jardin qui jouxte un terrain communal. Depuis des années, vous entretenez une haie qui, selon vous, marque la limite. Mais votre voisin, lui, prétend que la haie empiète sur la parcelle communale. La mairie, elle, ne dit mot. Vous décidez alors de demander un bornage judiciaire pour faire trancher la limite. Mais voilà : le tribunal judiciaire est-il compétent quand le terrain litigieux est peut-être public ? C'est exactement la question posée à la Cour de cassation en 1992.

Cette décision, méconnue du grand public, est pourtant cruciale pour tout propriétaire confronté à un conflit de voisinage impliquant une parcelle publique. En clair, la Cour de cassation a censuré une cour d'appel qui avait ordonné un bornage sans vérifier si le terrain en cause appartenait au domaine public communal. Pourquoi est-ce important ? Parce que si une parcelle est publique, le juge judiciaire n'est pas compétent : seuls les tribunaux administratifs peuvent connaître des litiges portant sur le domaine public.

Ce que peu de gens savent, c'est que cette question de compétence peut faire capoter tout le bornage. Si vous engagez une procédure devant le mauvais tribunal, vous risquez de perdre du temps et de l'argent. Alors, comment savoir si votre terrain est public ? Et que faire si la mairie revendique une partie de votre jardin ? Plongeons dans les détails de cette affaire.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

À Corneilla-de-Conflent, dans les Pyrénées-Orientales, des propriétaires, que nous appellerons M. et Mme Poux, possèdent des parcelles de terrain. Leurs voisins, les époux Y..., ont une propriété adjacente. Un différend surgit : où passe la limite entre leurs terrains ? Les Poux assignent les Y... devant le tribunal de grande instance pour obtenir un bornage judiciaire, c'est-à-dire la détermination officielle de la limite séparative.

Mais il y a un hic : l'une des parcelles en question est peut-être une voie communale, donc une dépendance du domaine public. La commune, pourtant informée, donne son accord au plan de bornage proposé par les Poux. Mais cet accord est-il suffisant pour que le juge judiciaire puisse ordonner le bornage ? Les époux Y... soulèvent l'exception de domanialité publique : selon eux, le tribunal judiciaire n'est pas compétent, car le litige porte sur un bien public.

Le tribunal de grande instance, puis la cour d'appel de Montpellier, ne sont pas de cet avis. Ils admettent leur compétence au motif que l'action en bornage n'a pas pour but de déterminer si la parcelle fait partie du domaine public, mais seulement de fixer la limite entre propriétés privées. Les juges d'appel s'appuient sur l'article 646 du Code civil, qui prévoit que tout propriétaire peut obliger son voisin au bornage, et sur l'article 13 de la loi des 16-24 août 1790, qui interdit aux tribunaux judiciaires de connaître des affaires domaniales, mais ils estiment que cette interdiction ne s'applique pas ici.

La Cour de cassation, elle, va casser cet arrêt. Elle reproche à la cour d'appel de ne pas avoir recherché si l'une des parcelles concernées appartenait au domaine public communal. Autrement dit, avant de se déclarer compétent, le juge judiciaire doit d'abord vérifier si le terrain litigieux est public ou privé. Si c'est public, le juge administratif est seul compétent.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation s'appuie sur le principe de séparation des autorités administratives et judiciaires, issu de la loi des 16-24 août 1790. Ce texte, vieux de plus de deux siècles, dispose en substance que les tribunaux judiciaires ne peuvent pas s'immiscer dans le fonctionnement de l'administration, y compris la gestion du domaine public. Or, déterminer si une parcelle fait partie du domaine public relève de la compétence exclusive du juge administratif.

En l'espèce, la cour d'appel avait admis sa compétence en affirmant que l'action en bornage ne visait pas à statuer sur la domanialité, mais seulement à fixer la limite entre propriétés privées. La Cour de cassation rectifie : le bornage, par nature, peut avoir pour effet de trancher une question de domanialité. Si une parcelle est publique, le bornage est impossible devant le juge judiciaire, car ce dernier n'a pas le pouvoir de délimiter le domaine public.

Autrement dit, le juge judiciaire doit, dès qu'il est saisi d'une action en bornage, vérifier d'office si l'une des parcelles est susceptible d'appartenir au domaine public. Si un doute existe, il doit surseoir à statuer et renvoyer la question au tribunal administratif. C'est un point essentiel : le juge ne peut pas se contenter de dire « ce n'est pas mon problème ».

