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Congés fractionnés : le droit aux jours supplémentaires pour les salariés de bureaux d'études
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Congés fractionnés : le droit aux jours supplémentaires pour les salariés de bureaux d'études

📅 Décision du 19 juin 2002⚖️ Cour de cassation👁️ 12 vues📖 6 min de lecture

La Cour de cassation précise que les salariés des bureaux d'études techniques ont droit à des jours de congés supplémentaires en cas de fractionnement, même si la convention collective prévoit des jours ouvrés. Une décision qui protège les droits des salariés.

Décision de référence : cc • N° 99-45.837 • 2002-06-19 • Consulter la décision →

Imaginez : vous travaillez dans un bureau d'études à Cagnes-sur-Mer, et votre employeur vous demande de poser une partie de vos congés en dehors de la période estivale. Vous pensez avoir droit à des jours supplémentaires ? C'est exactement la question qui s'est posée pour un salarié de la société Speos. Cette décision de la Cour de cassation vient clarifier un point souvent source de conflit : le fractionnement des congés payés ouvre-t-il droit à des jours supplémentaires, même si la convention collective parle en jours ouvrés ? La réponse est oui, et elle a des conséquences concrètes pour des milliers de salariés.

Les faits : une histoire comme il en arrive chaque jour

M. X, salarié de la société Speos, un bureau d'études techniques basé à Antibes, a pris ses congés de 1996 à 1999 en les fractionnant : il a posé une partie en été et le reste à d'autres moments de l'année, comme le lui demandait son employeur. Mais quand il a réclamé les deux jours de congés supplémentaires prévus par l'article L. 223-8 du Code du travail (aujourd'hui L. 3141-23) en cas de fractionnement, son employeur a refusé, arguant que la convention collective des bureaux d'études techniques (dite « Syntec ») prévoyait un calcul en jours ouvrés et que cette disposition dérogeait au droit commun. Le salarié a alors saisi le conseil de prud'hommes. En première instance, il a obtenu gain de cause : le conseil a condamné l'employeur à lui payer une indemnité compensatrice. Mais la société Speos a fait appel. La cour d'appel de Versailles a confirmé le jugement, et l'affaire est montée jusqu'à la Cour de cassation. Le salarié a finalement eu raison, mais le chemin a été long.

Le raisonnement de la juridiction — décortiqué

La Cour de cassation devait répondre à une question précise : l'article 23 de la convention collective Syntec, qui fixe la durée des congés en jours ouvrés et prévoit des jours supplémentaires si le salarié prend ses congés hors période (1er mai-31 octobre), déroge-t-il à l'article L. 223-8 du Code du travail ? Ce dernier dispose que si le salarié fractionne son congé principal (hors 5e semaine), il a droit à deux jours ouvrés de congés supplémentaires. La Cour a tranché : non, la convention ne déroge pas expressément. Elle n'est que la transposition en jours ouvrés de la durée légale. undefined, le droit aux jours supplémentaires en cas de fractionnement reste applicable, même si la convention utilise le terme « jours ouvrés ». Les juges ont souligné que pour déroger à une disposition légale d'ordre public, une convention collective doit le faire de manière expresse et claire. Or, l'article 23 ne dit pas qu'il exclut les jours supplémentaires. undefined le salarié qui fractionne ses congés à la demande de son employeur conserve son droit aux deux jours supplémentaires. Cette décision confirme la primauté du Code du travail sur les conventions collectives quand celles-ci ne sont pas assez précises.

Ce que ça change pour vous — concrètement

Pour les salariés des bureaux d'études, cabinets d'ingénieurs et sociétés de conseil, cette décision est une protection. Si vous fractionnez vos congés (par exemple, vous prenez 12 jours en août et le reste en novembre), et que votre employeur vous demande de le faire, vous avez droit à deux jours de congés supplémentaires ou à une indemnité compensatrice. À Antibes, un salarié qui aurait pris 18 jours en été et 6 jours en hiver sur les 24 jours ouvrés annuels pourrait réclamer 2 jours supplémentaires s'il n'a pas pu les poser. Pour les employeurs, attention : ne pas accorder ces jours expose à des condamnations aux prud'hommes, avec des indemnités pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros par an et par salarié, sans compter les frais de procédure. Si vous êtes salarié, vérifiez vos bulletins de paie : si vous avez fractionné sans obtenir de jours supplémentaires, vous pouvez réclamer un rappel de salaire sur les 3 dernières années (prescription triennale).

Quatre conseils pour éviter ce type de litige

  • Vérifiez votre convention collective : même si elle utilise des jours ouvrés, le droit aux jours supplémentaires en cas de fractionnement demeure, sauf dérogation expresse.
  • Conservez vos demandes de congés par écrit : si l'employeur exige un fractionnement, gardez une trace (email, lettre) pour prouver que c'est à sa demande.
  • Calculez vos droits : pour un fractionnement du congé principal (hors 5e semaine), vous avez droit à 2 jours ouvrés supplémentaires si vous avez pris au moins 6 jours de congé en dehors de la période légale (1er mai-31 octobre).
  • Consultez un avocat spécialisé : en cas de doute, une expertise peut éviter un contentieux long et coûteux.

Approfondissement : jurisprudence connexe et évolutions

Cette décision s'inscrit dans une lignée protectrice des salariés. La Cour de cassation a déjà jugé, dans un arrêt du 28 mars 2000 (n° 98-40.344), que les conventions collectives ne peuvent déroger aux règles du fractionnement que si elles sont plus favorables. Ici, la Cour confirme que le simple fait d'exprimer les congés en jours ouvrés n'est pas une dérogation. Depuis 2002, la tendance est constante : les juges protègent le droit aux jours supplémentaires, même quand l'employeur argue d'une convention collective. Pour l'avenir, les employeurs devront être vigilants dans la rédaction des accords d'entreprise s'ils souhaitent écarter ces jours supplémentaires. undefined, c'est que ce droit s'applique aussi aux cadres au forfait jours, sous certaines conditions.

Checklist avant d'agir

  • Ai-je fractionné mon congé principal (hors 5e semaine) ? Si oui, j'ai droit à 2 jours supplémentaires.
  • Mon employeur m'a-t-il demandé de fractionner ? Même sans demande expresse, le fractionnement volontaire ouvre droit aux jours supplémentaires.
  • Ai-je pris au moins 6 jours ouvrés hors période (1er mai-31 octobre) ? C'est la condition pour bénéficier des 2 jours.
  • Mon employeur a-t-il refusé de m'accorder ces jours ? Je peux saisir le conseil de prud'hommes dans un délai de 3 ans.
  • Ai-je conservé les preuves de mes dates de congés ? Oui, bulletins de salaire, emails, demandes écrites.

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📌 Cet article vous concerne ? Maître Cécile Zakine, avocate en droit immobilier et foncier, Docteur en droit, intervient dans toute la France.
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Questions fréquentes

Qu'est-ce que le fractionnement des congés payés ?

Le fractionnement consiste à prendre son congé principal (généralement 4 semaines) en plusieurs fois, par exemple 2 semaines en été et 2 semaines à une autre période. En droit du travail, si le salarié prend une partie de ses congés en dehors de la période légale (1er mai-31 octobre), il a droit à des jours de congés supplémentaires.

Ai-je droit à des jours supplémentaires si je fractionne mes congés ?

Oui, si vous fractionnez votre congé principal (hors 5e semaine) et que vous prenez au moins 6 jours ouvrés en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre, vous avez droit à 2 jours ouvrés de congés supplémentaires, sauf si votre convention collective prévoit une dérogation expresse plus favorable.

Que faire si mon employeur refuse de m'accorder ces jours supplémentaires ?

Vous pouvez réclamer ces jours par écrit (lettre recommandée avec accusé de réception) et, en cas de refus, saisir le conseil de prud'hommes dans un délai de 3 ans à compter de la date à laquelle vous auriez dû bénéficier des jours.

La convention collective Syntec peut-elle supprimer ces jours supplémentaires ?

Non, la Cour de cassation a jugé que la convention Syntec ne déroge pas expressément à la loi. Elle ne fait que transposer la durée des congés en jours ouvrés, mais le droit aux jours supplémentaires en cas de fractionnement reste acquis.

Puis-je demander une indemnité compensatrice si je n'ai pas pris ces jours ?

Oui, si vous n'avez pas pu prendre les jours supplémentaires, vous pouvez demander une indemnité compensatrice égale à la valeur de ces jours, calculée sur la base de votre salaire journalier.

Informations juridiques

  • Numéro: 99-45.837
  • Juridiction: Cour de cassation
  • Date de décision: 19 juin 2002

Mots-clés

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Cas d'usage pratiques

1

Salarié d'un bureau d'études à Antibes fractionnant ses congés

M. Dupont, salarié chez Speos à Antibes, prend 12 jours en août et 6 jours en novembre. Il n'a pas obtenu les 2 jours supplémentaires. Il peut réclamer un rappel de salaire de 2 jours, soit environ 300 € par an, sur les 3 dernières années.

Application pratique:

M. Dupont doit rassembler ses bulletins de salaire et ses demandes de congés, puis envoyer un courrier recommandé à son employeur. En cas de refus, il peut saisir le conseil de prud'hommes de Grasse. La jurisprudence de 2002 lui est favorable.

2

Employeur d'un cabinet de conseil à Cagnes-sur-Mer

La société B, cabinet de conseil à Cagnes-sur-Mer, a refusé d'accorder des jours supplémentaires à un salarié qui fractionnait ses congés. Elle risque une condamnation à payer des dommages et intérêts et un rappel de salaire pour plusieurs salariés.

Application pratique:

L'employeur doit revoir ses pratiques : accorder les 2 jours supplémentaires ou, si la convention collective le permet expressément, prévoir une dérogation. Il peut consulter un avocat pour vérifier la conformité de ses accords d'entreprise.

3

Salarié en forfait jours dans une société de conseil

Mme Martin, cadre au forfait jours dans une société de conseil à Antibes, fractionne ses congés. Elle pense ne pas avoir droit aux jours supplémentaires car elle est au forfait. En réalité, le droit aux jours supplémentaires s'applique aussi, sous réserve de l'aménagement du forfait.

Application pratique:

Mme Martin doit vérifier sa convention de forfait : si elle prévoit un nombre de jours de congé équivalent, le fractionnement ouvre droit aux jours supplémentaires. Elle peut demander à son employeur de les lui accorder ou les prendre en repos.

Maître Cécile Zakine

À propos de l'auteur

Maître Cécile Zakine — Avocate au Barreau des Alpes-Maritimes, Docteur en Droit. Chaque article de ce magazine est rédigé à partir de l'analyse d'une décision de jurisprudence réelle, commentée et mise en perspective par les équipes de Maître Zakine.

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