Dans ma pratique, j'ai rencontré des dossiers où des propriétaires à Béthune avaient engagé un bornage judiciaire sans se rendre compte que la parcelle litigieuse était une dépendance de la voirie communale. Résultat : après plusieurs mois de procédure, le tribunal judiciaire s'est déclaré incompétent, et tout a dû recommencer devant le tribunal administratif. Une perte de temps et d'argent considérable.

La décision de 1992 est donc un rappel à l'ordre : avant d'aller en justice, il faut identifier clairement la nature des terrains. Et si la mairie est impliquée, mieux vaut consulter un avocat spécialisé en droit immobilier pour éviter cette erreur de compétence.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour les propriétaires : si vous avez un conflit de bornage avec un voisin et que la limite touche une parcelle communale (une route, un chemin, un parking public, etc.), vous devez d'abord vous dem

Questions fréquentes

Puis-je demander un bornage judiciaire si mon voisin est la commune ?

Oui, mais uniquement devant le tribunal administratif. Le juge judiciaire n'est pas compétent si la parcelle litigieuse appartient au domaine public.

Que faire si j'ai déjà engagé un bornage devant le tribunal judiciaire et que la commune soulève la domanialité ?

Le tribunal se déclarera probablement incompétent. Vous devrez recommencer devant le tribunal administratif. Consultez un avocat pour éviter cela.

Quel est le coût d'un bornage judiciaire ?

Comptez entre 1 500 € et 5 000 € (frais d'avocat, géomètre, etc.). Devant le tribunal administratif, les coûts sont similaires mais les délais plus longs.

Puis-je me passer d'avocat pour un bornage devant le tribunal administratif ?

Oui, la représentation n'est pas obligatoire, mais il est conseillé d'être assisté vu la technicité de la procédure.

Comment savoir si une parcelle est publique ?

Consultez le cadastre, le PLU, ou demandez un certificat de domanialité à la mairie.

Informations juridiques

  • Numéro: 90-19.753
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 18 février 1992

Mots-clés

bornagedomaine publiccompétence judiciairetribunal administratifLensBéthune

Cas d'usage pratiques

1

Propriétaire à Lens avec conflit de limite sur un chemin communal

M. Dupont, propriétaire à Lens, a un jardin qui jouxte un chemin rural. La mairie affirme que le chemin est communal. Il veut un bornage pour fixer la limite.

Application pratique:

Avant d'agir, M. Dupont doit vérifier si le chemin est bien public. Il peut demander un certificat de domanialité à la mairie. Si c'est le cas, il doit saisir le tribunal administratif de Lille, non le tribunal judiciaire. Un avocat l'aidera à préparer le dossier.

2

Locataire à Béthune dont le bailleur est en litige avec la commune

Mme Martin loue une maison à Béthune. Son bailleur est en conflit avec la mairie car une partie du jardin serait une voie communale. La mairie veut récupérer le terrain.

Application pratique:

Mme Martin doit informer son bailleur de la décision de 1992. Le bailleur doit vérifier la domanialité. Si la parcelle est publique, le bailleur ne peut pas obtenir un bornage judiciaire classique. Il devra négocier avec la commune ou saisir le tribunal administratif. Pendant ce temps, Mme Martin peut demander une réduction de loyer si son usage du jardin est réduit.

3

Acquéreur à Lens avant achat d'une maison avec grand terrain

M. Leroy veut acheter une maison à Lens avec un grand terrain. Le cadastre montre une petite parcelle non bâtie à côté, qui pourrait être communale.

Application pratique:

M. Leroy doit, avant la vente, demander à la mairie un certificat de domanialité. Si la parcelle est publique, il devra négocier une réduction de prix ou renoncer à l'achat. Il peut aussi faire insérer une condition suspensive dans le compromis de vente. Un avocat peut l'assister dans ces vérifications.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

Prendre rendez-vous →

Avertissement: Les analyses présentées sur ce site sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Pour une consultation adaptée à votre situation, contactez un avocat.

★★★★★4.9/5 — Avis Google

Rechtsanwältin Maître Zakine, Doktor der Rechtswissenschaften

Beratung per Telefon und Videokonferenz — Schnelle Terminvergabe

Termin vereinbaren
1. Beratung 30 Minuten - 45€

🔒 Confidentiel • Sans engagement • Réponse rapide